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Controverse sur la gestion du problème des squatters

26 octobre 2005, 00:00

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La Private Notice Question (PNQ) a pris un ton polémique avec la déclaration d?Asraf Dullul. Le ministre du Logement et des Terres a déclaré que l?ancien Premier ministre, Paul Bérenger, avait donné des instructions à la police pour qu?elle n?intervienne pas contre ceux qui ont occupé illégalement les maisons de la National Housing Development Company à la veille des élections législatives. C?était hier, à l?Assemblée nationale.

Cette affirmation du ministre Dullul met le feu aux poudres et suscite une vive colère du leader de l?opposition, Paul Bérenger. Ce dernier admet qu?étant donné le contexte électoral, l?ancien gouvernement n?a pas souhaité qu?il y ait des actions policières pour faire évacuer ces familles. En revanche, il est catégorique : ?Des mesures ont été immédiatement prises pour prévenir et contrôler la situation.? Il demande même au ministre Dullul de voir avec le Premier ministre quelles actions avaient été prises à cette époque.

Paul Bérenger maintient par ailleurs que ce ?squat avait été encouragé par certains de l?autre côté de la chambre?. Le ministre remet alors quelque peu en perspective sa déclaration en arguant que ?comme il y a eu des instructions pour ne pas prendre des actions, la situation a été laissée sans surveillance ?.

D?emblée, dans sa réplique à la PNQ, Asraf Dullul affirme que l?ancien gouvernement et le Premier ministre d?alors avaient?failli lamentablement dans leurs responsabilités et échoué à prendre les actions nécessaires?. Il estime que le gouvernement MSM-MMM était ?otage des considérations politiques et avait décidé de ne rien faire. Par son inaction, il est devenu complice?.

Les occupants illégaux pas prioritaires

Le ministre fait état de l?étude menée par le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups. Cette étude, menée auprès des 525 familles, a mis en relief plusieurs aspects : les familles ont profité du contexte électoral (celles-ci vivaient déjà dans des conditions précaires, payaient un fort loyer ou encore avaient reçu un ordre d?éviction pour quitter leur résidence), 145 familles ont un revenu inférieur à Rs 4 000, 380 autres ont un revenu supérieur à Rs 4 000. Un des squatters est même propriétaire d?une maison ! De plus, 289 des 525 familles détiennent un Plan épargne logement.

Asraf Dullul indique également que les familles qui vivent encore sous les tentes attendent la fin de la construction de leur domicile. Toutefois, 67 d?entre elles ne sont pas éligibles aux aides du gouvernement. Jusqu?ici, 29 familles ont construit leurs maisons. Des fonds ont été déboursés pour 76 familles. Le reste aura bientôt son argent. À noter que le gouvernement a investi quelque Rs 4 millions dans les aménagements pour l?eau et l?électricité.

Le gouvernement a aidé 144 familles ayant un revenu de moins de Rs 4 000 en leur proposant une portion de 150 mètres carrés et un financement pour l?achat des matériaux de construction de Rs 40 000 maximum. Les organisations non gouvernementales encourront les frais pour la main-d??uvre. Les bénéficiaires devront payer un surveyors fee de Rs 1 000 et une allocation de bail de Rs 300. L?objectif étant, d?après le ministre, de ne pas encourager une ?nation d?assistés?.

Dans un premier temps, Paul Bérenger insiste pour savoir si des maisons de type Firinga ont été mises à la disposition des squatters. Le ministre ne lui répond pas directement par la négative mais liste les facilités offertes aux 144 familles. Autre préoccupation de Paul Bérenger : les familles qui ont envahi les logements de la NHDC auront-elles priorité pour l?obtention d?une maison, car elles sont nombreuses à avoir contribué pendant des années ?

Le ministre Dullul, très intransigeant, soutient, qu?elles seront ?taken on board ? mais n?auront pas priorité. Il ajoute que la NHDC a des critères bien précis pour l?obtention d?une maison, mais que le squat n?en fait pas partie. ?Nous ne serons pas les otages de citoyens hors la loi.? Il n?est pas question de pénaliser des ?citoyens honnêtes? au profit des ?squatters illégaux?. Néanmoins, comme le gouvernement dit ne pas être ?insensible?à la pauvreté, il étudiera ?au cas par cas? le problème des familles qui ne sont éligibles ni aux aides de l?Etat, ni à une maison de la NHDC.

Par ailleurs, le ministre fait remarquer, à la suite d?une question de Paul Bérenger, que le projet de construction des logements NHDC a pris un peu de retard à cause de l?occupation illégale de juillet. Les squatters ont causé des dégâts de l?ordre de Rs 22,4 millions.

RELOGEMENT

Le choix d?un terrain à Bambous critiqué

■ Réagissant aux déclarations du ministre du Logement sur le dossier des squatters, Danielle Perrier, députée de l?opposition, s?oppose à l?installation des squatters sur un terrain à Bambous. La portion de terre concernée, explique-t-elle, destinée à 56 familles, est ?totalement inappropriée?. Le terrain identifié par le ministère du Logement, fait-elle ressortir, est inondé à chaque grosse pluie. ?Nous approchons de la période des grosses pluies et aucun aménagement n?a été installé.? Danielle Perrier déplore également qu?aucune voie d?accès n?ait été envisagée entre les différents lopins de terre. ?Ces familles ont reçu du Trust Fund la somme de Rs 5 000 pour acheter des feuilles de tôle pour construire leurs maisons. Elles ne résisteront pas à la première alerte cyclonique,? lance Danielle Perrier. Elle souligne que le terrain choisi abrite une nappe phréatique, qui fournit la localité en eau potable. La députée s?inquiète donc d?une éventuelle pollution par ?les eaux usées (qui) se déverseront dans cette nappe?. Alan Ganoo rappelle que la Water Ressources Unit avait refusé d?accorder un permis de construire à un promoteur, à cause de la présence de la nappe. Le ministre du Logement se contente de déclarer que ce relogement vise à ?alléger la souffrance? des sans-abris, que cette situation résulte de ?l?irresponsabilité? de l?ancien gouvernement et que ?nombre des observations faites par l?opposition sont infondées?.

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