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CPE : Villepin veut avancer avec les jeunes

27 mars 2006, 00:00

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?Je souhaite répondre aux deux préoccupations majeures des jeunes sur le CPE : la période de deux ans et les conditions de la rupture de contrat?, a affirmé Dominique de Villepin, samedi 25 mars, à l?issue d?une réunion avec deux organisations d?étudiants, la Fage et l?UNI. Le premier ministre a dit qu?il souhaitait ?revoir les organisations étudiantes la semaine prochaine pour progresser avec elles sur tous ces points?, afin de ?trouver une solution rapidement?.

L?Unef, la Confédération étudiante et les lycéens de l?UNL et de la Fidl avaient boycotté la réunion de samedi. ?Nous ne pouvons accepter d?entamer une discussion à laquelle vous posez comme préalable le maintien du CPE?, ont expliqué ces organisations dans une lettre adressée au chef du gouvernement.

Le Premier ministre a insisté sur la nécessité du ?dialogue? : ?Plus que jamais, nous avons besoin de nous parler pour trouver ensemble une solution au blocage actuel?, a déclaré M. de Villepin.

Ces nouvelles déclarations du Premier ministre interviennent au lendemain d?une rencontre entre M. de Villepin et les dirigeants des cinq grandes centrales de salariés, qui s?est terminée sur un échec, chacun campant sur ses positions. Elles marquent une volonté apparente de dialogue, même s?il n?a pas été question de négociations.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, déclare qu?il ne participera pas à une réunion avec le gouvernement qui viserait à organiser la mise en oeuvre du CPE, même avec des aménagements. ?Le Premier ministre est en difficulté, c?est évident. (...) Il voudrait que nous soyons la bouée de sauvetage de son CPE. On n?est pas là pour ça. Personne ne lui a demandé d?inventer un contrat pour les moins de 26 ans?, explique-t-il dans un entretien au Journal du Dimanche.

Appels à la grève

Il s?est rendu vendredi à Matignon avec les dirigeants des quatre autres grands syndicats de salariés, sans résultats. ?Je n?ai pas senti le Premier ministre conscient de la gravité de la situation. On peut se demander s?il n?attend pas une dégradation de la situation, qui placerait le CPE au second plan de l?actualité?, déclare le syndicaliste au JDD. Il pense que les opposants au CPE n?ont ?pas encore atteint le pic de la contestation? et espère que la journée de grève et de manifestation de mardi sera ?un tournant?.

Il pense qu?il ne sera pas possible d?atteindre la mobilisation du 18 mars (environ un million de personnes dans les rues, NDLR) mais table néanmoins sur un bon résultat. ?Les appels à la grève que nous avons enregistrés dépassent le niveau du conflit sur les retraites de 2003?, assure-t-il.

Plus tôt, samedi, le ministre de l?intérieur Nicolas Sarkozy avait exhorté le gouvernement à être ?courageux et utile à la France? en favorisant ?un compromis? pour sortir de la crise du CPE. ?Si les jeunes voient (le CPE) comme injuste, il faut lever les malentendus en organisant les conditions du dialogue et du compromis?, a déclaré le chef de l?UMP, lors d?une réunion avec de nouveaux adhérents du parti.

Nicolas Sarkozy a toutefois affiché sa solidarité avec le Premier ministre : ?ce n?est pas dans la tourmente que l?on quitte le navire mÍme si l?on doit réfléchir au cap qui est suivi pour s?assurer qu?il est toujours pertinent?, a-t-il dit. ?Le Premier ministre, à qui je veux dire mon soutien, est prêt à ouvrir sans a priori des discussions. J?invite tous les protagonistes à saisir cette main tendue car personne, je dis bien personne, ne sortira gagnant de l?absence de discussions et de compromis?, a-t-il ajouté.

Le même jour, le président Jacques Chirac a reçu samedi après-midi à l?Elysée Dominique de Villepin, le ministre de l?Emploi Jean-Louis Borloo et le ministre délégué Gérard Larcher pour faire le point sur le dossier du CPE, apprend-on à l?Elysée.

?C?est un point de situation comme il y en a eu de très nombreux?, a-t-on souligné dans l?entourage du président. Dominique de Villepin, Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher venaient alors de recevoir trois organisations étudiantes à Matignon.

A cette occasion, le Premier ministre a laissé entrevoir des avancées sur les deux points contestés du CPE : la période d?essai de deux ans et l?absence de motivation des licenciements. Vendredi, depuis Bruxelles, Jacques Chirac avait exclu tout retrait du CPE mais admis qu?on pouvait en négocier les ?modalités?.

Selon un sondage Ifop publié dans le Journal du dimanche, 83 % des Français souhaitent qu?il ?s?implique davantage? dans le dossier du CPE.

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