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Cuivre : les alliages lui vont si bien

28 décembre 2003, 20:00

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Le folklore recèle parfois des recettes rationnelles. Ainsi des cuisinières racontent qu?en battant des oeufs dans une bassine en cuivre ils montent mieux en neige. Nous n?avons pas eu l?occasion de vérifier mais une note récente dans un journal savant suggère que des ions de cuivre se détachant de la bassine lors de l?action du fouet pourraient en effet engendrer une mousse plus volumineuse.

Le cuivre est toujours en honneur dans mainte cuisine étrangère et l?on peut trouver sur Internet des publicités pour des ateliers fabriquant divers ustensiles. On y admire bassines, poêles et autres culs de poule.

L?imagination, en bonne fée, ajoute au milieu des visages rubiconds de maîtres queux ou gâte-sauce qui se marient au rougeoiement des fourneaux. L?atout du cuivre en cuisine est de bien transporter les calories. Le bricoleur dit aussi merci à ce métal cardinal qui fait son fer à souder électrique. Un fer en cuivre sonne peut-être un peu faux mais l?ancêtre de l?outil était vraiment de fer.

Un autre opérateur, le chauffeur de la voiture, apprécie aussi le cuivre car le radiateur de son moteur, qui permet d?éliminer la chaleur, doit son efficacité à ce métal. Et si après quelques bons kilomètres, il ingurgite une petite topette d?alcool, son distillateur, peut-être illicite et dit chez nous ?tilambic?, utilise parfois un alambic de cuivre. Le serpentin de l?engin, en même cuivre, plonge dans de l?eau et conduit bien la chaleur pour permettre la condensation des vapeurs éthyliques.

D?autres tuyaux contenant du liquide chaud, faits aussi de cuivre, équipent des demeures à l?étranger. Non pour le pouvoir conducteur mais pour la flexibilité. En prime le métal accorderait une certaine protection contre des microbes comme celui de la légionellose.

La liste des emplois du cuivre est longue car le métal est éternellement recyclable. Il ne se contente pas d?être utile sur terre, car sous l?eau il protégeait les coques de vieilles caravelles contre tarets et autres tares affectant les bateaux de l?époque où les marins chantaient hearts of oak our ships are.

Le cuivre bien qu?étant de petite noblesse se débrouille donc bien tout seul. Mais il est encore plus performant quant il contracte une alliance avec d?autres métaux même roturiers. Le Tiers Etat n?est-il pas partout puissant soutien ?

Le plus ancien de ces alliés, connu des civilisations antiques est l?étain. Le mariage bien célébré se dit bronze. Un de ses emplois célèbres fut sa contribution au colosse de Rhodes où des plaques métalliques furent martelées sur un moule en bois. Des bronzes subséquents se sont laissé améliorer par de légers apports d?autres éléments. Le phosphore par exemple raffermit considérablement le bronze et il fait alors des pièces pour montres mesurant longuement le temps qui passe, ou des canons du passé pressant le pas de la Mort qui fait trépasser.

L?appel des grosses cloches

Le bronze donne aussi des cloches. Dans ce cas, on le dit airain ce qui fait plus poétique. Mais il rime avec refrain ce qui fait un peu rengaine. La ?sirandann? souligne bien son action. ?Piti bat mama ?? Réponse ?laklos?. On la fait sonner de deux façons, soit en tirant sur le battant soit en actionnant le tout? parfois pour un tour complet.

Il paraît que l?on n?oublie jamais les cloches de son village. On les entend si souvent carillonner ou tinter le glas. L?appel des grosses cloches ou bourdons dépasse les bornes du village, et leur intensité peut atteindre 130 décibels, seuil où le son frise la douleur. A l?autre pôle des notes, celui des sons grêles, logent les grelots et sonnailles qui soulignent des sites champêtres ou s?associent aux chants de Noël. Entre ces deux niveaux on trouve d?honnêtes moyennes comme celle de la cloche du maître d?école appelant les élèves à leurs devoirs, celle du chef de gare d?hier apparemment incapable de rappeler son épouse aux siens.

La cloche a eu d?abord fonction de messagère : appel à la prière, annonce d?attaque ennemie ou d?incendie. Le message est transmis par le rythme des battements. Mais il n?est pas partout le même pour des messages similaires comme l?a montré une étude comparative entre la France et l?Espagne.

Le rôle musical des cloches intervint au XVIe quand leur nombre augmenta dans les beffrois. Depuis, des ensembles d?au moins 23 cloches bien accordées constituent des carillons, un bel exemple étant celui de Chambéry. Elles sont reliées à un pédalier par des cordes. Des enthousiastes s?unissent en guildes de carillonneurs dans divers pays et exécutent des compositions musicales écrites pour des cloches. Celles d?airain bien entendu.

Lors de la Révolution Française les cloches de nombreuses églises furent fondues et l?on remarqua qu?en ajoutant un poids égal de cuivre à l?airain on obtenait un mélange qui se laissait bien convertir en pièces de monnaie. Athéisme et religion purent se rencontrer sur ce terrain capital.

La liste des emplois du cuivre est longue car le métal est éternellement recyclable. Il ne se contente pas d?être utile sur terre, car sous l?eau, il protégeait les coques de vieilles caravelles contre tarets et autres tares affectant les bateaux de l?époque où les marins chantaient ?hearts of oak our ships are?.

Claude michel

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