Publicité

Débuts difficiles pour les hôtels de Bel-Ombre

15 juin 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le démarrage est laborieux pour les nouveaux hôtels de Bel-Ombre, notamment, le Telfair, l?Heritage et le Voile d?Or. Les taux de remplissage ont du mal à décoller et la période hivernale qui est la saison creuse pour le tourisme s?annonce un dur moment à passer.

Les difficultés que connaissent les nouveaux établissements hôteliers du Sud-Ouest sont sans doute compréhensibles dans une certaine mesure parce qu?ils sont justement nouveaux sur le marché. De plus, le Sud-Ouest de l?île est un nouveau site que ceux qui vendent Maurice découvrent.

Néanmoins, dans le cas de l?hôtel Voile d?Or, les difficultés de démarrage seraient exacerbées par des relations tendues entre Vickram Bhunjun, le président du conseil d?administration et représentant du principal actionnaire de l?hôtel, le groupe Bhunjun and Sons, et Philippe Requin, l?administrateur de l?établissement.

Philippe Requin et Vickram Bhunjun sont actionnaires à part égale ? 50 % chacun ? dans la société qui gère le Voile d?Or . Des divergences existeraient entre les deux hommes sur la manière de gérer l?établissement.

?Il n?y a aucun problème. Nous ne rencontrons que des teething problems, déclare Vickram Bhunjun. ?Tout le monde sait qu?avant le mariage tout va bien mais que c?est après que les partenaires doivent apprendre à se connaître?, déclare pour sa part Philippe Requin.

Il explique que l?hôtel a été construit en un temps record de dix mois, nécessitant un effort humain et financier important. ?C?est normal qu?il y ait quelques petits tiraillements?, poursuit Philippe Requin.

Le faible taux d?occupation de l?hôtel qui a varié entre 16 % et 20 %, n?arrange pas les choses. Un proche de l?hôtel indique que le faible taux de remplissage implique des problèmes de trésorerie. Les banques pourraient être appelées à concéder une rallonge de financement selon les termes de l?accord entre le consortium des banques et les promoteurs.

Des problèmes de trésorerie

Pour Philippe Requin, il est normal et prévisible qu?un nouvel hôtel de la taille du Voile d?Or connaisse des difficultés de trésorerie cinq à six mois seulement après son ouverture.

?Dans le business plan du projet qui a été préparé, nous avons fait provision pour au moins neuf mois de difficultés. C?est la norme pour tous les projets de ce genre. Je ne connais aucun hôtel qui arrive à équilibrer sa trésorerie après cinq mois d?opération?, commente Philippe Requin. Toujours est-il que la situation est jugée assez sérieuse.

Une réunion spéciale du conseil d?administration pourrait être convoquée avant la fin de la semaine pour, d?une part, crever l?abcès entre Vickram Bhunjun et Philippe Requin. Les proches de la direction de l?hôtel ont bon espoir que ce sera l?occasion d?un nouveau départ sur la base d?une meilleure compréhension entre les deux hommes.

Par ailleurs, sur le plan opérationnel, Philippe Requin estime que, dans les semaines à venir, le Voile d?Or et la région touristique du Sud-Ouest seront prisés auprès de la clientèle touristique. ?Nous réaliserons un excellent deuxième et troisième trimestres?, assure-t-il.

Philippe Requin se base sur les réservations qu?il a enregistrées et sur le fait que le Voile d?Or a déjà dépassé la barre des 20 % d?occupation pour se situer à 30 % en mai.

Au niveau de l?hôtel Telfair à Bel-Ombre, on avoue également avoir eu quelques difficultés de démarrage. ?Le taux de remplissage est en deçà des attentes et prévisions?, déclare Gilbert Espitalier-Noël, directeur du groupe Food and Allied Industries Ltd qui est le principal actionnaire de l?hôtel.

Il estime toutefois que cela est normal car c?est difficile de positionner un hôtel cinq-étoiles dont les tarifs sont plus élevés. Le fait d?avoir raté la période de pointe de décembre 2004 ? l?hôtel a ouvert après Noël ? n?a pas aidé. Les niveaux de remplissage pour la période de janvier à avril 2005 ne sont pas ceux espérés.

L?hiver : une période creuse

Gilbert Espitalier-Noël estime que la période creuse de l?hiver sera un moment difficile. Passé ce cap, le Telfair devrait redémarrer avec des taux de remplissage plus satisfaisants.

Le Telfair et l?hôtel Heritage se partagent des infrastructures communes tels le golf et le château de Bel-Ombre qui sont des atouts de marketing intéressants et qui devraient aider à revaloriser ces deux établissements, estime Gilbert Espitalier-Noël.

Les promoteurs et gestionnaires de l?hôtel Heritage ? Veranda Resorts ? trouvent que les difficultés de démarrage pour ce nouvel établissement sont dans les normes. Néanmoins, le fait d?avoir ouvert ses portes plus tôt et de faire partie d?un groupe hôtelier qui fait déjà du marketing en Europe, a donné une certaine avance à l?hôtel Heritage.

?Nous avons connu les petits soucis pour l?ouverture mais nous avons un léger avantage car nous sommes déjà présents sur les marchés avec les autres hôtels du groupe?, déclare Jean-Michel Pitot, directeur de Véranda Resorts.

Il estime que la période d?hiver sera plus ?compliquée et difficile?. Néanmoins, Jean-Michel Pitot est plus serein pour juillet et août. ?On devrait terminer l?année avec un taux d?occupation de 40 % à 45 %, ce qui est satisfaisant pour un hôtel cinq-étoiles?, ajoute le patron de Veranda Resorts.

Publicité