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Cuttaree défend les préférences commerciales à Cancun

10 septembre 2003, 20:00

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L?agriculture domine les débats depuis le coup d?envoi hier de la 5e conférence ministérielle de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancun au Mexique. Et c?est précisément de ce dossier que dépend le succès de la réunion.

Une profonde fracture divise les pays développés et les pays pauvres sur la question agricole. Les pays du Sud, menés par l?Inde, insistent sur l?abolition des subventions domestiques et celles à l?exportation accordées par les pays riches à leurs fermiers. Mais les Etats-Unis et l?Union européenne rétorquent que leur offre de réduction est amplement suffisante.

Alors que les pays développés demeurent intransigeants, les pays en développement, forts de leur succès à Doha il y a deux ans, semblent prêts à tout faire capoter. Dans ce duel, Maurice tente de ménager la chèvre et le chou. Une man?uvre délicate confiée au ministre de l?Industrie et du Commerce international, Jayen Cuttaree, qui doit défendre tant les intérêts de l?Union africaine (UA) et du groupe Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) que ceux de Maurice qui ne sont pas toujours les mêmes.

Intervenant au nom de l?UA et des ACP, Jayen Cuttaree a plaidé pour l?abolition des subventions. Mais il a insisté pour que soient maintenues les préférences commerciales dont Maurice a bénéficié sur le marché sucrier européen.

Dès mardi, lors d?une réunion de l?International Federation of Agriculture Producers à Cancun, Jayen Cuttaree est entré dans le vif du sujet, en déclarant : ?L?agriculture est un secteur d?activité qui ne peut être traité comme les autres ; les mêmes règles ne peuvent s?appliquer à tous les pays.?

Impossible concurrence

La plupart des pays d?Afrique, y compris les petits Etats insulaires comme Maurice, ne peuvent en effet concurrencer ni les pays développés ni les grands pays en développement. Des pays comme Maurice, qui n?exportent que du sucre comme produit agricole, ont besoin d?une discrimination positive et de préférences commerciales.

La quasi majorité des pays en développement et des pays les moins avancés du groupe ACP ont bénéficié de préférences commerciales. ?Les ACP et l?UA sont favorables à la réduction des subventions domestiques qui faussent le jeu de la compétition dans le domaine agricole, a fait ressortir Jayen Cuttaree, mais il faut aussi tenir compte des subventions qui sont critiques pour le maintien des préférences commerciales.?

A titre d?exemple, le prix de soutien que l?UE accorde à ses producteurs betteraviers aide à maintenir le prix élevé du sucre, concédé aux producteurs des ACP. ?Les préférences commerciales sont vitales pour le groupe ACP comme pour l?Union africaine. Les préférences doivent être maintenues à travers des règles et des modalités flexibles. Les marges préférentielles doivent aussi être maintenues à travers des mécanismes appropriés,? a déclaré le représentant mauricien.

Le ministre de l?Industrie et du commerce international a exhorté les Etats membres de l?OMC à donner des indications claires pour faire avancer le dossier agricole qui a fait l?objet de négociations particulièrement ardues.

Jayen Cuttaree a renouvelé son plaidoyer en faveur d?une concrétisation du concept du traitement spécial et différencié, adopté à Doha. Il ne reste plus qu?à le rendre opérationnel en termes de provisions spécifiques pour les pays pauvres.

Mardi, le ministre mauricien a aussi présidé une réunion des ministres du Commerce de l?UA. S?adressant aux ministres africains, le directeur de l?OMC, Suppachai Panitchpakdi, a soutenu qu?un échec de la réunion de Cancun serait un mauvais signal pour la reprise économique du monde.

Jayen Cuttaree a enfin rencontré hier le chef négociateur des Etats-Unis, Robert Zoellick, et son homologue européen, Pascal Lamy.

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