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Corsair s?approche de Plaisance

2 septembre 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le gros-porteur de Corsair est à l?orée de Maurice. Le deuxième plus important transporteur français semble avoir séduit le gouvernement mauricien. Il devrait sortir nettement en tête dans la course qui l?oppose à Star Airlines et Air Austral. A tel point que l?annonce publique de la préférence de l?Etat pour que Corsair devienne le deuxième transporteur français à desservir Maurice serait imminente. Le dernier mot reviendra toutefois au gouvernement français.

La compagnie aérienne française pourrait rejoindre Air Mauritius et Air France sur la ligne France-Maurice dès novembre. La fréquence des vols reste à être déterminée. Corsair a réclamé deux dessertes hebdomadaires mais il est fort possible qu?il n?en obtienne qu?un seul. En tout cas, le vol proposé sera un Paris-Maurice via Nice et probablement Saint-Denis (Ile de la Réunion). Le transporteur utilisera son Boeing 747-400 de 587 sièges (50 % de plus que l?appareil similaire d?Air France) sur cette route.

L?arrivée de Corsair concrétisera le concept de la multi-désignation sur l?axe France-Maurice. Deux ailes s?affrontent toutefois sur la procédure à suivre pour la désignation du deuxième transporteur français. Une aile veut une annonce rapide pour que Corsair puisse desservir Maurice au plus vite, notamment avant la période de pointe qui démarre à la fin de l?année. Cela résoudra ainsi le problème de capacité sur la ligne Paris-Maurice à cette période. L?autre veut que Maurice passe par des négociations bilatérales avec la France pour obtenir de nouveaux avantages des Français.

Soutenu par les hôtels

Air France et Air Mauritius disposent de droits acquis (grandfather rights) sur la desserte Paris-Maurice. Dans l?aviation, ce privilège est accordé aux compagnies qui ont créé et aidé à développer une desserte. Air France dessert Plaisance depuis 1945. L?accord bilatéral repose sur une parité de capacité entre les opérateurs des deux pays. Le nouvel entrant obtiendra des vols additionnels uniquement par rapport à la croissance anticipée de la demande.

Et il faudra tout partager. Par exemple, si les autorités estiment que l?augmentation des arrivées françaises justifie la mise en service de deux nouveaux vols, la partie mauricienne (donc Air Mauritius) en obtiendra un et la partie française l?autre. Les deux transporteurs français (sinon plus) devront alors se chamailler.

Corsair a séduit le gouvernement sur deux points. La compagnie aérienne fait partie du puissant groupe TUI, le plus important voyagiste européen. Son intégration verticale est impressionnante : 3 600 agences, 104 avions, 285 hôtels avec 157 000 lits, et 37 agences réceptives.

Les possibilités qui s?ouvrent avec l?arrivée du groupe à Maurice sont immenses. Surtout que le gouvernement a donné l?autorisation aux voyagistes étrangers de s?installer sur le sol mauricien. La plupart des hôteliers ont soutenu le projet Corsair, surtout que bon nombre d?établissements travaillent déjà avec Nouvelles Frontières, autre filiale TUI.

L?inclusion de Nice a fait penché la balance en faveur de Corsair. En piquant cette idée originale de Star Airlines, la compagnie s?est assurée de toutes les cartes maîtresses.

Plusieurs points éclaircis

L?aéroport de Nice, le deuxième plus important en France, est l?épicentre d?une zone de chalandise de dix millions d?habitants s?étalant de Marseille à Gênes (Italie) via Cannes et Monaco. La clientèle représente la crème du haut de gamme français. TUI devra toutefois investir gros pour promouvoir Maurice sur ce nouveau marché.

En attendant une annonce officielle, Air France s?est déjà entretenue avec le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, cette semaine. La compagnie nationale française se dit ?satisfaite? de la réunion où plusieurs points ont été éclaircis. Elle a expliqué la raison pour laquelle ses billets sur Maurice sont plus chers que sur les Caraïbes : le vol Paris-Maurice dure quatre heures de plus.

Air Mauritius est également prêt à affronter Corsair. Après tout, 80 % des 1,1 million de passagers qu?elle transporte annuellement sont des étrangers. Ces voyageurs sont originaires de marchés où la compétition bat son plein.

Questions à megh pillay, dg d?air mauritius

● Que pensez-vous de la nouvelle politique de l?Etat sur l?accès aérien ?

L?énoncé de cette politique démontre clairement que le gouvernement s?est accordé une profonde réflexion sur la question de l?accès aérien. Il a adopté une approche prudente, pragmatique et ciblée, marché par marché.

● L?Etat n?a-t-il pas été trop prudent ?

Contrairement à la croyance générale, le secteur est assez libéralisé si l?on tient compte des accords bilatéraux existants entre Maurice et les Etats concernés au niveau de l?accès aérien. La désignation multiple devient aujourd?hui la règle dans les pays européens, notre principale source de touristes. Ainsi, chaque pays peut désigner plus d?un transporteur pour opérer sur Maurice. Il était donc essentiel de considérer ces accords bilatéraux au cas par cas, à la lumière des intérêts et des besoins spécifiques du pays. En fait, le gouvernement est allé au-delà des recommandations du plan stratégique sur le transport aérien realisé par Netherlands Airports Consultants (NACO).

● Le nouvelle politique répond-elle aux besoins de l?industrie ?

En tant que responsable du transport aérien et du tourisme, Xavier-Luc Duval a été à l?écoute des divers stakeholders de l?industrie des loisirs. Il a tenu en ligne de compte le rôle moteur des transporteurs aériens réguliers, gros et petits, aussi bien que l?intérêt des bénéficiaires directs dont principalement l?hôtellerie. Le gouvernement a ainsi pu éviter le piège du ?lobby-driven approach to air access?, pour reprendre les termes de Rama Sithanen, il n?y a pas longtemps, et que nous craignions sérieusement vu la pression qui se manifestait ouvertement ces derniers temps.

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