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Défilés haut en couleur Les deux camps satisfaits

20 décembre 2003, 20:00

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Satisfaction dans les deux camps à la clôture de la campagne électorale. Une fin de campagne qui a ressemblé en tous points aux autres fins de campagne. Les deux blocs ont utilisé les grands moyens, d?abord pour les deux derniers grands meetings de vendredi, et ensuite pour les rallyes organisés, hier, à travers les agglomérations de la circonscription. Il s?agissait pour les deux blocs de tout mettre en ?uvre pour impressionner les indécis.

Les deux dernières manifestations d?hier, ont pris fin à 18 heures. L?alliance gouvernementale a terminé la sienne à Belle-Vue-Maurel et celle de l?alliance sociale s?est dispersée au Gandhi Square, à Rivière-du-Rempart.

Pour l?occasion, les grandes agglomérations ont connu des embouteillages monstres ponctués par un assourdissant concert de klaxons. Les effectifs de la police, qui étaient sur les dents pour éviter toute friction, se sont très bien tirés d?affaire. Il convient de noter que les deux cortèges se sont très bien comportés tout au long de leurs trajets respectifs.

Ce fut également le vacarme bien plus qu?autre chose, vendredi après-midi. Aussi bien au Gandhi Square, où l?alliance gouvernementale avait rallié ses partisans, qu?à Belle-Vue-Maurel, où l?alliance sociale avait réuni les siens. La plupart de ceux qui avaient profité des différents moyens de locomotion mis à leur disposition, étaient venus pour affirmer leur appartenance et pour servir de chair à canon à la dernière joute psychologique.

« Près pou huit heures, meeting-la pas encore fini même. » Un groupe de huit adultes, assis sur la murette ceinturant le complexe sportif situé en face de l?école de Bheewa Madhoo, s?impatiente. Ils viennent tous de Beau-Bassin. L?essentiel pour eux c?est qu?ils soient là. Ils attendent d?être rejoints par ceux qui ont fait le trajet en leur compagnie avant de reprendre le chemin du retour.

Folklore musical

Au kiosque érigé à l?angle de l?artère menant au Gandhi Square, un groupe venant de Roches- Noires, muni de djembés et de différents instruments à percussion donne de la voix. Ils sont pourtant concernés par le scrutin, mais ils n?en ont que dalle des arguments avancés par les orateurs.

Aux alentours du jardin d?enfants de Belle-Vue-Maurel, c?est également le même folklore. Djembés, djals et dholoks rivalisent. La plupart de ceux qui sont là tendent à peine l?oreille.

Lorsque la nuit tombe, l?affluence aux deux rallyes s?effrite à vue d??il. Les plus fervents attendent la projection des courts métrages montés par les deux alliances respectives.

Ceux qui ont été en première ligne dans les deux camps respectifs s?amusent pour leur part à décortiquer l?assistance et se lancent dans diverses analyses. Tous sont optimistes. Ils auront néanmoins à attendre le verdict de demain avant de crier victoire.

Rajen, marchand de fast- food, qui avait installé tout son attirail en bordure de l?artère menant au Gandhi Square, a, lui, toutes les raisons de laisser percer sa satisfaction sur le champ. A un ami qui lui demande, au moment où il plie bagages, si l?après-midi a été bonne, il déclare sans ambages : « ine réissi gagne ène la vie. Mo chagrin mo pas fine prépare inpé plisse mine.»

Comme quoi les meetings de fin de campagne, ça vous creuse l?estomac, surtout si l?on sait qu?il vous faudra braver un embouteillage monstre à la sortie de Rivière-du- Rempart.

Optimisme general

« Nous sommes très satisfaits du ?response? de nos sympathisants. Le rallye s?est déroulé sans encombre », confie Arvin Boolell, un des principaux responsables de la campagne chez les rouges, peu après 18 heures hier. Le député s?occupait alors des derniers préparatifs au village de Roches-Noires. Il est d?avis que « Rajesh Jeetah a su susciter l?enthousiasme pour assurer sa victoire ».

Interrogé à Belle-Vue-Maurel, hier après-midi à l?issue du défilé organisé par l?alliance gouvernementale, Rajesh Bhagwan a également exprimé sa satisfaction et a tenu à féliciter les sympathisants du MSM-MMM « qui ont su manifester dans le calme en respectant les consignes de la police ». Selon lui, c?est cette même « discipline » qui a caractérisé l?ensemble de la campagne de l?alliance gouvernementale. « Après le succès de notre défilé, il ne fait pas de doute que Prakash Maunthrooa sera élu », ajoute le ministre de l?Environnement.

Et ces sourires confiants...

Pour le gouvernement, « les carottes sont cuites » pour les travaillistes, qui ne peuvent plus « renverser la vapeur ». Pour l?opposition, Paul Bérenger utilise « le langage de la défaite » et attribue déjà « toute la responsabilité à Pravind Jugnauth ». Les deux principaux blocs ont tenu hier leur dernière conférence de presse respective, avant le scrutin d?aujourd?hui.

Bien évidemment, des deux côtés, le ton n?a pas changé : c?est toujours le même optimisme des dirigeants, le même sourire victorieux des deux candidats que les caméras de la presse ont immortalisés pour la nième fois depuis début octobre, à l?ouverture de la campagne.

Les deux blocs ont invité hier les journalistes à venir couvrir leur « défilé de la victoire » lundi à Rivière-du-Rempart, après la proclamation des résultats. Mais dès demain : trêve d?auto-congratulation. Après le verdict des urnes, seule l?une des alliances jubilera encore, l?autre devra trouver des raisons pour expliquer sa défaite...

Selon le PTr, le Premier ministre s?y est déjà mis. « Bérenger dit que ce sera avant tout une victoire de Pravind Jugnauth. Mais il faut savoir décoder son langage. Il sous-entend déjà que la défaite sera avant tout celle de Pravind Jugnauth », a déclaré hier Navin Ramgoolam au Square Guy Rozemont.

Le leader des rouges estime que c?est le « langage de la défaite » de Bérenger : « Sa façon de fuir la campagne en est une autre indication. Pourquoi ne s?est-il pas fait représenter par son ministre des Affaires étrangères aux Comores ? Il veut clairement que Pravind Jugnauth assume seule la défaite inévitable que va connaître Prakash Maunthrooa .»

Du côté du gouvernement, l?on maintient que les rouges savent qu?ils ont déjà perdu. « Les carottes sont cuites », s?est exclamé Rajesh Bhagwan hier au Labourdonnais Hotel. Pour Pravind Jugnauth, il ne fait aujourd?hui « plus de doute que le langage communal des travaillistes sera sanctionné par l?électorat de Piton-Rivière-du-Rempart ». Il a tenu à saluer son candidat « exemplaire » de même que le« dévouement » de ses sympathisants.

Dans les deux camps, des consignes ont toutefois été données de ne pas baisser les bras. Chacun est conscient que le moindre relâchement peut influer sur l?issue de ce scrutin.

C?est pourquoi gouvernement et opposition font appel à leurs activistes pour aller voter dès l?ouverture des bureaux de votes (six heures ce matin) et pour « tra-vailler » ensuite afin de « gratter » le plus grand nombre de votants possible. Derrière leurs sourires confiants, affichés devant la presse, les politiques, quel que soit leur bord, savent que la journée d?aujourd?hui sera très dure. Il leur faut faire preuve de leurs derniers pouvoirs de persuasion...

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