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Controverse sur le contrôle du prix des médicaments
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Controverse sur le contrôle du prix des médicaments
Après le lait en poudre, le gouvernement s?attaque aux médicaments. Jugée trop élevée, la marge de profits sur ces produits ? elle se situerait dans une fourchette de 27 % à 40 % ? pourrait être ramenée à 15 %. Une perspective qui n?est pas sans inquiéter les opérateurs du privé.
Ces derniers arguent en effet que les chiffres dont le gouvernement dispose sont inexacts et estiment, eux, que les profits sont répartis comme suit : 9,9 % pour les importateurs et près de 20 % pour les pharmacies.
A l?instar de Kumar Guness, directeur de la firme de produits pharmaceutiques Unicorn Trading, les importateurs sont nombreux à craindre une décision en ce sens. ?On ne pourra plus opérer surtout que la roupie se déprécie par rapport aux devises étrangères.?
Pour Kumar Guness, il y a tout un programme que le gouvernement doit mettre en place dans le but de favoriser la consommation de produits génériques. Ces derniers, moins onéreux ? jusqu?à 50 % moins cher ? sont importés par la majorité des compagnies mais n?ont pas vraiment la cote auprès des acheteurs. Selon l?importateur, le malade et son entourage croient à tort qu?il s?agit de produits de qualité inférieure.
Pour de nombreux pharmaciens, une baisse de prix de médicaments pourrait avoir des répercussions néfastes si les distributeurs refusaient d?importer certains produits, dont des médicaments récemment mis au point à l?étranger. Ils n?écartent pas non plus le risque de pénurie et de vente au marché noir des médicaments, voire de fermetures de pharmacies.
Siddique Khodabocus, président de l?Association pharmaceutique de l?île Maurice, note pour sa part que le secteur pharmaceutique n?est pas un business lucratif. Il met en avant les frais encourus par les pharmaciens, dont la location et les salaires des employés. Et de préciser que le National Remuneration Board a récemment émis des recommandations à l?intention des employés de ce secteur et qu?il a fallu mettre en pratique.
Produits génériques
Selon lui, les pharmacies éprouvent d?énormes difficultés à opérer, dans la mesure où il s?agit d?un service complémentaire à celui proposé par les hôpitaux. Il précise en effet que près de 60 % des Mauriciens obtiennent gratuitement des médicaments dans les hôpitaux, principalement des génériques en provenance de l?Inde, de la France, de l?Espagne et de l?Egypte, entre autres.
Un distributeur de produits pharmaceutiques indique toutefois que le ministère de la Santé est obligé de faire des exceptions et d?offrir certains produits non génériques sur la recommandation des médecins de l?Etat. Vu la complexité de certaines maladies, ces derniers estiment préférable de ne prendre aucun risque et privilégient des médicaments comme la cyclosporine, qui peut coûter jusqu?à Rs 800 dans le privé. De même l?insuline pour les diabétiques, qui se situe entre Rs 275 à Rs 600 est offerte gratuitement dans les hôpitaux.
De son côté, un haut responsable du ministère de la Santé indique que certaines pharmacies utilisent des subterfuges : au lieu de vendre des génériques qui sont prescrits au patient, ils vendent le médicament original qui coûte jusqu?à 60 % plus cher. Ce que récusent les pharmaciens. Un pharmacien de la capitale indique que la composition chimique étant la même pour un médicament générique et pour le médicament original, l?ordonnance du médecin est respectée à la lettre. Selon lui, ce sont les médecins qui prescrivent rarement les médicaments génériques. ?C?est une question de choix et de confiance et pour le médecin et pour le patient On ne peut imposer des médicaments aux malades.?
LAIT EN POUDRE
New Zealand Milk licencie un tiers de son personnel
■ Il ne fait pas bon, en ce moment, de travailler dans le secteur lié au lait en poudre. La firme Latrope qui commercialisait la marque Snowy a licencié la semaine dernière 35 employés. C?est au tour de la firme New Zealand Milk, géant dans ce secteur, de renvoyer une trentaine de ses employés hier. L?entreprise compte plus de 100 employés. La firme commercialise le lait Red Cow et le lait Anchor. Son directeur général, Paul Ah Lim, explique que le licenciement est dû au contrôle des prix imposé par le ministère du Commerce et de l?Industrie. Il explique qu?il fallait réduire le coût d?opération et, donc, licencier. Mais la firme New Zealand Milk dit faire de son mieux pour trouver des emplois alternatifs pour eux.
La firme était solide d?un point de vue financier. La New Zealand Milk s?est classée 53e au top 100 companies de 2005. Son chiffre d?affaires en 2004 a été de Rs 713 millions. Avec la mesure du gouvernement, le prix du lait en poudre a chuté d?au moins 28 %. Mais entre la création d?emplois dans les petites et moyennes entreprises et faire chuter les prix de certains produits, le gouvernement doit décider. Tel est l?avis des commerçants. L?un d?entre eux cite le marché du poulet en exemple. ?Le poulet du Brésil coûte moins cher que le poulet local. Autant importer le poulet brésilien, tuer l?industrie locale et licencier des milliers d?employés pour satisfaire les consommateurs.? Quoiqu?il en soit, une première cargaison de lait en poudre de l?Argentine est déjà en vente à Shoprite à Rs 83,99 le sachet d?un kilo . Et une autre cargaison de lait en poudre importée, cette fois, de l?Inde par la State Trading Corporation sera disponible d?ici la fin de ce mois.
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