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Crise financière : l?université de Maurice veut un «arbitrage»
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Crise financière : l?université de Maurice veut un «arbitrage»
Les finances de l?université de Maurice font débat. La Tertiary Education Commission (TEC), le ministère de l?Education et l?université de Maurice ne sont définitivement pas sur la même longueur d?onde.
Pour trouver un terrain d?entente, Indur Fagoonee, vice-chancelier de l?université de Maurice, propose l?intervention d?un corps indépendant. «Si nous ne parvenons pas à nous accorder sur les chiffres, qu?il y ait un arbitrage neutre, par exemple du Management Audit Bureau, pour enlever tout blocage afin de mettre fin aux spéculations et à la confusion qui règne autour de cette affaire», nous a-t-il déclaré hier soir.
L?express a révélé mercredi que l?institution de Réduit pourrait ne pas pouvoir payer les salaires de fin avril à fin juin, conséquence d?un déficit de Rs 49 millions additionnelles pour pouvoir terminer l?année financière 2006-07. La TEC n?est toutefois pas tout à fait d?accord sur ces points avancés au conseil d?administration de l?université.
<B>Mesures d?urgence</B>
Entre-temps, deux mesures d?urgence sont prises à la suite des discussions cette semaine. L?université a accepté de réduire ses frais opérationnels de Rs 11,8 millions et de couper sur les dépenses liées au personnel. La TEC accorde de son côté une rallonge budgétaire de Rs 18 millions. Mais l?université a encore besoin de Rs 14,2 millions pour terminer son année financière.
Alors qu?hier matin, à la TEC, on affirmait que les salaires des employés de l?université n?avaient pas été menacés, c?est un autre son de cloche que l?on entend du côté de Réduit.
Hier soir, la direction de l?université est sortie du silence. «Sans cette somme additionnelle de Rs 18 millions que la TEC a décidée de nous accorder mercredi, on n?aurait pas pu payer les salaires. On remercie la TEC et le ministère pour cet effort supplémentaire mais il en reste encore à faire. Nous avons tous les chiffres et arguments, qui ont d?ailleurs été transmis au ministère de l?Education et à la TEC, pour justifier qu?on ne pourrait plus payer les salaires d?avril jusqu?à fin juin sans cette aide supplémentaire», avance Indur Fagoonee.
Mercredi 7 février, la TEC a en effet accepté de donner une somme supplémentaire deRs 18 millions à l?université, comme le prouve une correspondance entre Réduit et le ministère de l?Education. «Cette subvention additionnelle devrait, en principe, permettre à l?université d?honorer ses engagements financiers concernant le coût du personnel seulement», précise ce courrier. Contrairement donc à ce que laisse entendre la TEC, le danger de cessation de paiement des salaires était réel.
Cette question a d?ailleurs été amplement discutée lors de la réunion du conseil d?administration qui a eu lieu vendredi le 2 février.
Un autre point de désaccord entre la TEC et l?université porte sur le montant des fonds à la disposition de l?université.
En ce qui concerne le déficit auquel fait face l?université, la TEC ne réfute pas le montant. Mais alors qu?elle affirme qu?elle n?avait pas été informée de ce manque à gagner, l?université se défend. «Depuis février de l?année dernière la TEC est au courant du problème financier aigu auquel nous faisons face. Nous l?avons informée des gros problèmes que nous allions rencontrer, mais elle est restée insensible», confie un membre du conseil d?administration de l?institution de Réduit.
Suite à des discussions durant la semaine, la direction de l?université a décidé de «faire des efforts conséquents et de couper partout où nous pouvons» afin de réduire ce déficit de Rs 49 millions. Un document émis par l?université et envoyé au ministère le 8 février au matin indique qu?elle a diminué ses «running costs» de Rs 11,8 millions, les ramenant ainsi à Rs 67,3 millions au lieu de Rs 79,1 millions.
«Nous allons faire de gros sacrifices sur de nombreuses choses. Beaucoup d?actions seront réduites au minimum pour les cinq derniers mois de cette année financière», confie encore ce membre du conseil d?administration.
<B> «Terminer mais pas sans douleur» </B>
L?université espère encore obtenir Rs 14,2 millions pour ces «running costs» sans lesquelles elle «ne pourrait pas fonctionner correctement». D?ailleurs, dans cette correspondance entre université et ministère il est écrit que : «Cette somme est indispensable et est également la somme minimum additionnelle requise pour que l?université puisse terminer son année financière, mais pas sans douleur.»
Il a également fallu ronger sur le budget qui a trait aux employés. «Nous avons pu économiser encore Rs 2,5 millions en faisant des compromis sur les pensions, les heures supplémentaires, les bonus et les allocations de logement des expatriés», peut-on lire sur le document que l?université a envoyé au ministère jeudi.
Mais, précise ce courrier, «malheureusement, il faut signaler que la TEC est toujours en train de contester ces chiffres malgré des données détaillées et les explications soumises et totalement soutenues». Il faudra encore un peu de temps avant que l?université et la TEC parviennent à accorder leurs violons.
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