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Cunningham : ?Les fraudes ont coûté Rs 5 mds en cinq ans?

27 novembre 2005, 20:00

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Pièces de rechange pour véhicules, produits électroniques, électroménager, DVD, CD player, camescopes?. L?importation de ces items fait souvent l?objet de fraude. D?autres catégories de produits, tels les luxury goods notamment chaussures, parfums, produits cosmétiques et cigarettes sont également sous-facturés ou mal classifiés à la douane. D?autant plus que l?autorité ne possède pas de scanner pour les conteneurs. Résultat : en cinq ans, soit de 1998 à 2002, le pays a connu un manque à gagner d?au moins Rs 4 à 5 milliards, explique Bert Cunningham, receveur des douanes.

Pourtant, avec l?arrivée de ce dernier en octobre 2002, les recettes douanières ont augmenté : un surplus de Rs 4,7 milliards en trois ans a été enregistré. ?Cela, malgré le fait que les droits de douane sur plus d?un millier d?articles ont été considérablement réduits ou abolis, certains produits ne bénéficiant plus de traitement préférentiel en raison de leur pays d?origine?, souligne Bert Cunningham.

<B>Dénonciations</B>

Comment expliquer cette hausse des recettes de la douane ? Un douanier qui est aussi l?homme de confiance du receveur des douanes est d?avis que la politique se mêlait trop des affaires de la douane. Il cite en exemple le cas d?un commerçant qui fait entrer frauduleusement 20 000 vidéos. Mais après un coup de téléphone d?un politicien, le commerçant fraudeur ne paie pas d?amende.

Et avec Cunningham, cette situation n?a plus duré. La marchandise de plus d?une centaine de commerçants a été tout simplement saisie et l?amende à payer représentait trois fois la valeur de la taxe impayée.

Un autre fait qui remplit les caisses de la douane : les dénonciations. Auparavant, les dénonciateurs couraient le risque d?être minés par des brebis galeuses au sein de la douane. Désormais les cas de ces commerçants qui se sentent lésés et qui ont dénoncé les fraudes bénéficient d?un suivi.

Ces commerçants ont fini par être exaspérés par cet état de choses. Dans la capitale, deux magasins voisins vendent des pièces de rechange pour voitures du même pays d?origine. Petite différence : l?un affiche un prix à deux fois moins cher et est donc plus compétitif.

<B>?Zot pri imbatab?</B>

Un autre commerçant d?un magasin de prêt-à-porter, à Rose-Hill, aux Galeries Evershine, a carrément cessé d?importer des prêts-à-porter de certains pays du Sud-Est asiatique. La raison : ses prix n?étaient plus compétitifs.

?Bann la vann enn linz Rs 250 et moi mo bizin vann sa linz la Rs 400?, se plaint-il. Ses clients n?ont pas non plus manqué de le lui faire remarquer. Pourquoi cette différence de prix ? ?Parski ena magazin fraude ek la douan ek zot pri imbatab?, réplique-t-il, catégorique. C?est ainsi que le commerçant a décidé d?acheter ses produits ?avek de troi fourniser lor marse lokal?.

Bert Cunningham se dit, lui, déterminé à empêcher le pays de perdre de l?argent à travers la sous-facturation. Il compte ainsi instituer un mécanisme en collaboration avec ses hommes de confiance pour éradiquer ce fléau. Il explique qu?avec le nombre important de produits qui ne sont plus frappés de taxe douanière, les recettes vont diminuer dans les années à venir.

Et pour continuer à augmenter les revenus de la douane, les produits importés devront être frappés de la TVA sur leur valeur réelle à l?importation. Ce qui n?est pas souvent le cas.

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