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Coût double pour une centrale hydro-électrique

1 octobre 2008, 00:00

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Mauvaise nouvelle, à la fin de septembre 2008, pour notre CEB, en raison de l?explosion d?un moteur de la centrale thermique de Fort George, faisant plusieurs brûlés au 3e degré, dont Clency Bibi, le président de notre GWF. Mauvaise nouvelle pour le CEB, à la fin de septembre 1983, en raison de l?annonce médiatique que la centrale hydro-électrique de Rivière Champagne pourrait coûter deux fois plus cher (selon l?express), trois fois plus cher (selon Le Nouveau Militant). L?express parle d?un coût de Rs 428 millions et de réclamations supplémentaires de Rs 400 millions, tout en laissant entendre qu?en raison des fluctuations du taux de change du dollar, le coût final pourrait franchir le cap du milliard. Le Nouveau Militant fait état d?un coût initial de seulement Rs 322 millions et pour doubler directement le cap du milliard. Les contracteurs italiens, Cogefar, poursuivent notre CEB devant un haut tribunal français, la Cour internationale de commerce de Paris en l?occurrence. Celle-ci pourrait imposer un arbitre au CEB mais aussi au peuple de Maurice comme à son gouvernement.

Le regretté Germain Comarmond, alors président du conseil d?administration du CEB, convoque une réunion pour passer en revue les doléances et requêtes des Italiens de Cogefar. Du même coup, le CEB entérine la marche à suivre, concernant les procédures légales à suivre, en pareil cas. Il aura à soumettre son Statement of Defence avant la fin d?octobre 1983. Jules Labat et un des conseils légaux de ce corps parapublic devront se rendre à Paris pour choisir les experts, devant défendre les intérêts du CEB, devant les tribunaux parisiens.

Les ingénieurs-conseils australiens de la Snowy Mountains Engineering Corporation (SMEC), les responsables de la supervision des travaux de la Cogefar, sur le chantier de Rivière Champagne, proposent au CEB les services d?un de leurs experts, en l?occurrence M. Gilmour, pour l?aider à préparer sa défense. Ils demandent également au CEB de lui transmettre le nom de l?arbitre devant régler son litige avec la Cogefar, dès sa nomination. La SMEC n?a avalisé, à ce jour, que des dépenses supplémentaires de Rs 30 millions.

L?express croit savoir que les Italiens de Cogefar ont logé, auprès du CEB, une vingtaine de réclamations. Interrogé par l?express, M. Guiliano de Farie, du consortium Cogefar/Spie Batignolles, déclare : On discute pour éviter toute confrontation. La situation est cependant délicate. Les contracteurs ont accompli un effort financier et technique pour achever les travaux en avance sur le calendrier de travail arrêté antérieurement. Ils demandent simplement à être payés pour les frais supplémentaires encourus. Il refuse de se prononcer sur le montant des dépenses supplémentaires réclamées.

Du côté du CEB, on commence à s?interroger sur la répercussion des coûts additionnels réclamés sur les tarifs en vigueur. L?on s?interroge aussi sur l?attitude qu?adoptera le nouveau gouvernement bleu-blanc-rouge (PMSD-MSM-PTr) à ce sujet.

Le Nouveau Militant tape à coups redoublés sur «l?imprévoyance du gouvernement Ramgoolam». Il parle d?un coût initial de Rs 322 millions, porté ensuite à Rs 428 millions. Les bailleurs de fonds

parlent d?«inquiétante escalade» des coûts de construction. Il explique que ce sont les intérêts à payer sur les emprunts initiaux qui forceront le CEB à franchir le cap du milliard de roupies pour régler totalement le coût de la centrale hydro-électrique de Rivière Champagne.

En ce qui concerne le litige porté devant la Cour internationale de commerce de Paris, des observateurs parlent d?un cas perdu d?avance tant les arguments de défense du CEB ne tiennent pas la route. Encore que la SMEC est bien placée pour mettre en exergue le gonflement exagéré des coûts additionnels avancés.

Les bailleurs de fonds du projet de centrale hydro-électrique de Rivière Champagne sont la Caisse française de coopération économique, la BADEA, le Kuwait Fund, l?OPEC Special Fund, la Banque européenne d?investissements et le gouvernement de Maurice. Le CEB est d?ores et déjà jugé responsable du retard apporté initialement à l?acquisition des terrains. Il n?y a eu aucune étude sérieuse préalable à ce projet. Le Nouveau Militant dixit !

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