Publicité

Cuttaree chargé de défendre le textile à l?OMC

21 novembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Jayen Cuttaree retrouve l?arène du commerce international. L?ancien ministre des Affaires étrangères et du Commerce international a accepté de prêter main-forte à la Global Alliance For Fair Textile Trade (GAFFT) pour défendre le dossier du textile-habillement à la prochaine réunion du Conseil des ministres de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tiendra à Hong-Kong à la mi-décembre.

La GAFFT regroupe 95 organisations du textile dans une cinquantaine de pays. Elle a sollicité l?aide de Jayen Cuttaree en tant que consultant pour élaborer une stratégie afin que le textile obtienne un traitement spécial et différencié dans le cadre des négociations pour l?abaissement des tarifs sur les produits industriels. Les organisations textiles des Etats-Unis et de Maurice, entre autres, sont membres de la GAFFT.

?Le GAFFT réclame une approche sectorielle pour le textile. Ce que nous entendons par là, c?est que le textile doit être séparé de la liste des autres produits industriels qui sont en négociation?, déclare Jayen Cuttaree.

Ce dernier a pour mission de préparer un dossier pour justifier un traitement spécial et différencié sur le textile et rallier le plus grand nombre de pays à cette cause. Le carnet d?adresse de l?ancien ministre lui sera utile. Le nouveau conseiller du GAFFT quitte Maurice ce soir pour Genève où il compte démarrer sa campagne de lobbying. Il se rendra également aux réunions du groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique et du groupe des pays pauvres, le G 90.

Effets catastrophiques

La demande pour un traitement spécial et différencié pour le textile s?avère cruciale car l?Union européenne a proposé, il y a trois semaines, une baisse de 60 % des droits de douane sur le textile. Pour le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Madan Dulloo, si une telle proposition était acceptée, cela aurait des effets catastrophiques pour l?industrie locale.

Une baisse des droits de douane impliquerait une érosion des préférences commerciales de Maurice sur ces principaux marchés, l?Europe et les Etats-Unis. Avec l?abolition des quotas, le seul avantage que garde Maurice est l?existence des droits de douane qui s?élèvent autour de 11 à 12 % sur le marché européen et près de 18 % sur le marché américain. Des droits de douane sont imposés sur les vêtements de nos compétiteurs mais pas sur ceux made in Mauritius.

Une analyse de la Mauritius Export Processing Zone Association indique que si ces droits de douane sont abaissés de 60 %, le textile-habillement perdrait 21 500 emplois après les 20 000 jobs perdus ces deux dernières années, explique sa directrice, Danielle Wong. ?On ne peut traiter le textile comme les autres produits industriels. Le textile est une industrie extrêmement importante pour les pays en développement comme Maurice et surtout pour les pays les moins avancés, étant un premier pas vers l?industrialisation?, argue Jayen Cutaree.

Les statistiques officielles ont déjà largement démontré que ce sont les pays pauvres d?Afrique qui ont été les grands perdants de l?abolition des quotas sur le textile et les vêtements depuis janvier 2005. Malgré un accès en hors taxes sur le marché américain, les exportations de vêtements des pays africains bénéficiaires de l?Agoa ont chuté drastiquement. Les grands gagnants ont été l?Inde et la Chine, notamment.

L?Afrique sub-saharienne a perdu 13 % de parts de marché aux Etats-Unis. Entre janvier et septembre 2005, les exportations de vêtements de Maurice sur le marché américain ont diminué de 18 %, le Lesotho a reculé de 13,6 %, Madagascar a perdu 4 % et l?Afrique du Sud 59 %. Par contre, les exportations de vêtements de Chine vers les Etats-Unis ont augmenté de 62 %.

Publicité