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Constat à l?amiable :Un capharnaüm !
«Lakre zon ! Pran ou lakre, sinon ou gaigne kontravensyon ! Rs 50, lakre ! », lancait vendredi un marchand ambulant à la gare du Nord.
La peur du gendarme, dit-on, est le début de la sagesse. Et il n?en faut pas plus pour que certains se précipitent sur le marchand ambulant. « Ki pou fer ! Dimans consta a lamiab rent en viger ! », explique, comme pour s?excuser, un jeune homme tout en tendant son billet de Rs 50 ! Le hic, c?est que c?est le prix au marché noir !
En effet, avec l?entrée en vigueur aujourd?hui de l?amendement au Road Traffic Act instituant le système de constat à l?amiable pour les accidents mineurs, tout automobiliste ou motocycliste s?expose à une amende ne dépassant pas Rs 2 000, s?il n?a pas avec lui la fameuse craie jaune indélébile, son permis de conduire et sa vignette d?assurance affichée sur son pare-brise avant et le formulaire d?Agreed Statement of Facts.
Mais la vente de craies jaunes au marché noir n?est qu?une des sources d?inquiétude pour les automobilistes. Heureusement que certaines compagnies d?assurances, à l?instar de la Mauritius Union, ont pris l?initiative de distribuer à leurs clients une craie jaune avec la vignette d?assurance.
Selon certains renseignements, 100 000 de ces objets auraient déjà été distribués dans le pays. Cependant, celles-ci sont introuvables dans le commerce. En outre, certaines d?entre elles, vendues au marché noir, ne répondraient pas aux normes requises, selon une source policière. La véritable craie est de forme carrée.
Cela fait un mois que le ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, a lancé une campagne d?explication au sujet du système de constat à l?amiable. Pourtant, il existe toujours un certain désarroi chez de nombreux Mauriciens. À la vente au marché noir des craies jaunes, ajoutons la non-disponibilité des formulaires d?Agreed Statement of Facts, c?est alors une belle pagaille.
« Ayo ! C?est un système bien compliqué ! », se plaint un cadre d?une firme privée de Port-Louis. Le spot télévisé du ministère n?a manifestement pas touché beaucoup de monde. « Ki sanne-là pou aksepte tor ? », se demande encore un chauffeur de taxi de Quatre-Bornes, qui n?a rien compris.
Une fois que les deux conducteurs impliqués dans un accident mineur acceptent de faire un constat à l?amiable, il ne leur revient pas d?accepter les torts. Ce sont les compagnies d?assurances qui détermineront les indemnités à payer à la lumière des faits enregistrés sur les formulaires Agreed Statement of Facts respectifs.
À vendredi, ces formulaires n?étaient pas disponibles dans certaines stations-service. « Nou pas encore gaigne ! », explique un pompiste de Beau-Bassin. Pourtant, assure le vice-président de l?Insurers?Association of Mauritius (IAM), Pravind Ramburn, 300 000 formulaires ont été jusqu?ici mis en circulation dans les stations- service du pays.
L?IAM entame actuellement une campagne d?explication sur les radios et dans la presse.
Au ministère des Infrastructures publiques (MPI), on fait une autre lecture de la situation. « L?empressement de dernière heure des Mauriciens indique qu?ils ont compris les enjeux », explique le Permanent Secretary du MPI, Narainduth Bachraz. « Comme pour toutes les autres lois, il faut un temps d?adaptation ! »
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