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Cuttaree défend les pays pauvres
Le coup d?envoi pour la nomination de directeur général de l?OMC a été donné. Lors de son audition, Jayen Cuttaree a souhaité réconcilier le commerce et le développement.
L?avocat des pays pauvres. C?est ainsi que le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, s?est positionné hier lors de son audition comme candidat au poste de directeur général de l?Organisation mondiale du commerce (OMC).
Le coup d?envoi officiel de la campagne pour ce poste a été donné hier au siège de l?OMC, à Genève. Jayen Cuttaree, ainsi que les trois autres candidats, ont passé un examen oral de 75 minutes devant les représentants des 148 pays membres. ?Cela s?est très très bien passé?, a déclaré le candidat mauricien à l?issue de sa présentation.
Durant son intervention, qui fait figure de discours programme, il a défini sa priorité : compléter au plus vite le cycle de négociations de Doha afin de réconcilier la libéralisation du commerce avec les besoins de développement. ?Now is the time for action?, a-t-il dit. C?est d?ailleurs le slogan qui figure sur la brochure de présentation que Jayen Cuttaree a distribué à Genève.
Il a fait ressortir qu?il croit fermement en la libéralisation du commerce comme moteur du développement. Mais dans la pratique, force est de constater que cette libéralisation n?a pas profité à tout le monde. Les bénéfices de la libéralisation n?ont pas été partagés équitablement.
Les pays en développement sont toujours à la traîne. ?Un de mes principaux objectifs sera donc de veiller à ce que le développement soit véritablement cristallisé dans ce cycle de négociations, afin d?être fidèle aux attentes et aspirations de Doha?.
Pour aider à l?intégration des pays pauvres et en développement dans le commerce mondial, Jayen Cuttaree préconise des actions immédiates pour accorder une attention spéciale à ces pays, comme le stipule l?accord de juillet 2004 pour relancer le cycle de Doha. Parmi les éléments de cet accord qu?il faut appliquer, figurent le concept d?un traitement spécial et différencié pour les pays en développement, les préférences et la sécurité alimentaire, entre autres.
Intérêts des vulnérables
Jayen Cuttaree a plaidé pour un système multilatéral plus solidaire, où les intérêts des plus faibles et des plus vulnérables sont pris en considération. La finalité serait d?aider chacun à se faire une place au soleil. Les échecs de l?OMC dans le passé démontrent combien il est vital que les intérêts de tout un chacun soient intégrés dans le processus.
Après sa présentation, les représentants des pays membres ont posé 47 questions à Jayen Cuttaree. Ils voulaient en savoir plus sur sa vision de l?OMC. Il a surtout été interrogé sur la manière dont il compte résoudre le conflit Nord-Sud.
?Cuttaree a déjà fait ses preuves à l?OMC, même sur ses capacités à réconcilier les intérêts des pays pauvres et ceux des pays riches. Lors de sa présentation, je pense qu?il a pu démontrer qu?il est le candidat idéal pour rallier le consensus et être le pont entre les pays développés et les pays en développement?, déclare le secrétaire aux Affaires étrangères, Vijay Makhan, lui aussi à Genève.
Les trois autres candidats, l?Uruguayen Carlos Perez Del Castillo, le Brésilien Luiz Felipe de Seixas Correa, et le candidat européen, Pascal Lamy ont également fait leur présentation devant le conseil général de l?OMC hier.
CANDIDATS
Un match Cuttaree-Lamy
■ Jayen Cuttaree est de plus en plus convaincu que la course pour le fauteuil de directeur général de l?OMC se jouera entre lui et Pascal Lamy, le candidat de l?Union européenne. ?Le sentiment général est que ce sera entre Lamy et moi?. Lors d?un point de presse à l?issue de sa présentation à l?OMC à Genève, Jayen Cuttaree a d?ailleurs pris pour cible l?ancien commissaire européen au Commerce. A une question d?un journaliste sur un éventuel partage du mandat entre lui et Pascal Lamy, Jayen Cuttaree a déclaré que ce serait inconcevable. ?Non, je ne suis pas disposé à partager avec Lamy. Il a sa vision de l?OMC et j?ai la mienne. J?ai une vision du Sud et il a la sienne.?
PROCÉDURES
Mode de désignation du directeur general
■ Après leur audition, les candidats ont jusqu?à fin mars pour faire campagne. Débuteront ensuite les consultations auprès des 148 membres de l?OMC pour déterminer lequel est susceptible de dégager un plus large consensus. Ces consultations auront lieu en avril et mai. Fin mai, l?OMC devrait pouvoir désigner son prochain directeur général. Les consultations seront menées par le président du conseil général de l?organisation et deux assesseurs. Les pays membres indiqueront individuellement leurs préférences. Le processus peut impliquer plusieurs rounds de consultations. Il n?est pas exclu de procéder par élimination, soit d?identifier en premier le ou les candidats qui ont le moins de soutien. Le trio menant les consultations pourrait chercher à éliminer deux des quatre candidats dans un premier temps, avant de n?en retenir qu?un seul. Les règlements de l?OMC prévoient que l?on passe au vote au cas ou aucun candidat ne se démarque. Ce recours n?a jamais été utilisé depuis la création de l?OMC. Même en 1999, lorsque les membres n?arrivaient pas à se mettre d?accord, l?OMC a préféré un arrangement pour départager Mike Moore de l?actuel directeur général Supachai Panitchpakdi. Chacun a eu un mandat de trois ans. En principe, il est de quatre ans.
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