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Coup de poker pour Beachcomber à Trou-aux-Biches
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Coup de poker pour Beachcomber à Trou-aux-Biches
L?octroi le 18 février du permis Etude d?impact environnemental (EIA) au projet de village hôtelier de Beachcomber à Trou-aux-Biches (TAB), a remis en lumière ce grand chantier évalué «entre Rs 2,5 et 3 milliards». Le bénéfice qu?en tire le groupe hôtelier est énorme. Du coup, sa propriété, coupée jusqu?ici en deux par la route ? avec côté plage, l?hôtel, et de l?autre, un golf ? se trouve réunie et agrandie de 40 arpents pieds dans l?eau tout en prenant de la valeur.
Ainsi, les 194 chambres existantes pourront céder la place à quelque 460 nouvelles suites, chambres de luxe, appartements familiaux et autres villas, tous dans le «même style pavillonnaire». Les travaux initiaux, qui devaient démarrer en novembre 2007 pour la route, et de démolition-reconstruction de l?hôtel, prévus d?abord pour un démarrage en mai 2008, dureraient deux ans.
Le nouveau tracé, légèrement retravaillé dans la foulée de la présentation de l?étude d?impact environnemental, serait d?environ 1 km de long. Il passerait sur l?actuel terrain de golf qui sera réalloué pour le développement à venir. Il s?agirait, en quelque sorte, d?un troc contre l?ancienne route côtière.
On parle d?un développement de grande qualité, qui permettra au village hôtel de décrocher sa cinquième étoile et de cibler une clientèle haut de gamme. «Il ne faut toutefois pas oublier l?important volet social de ce grand chantier», précise Malenn Oodiah, le directeur de la communication de Beachcomber. «Ceux qui ont émis des commentaires ont été écoutés et ont permis d?enrichir les revendications du mouvement pour le silence et la tranquillité du morcellement Jhuboo», ajoute un officier de l?Environnement.
<B>Les soucis des habitants</B>
Dans une correspondance du 4 février aux autorités, Me Anil Gayan exposait les soucis de ces habitants du Morcellement Jhuboo. Des 18 points énumérés, près de la moitié portait sur les craintes suscitées par un accès à la plage ne bénéficiant qu?au promoteur, une demi-douzaine sur l?environnement, notamment l?avenir des zones humides, et quatre sur les problèmes liés à la déviation du trafic.
C?est notamment en fonction d?elles et d?autres réflexions adressées au comité EIA dans les 90 jours qui ont suivi le dépôt du rapport, que ce même comité a posé les conditions à respecter en accordant l?obtention du permis le 18 février.
Les 27 conditions qui seront exigées du promoteur portent notamment sur le respect d?une distance de 60 pieds entre la route et les maisons du morcellement Jhuboo, sur le respect du Planning policy guide en vigueur au ministère du Logement et des Terres, sur une zone tampon de 30 mètres à créer entre les développements prévus et les bassins de zones humides en accord avec la Convention de Ramsar, sur un passage de la nouvelle route qui nécessiterait un pont surmontant certaines parties de ces zones à une hauteur déterminée par la réglementation en cours, sur les travaux routiers à confier à la Road Development Authority et sur l?interdiction formelle de combler les zones humides.
D?ores et déjà, Beachcomber a fait connaître son intention de respecter les zones humides. Ces zones abritent la faune et surtout la flore (voon) qui jouent un rôle déterminant dans l?épuration naturelle des eaux de pluie qui vont vers la mer. «Une superficie de 8,5 arpents, plantée d?arbres indigènes, est comprise dans la Buffer Zone.»
L?autre atout du projet TAB, c?est la création de 400 à 500 emplois directs, le double en emplois indirects dans les commerces et activités nautiques, la création, sur les Junior staff quarters, d?une école hôtelière pour la Beachcomber Training Academy, d?un bureau de poste, d?un dispensaire et d?une boutique d?artisanat pour des produits fabriqués en partenariat avec la Fondation espoir et développement de Beachcomber.
«C?est une petite minorité de résidents qui sont opposés au projet TAB, dont certains ne figurent même pas sur la liste électorale de la localité et n?ont ici qu?une résidence secondaire, affirme Michael Momine, conseiller de village et travailleur social. Ils ont profité du développement, de la sécurité et des infrastructures que l?hôtel a apportés ici dès ses débuts. Les plus entreprenants pourront ouvrir des restaurants.»
Le conseiller considère l?extension de l?hôtel comme une promesse de retombées positives. «Pensez ne serait-ce qu?aux emplois indirects comme les taxis. Ici on ne bâtit pas une usine, on n?affecte pas la plage, ni les pêcheurs, on ne rend pas moins accessible cette plage, on contribue à la prospérité d?un village dont l?activité économique est passée de la pêche au tourisme depuis longtemps.»
Quant au Mouvement pour le silence et la tranquillité du morcellement Jhuboo, il a signifié son intention d?introduire une demande d?injonction en cour. Mais à ce jour, rien n?a été communiqué aux autorités concernées. Le représentant du mouvement, Sudesh Lallchand, a aussi demandé que le rapport d?EIA soit réexaminé par «un évaluateur indépendant».
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