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Cris de désespoir à La Chemiserie mauricienne
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Cris de désespoir à La Chemiserie mauricienne
?TRAVAIL ène droit. Licenciement nous pas oulé.? C?est avec ces slogans que les quelque 96 ouvrières de l?usine textile La Chemiserie mauricienne Ltée de Chebel ont manifesté contre la fermeture de leur unité de production, annoncée pour mars.
Réunies devant l?usine à l?heure du déjeuner, ces ouvrières, dont la plupart ont atteint la cinquantaine, ont réclamé l?intervention du ministère du Travail pour leur trouver un emploi. Elles ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : ?Pu élection le pep admirable, pour manzé malhéré vine indésirable?, ?Après licenciement, la misère?, ou encore ?Travailleur Juddoo Fils réclame zotte droits?. Après la manifestation, elles ont débrayé pendant une vingtaine de minutes.
Nicole Spéville, qui travaille depuis six ans dans cette usine, explique ses craintes : ?Je manifeste car je suis une mère de famille de quatre enfants. A mon âge, je ne pense pas qu?il me sera facile de trouver un emploi. D?autant que je n?arrive plus à voir clairement.? Elles sont nombreuses à compter plus de 20 années de service. ?Pensez-vous qu?à 50 ans je trouverai un emploi, dit une autre ouvrière. C?est une triste fin de carrière.?
Les dirigeants de la Federation of Progressive Union ? notamment Reaz Chutoo, Jane Raggoo et Venou Ramsamy ? étaient à leurs côtés à moment de la manifestation. Ils les ont invitées à se joindre au front des travailleurs du secteur privé, qui manifesteront à Port-Louis le 3 avril.
Du côté de la direction, on s?étonne de cette manifestation de colère, qualifiée d?imprévisible. Le directeur de la Chemiserie mauricienne, Radha Juddoo, dit ainsi ne pas comprendre le but de cette marche. Selon lui, les ouvrières ?savaient pertinemment? depuis l?an dernier que l?usine allait mettre la clef sous le paillasson en mars 2004 et que leurs cas avaient été référés au Terminations of Contract Service Board.
Radha Juddoo confirme ne rien pouvoir faire pour sauver l?entreprise, qui roule à perte. ?La baisse de la productivité, la hausse constante du coût de la main-d?oeuvre et la concurrence des chemises importées sur le marché local nous forcent à fermer?, continue-t-il. Il dit que les ouvrières l?avaient compris, mais que, ?poussées par les syndicats?, elles ont quand même manifesté.
Concernant les allégations des travailleurs selon lesquelles la direction ne contribue pas au National Pension Fund et à l?ajustement salarial lié à la compensation annuelle, le directeur s?explique : ?Si j?ai commis une faute, que l?on me poursuive. Je suis en règle avec les autorités.?
Après la fermeture de l?usine, le mois prochain, la direction compte se lancer dans la commercialisation de chemises importées. La fabrication d?une chemise coûte en effet environ Rs 75 à l?entreprise. Une chemise identique, importée, est vendue à Rs 50.
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