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Couverture partisane de l’information : l’IBA a mis en garde la MBC à plusieurs reprises
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Couverture partisane de l’information : l’IBA a mis en garde la MBC à plusieurs reprises
L’autorité régulatrice de la diffusion a envoyé des avertissements à la télévision d’Etat pour sa couverture édulcorée de l’actualité. Surtout concernant l’ex-Président de la République alors qu’il était toujours en fonction.
Le journal télévisé de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) semble s’être donné pour mission de glorifier les locataires de l’Hôtel du gouvernement. La façon dont ont été traités les sujets d’information relatifs à sir Anerood Jugnauth, peu de temps avant qu’il ne démissionne de la Présidence de la République, a poussé l’Independent Broadcasting Authority (IBA) à adresser une mise en garde à la MBC, avons-nous appris.
L’instance régulatrice de la diffusion a également adressé à la télévision d’Etat plusieurs rappels à l’ordre depuis le début de l’année quant au temps d’antenne qu’elle alloue à la majorité gouvernementale, comparativement à celui de l’opposition parlementaire. Celle-ci s’en est d’ailleurs plainte publiquement à plusieurs occasions.
Aux dires de sir Anerood Jugnauth, qui s’est exprimé à ce sujet ce samedi 28 avril, lors de la première conférence de presse de l’alliance Mouvement socialiste militant/Mouvement militant mauricien (MSM/MMM), « le journal télévisé de 19h30 ressemble à une série dans laquelle l’acteur principal est le Premier ministre, Navin Ramgoolam ». L’IBA, confie un responsable, ne peut rien faire que d’émettre des avertissements, ne pouvant contrôler ce qui se décide dans la salle de rédaction de la télévision quant au temps d’antenne à être alloué à la majorité et à l’opposition.
Invité à commenter les critiques de l’IBA, le rédacteur en chef du journal télévisé, Datta Ramyead nous renvoie à un responsable administratif de la MBC. Son directeur général, Dan Callikan, ancien directeur de la communication du Premier ministre, ainsi que le président du conseil d’administration de la MBC, Guy Narain, ont été injoignables, malgré plusieurs appels, pour tout commentaire.
La pratique de la MBC d’encenser les élus de la majorité perdure depuis des années et c’est l’opposition qui en a toujours fait les frais. Cependant, dès que ces mêmes opposants sont au pouvoir, ils ne font que perpétuer le système en installant un homme à leur cause comme responsable de la rédaction, ironise un ancien cadre de la station. Ceux qui faisaient le jeu de l’ancien pouvoir sont alors mis au placard, ce qui maintient le cercle vicieux.
C’est aux dernières législatives que la MBC a démontré de quoi elle pouvait être capable en termes de propagande. Navin Ramgoolam était montré sous son meilleur jour alors que les images de son challenger d’alors, Paul Bérenger, n’étaient diffusées que quand il faisait le pitre ou usait d’un langage grossier à un meeting.
Depuis, les exemples abondent : peu avant la démission de la présidence de sir Anerood Jugnauth, la MBC a été accusée d’avoir manipulé les images tournées à la Hindu House dans le sillage du 44e anniversaire de l’Indépendance. Dans un journal télévisé « spécial », toutes les critiques du Président contre le Premier ministre ont été soigneusement censurées. Des commentaires d’anonymes contre lui ont, cependant, eu plus de crédit aux yeux du responsable du « newsroom ».
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