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Confusion
Les revirements de l?opinion sont aujourd?hui fréquents et les cycles politiques courts. Pour cette raison, aucun commentateur ne peut sous-estimer, à quelques mois des législatives, la possibilité d?une alternance du pouvoir. Cette éventualité rend d?autant plus intéressante l?analyse des raisons derrière les stratégies actuelles de l?opposition.
Le Parti travailliste (PTr) s?est livré à des intrigues politiciennes qui viennent d?aboutir à la vague de démissions au MSM. Si l?objectif de l?opération était de déstabiliser le régime pour le pousser à commettre des fautes, elle est plutôt réussie. Sur le plan strictement électoral, on voit mal ce que lui rapporte l?opération. Le PTr est déjà crédité d?une force supérieure à celle de ses adversaires en milieu rural - qui est le seul où Anil Bachoo dispose d?un ancrage significatif. L?arrivée de celui-ci dans l?alliance sociale ne peut donc pas profiter au PTr. Du reste, à la partielle de Rivière-du-Rempart, ce parti n?avait pas eu besoin de béquilles pour faire la démonstration de sa force parmi son électorat traditionnel.
Loin de bénéficier d?un avantage additionnel,les travaillistes se retrouvent, après la fuite en série des ex- MSM, avec un problème. Le PTr va devoir récompenser le moment venu les députés qu?il a courtisés et qui ont cédé à ses avances par appât du gain. Cela introduit un nouveau paramètre dans l?équation assez compliquée que l?opposition est en train de mettre en place.
Le nouveau parti de Bachoo intégrera un attelage composé du PTr, des formations dirigées par Madun Dulloo, Rama Valayden, Xavier Duval et probablement aussi celle de Sylvio Michel. La marge de man?uvre de Navin Ramgoolam ne sera pas bien large au moment de la distribution des investitures et, s?il gagne les élections, des strapontins ministériels et des postes dans les ambassades et les institutions parapubliques.
De même, la réintégration annoncée de Siddick Chady au PTr cache une stratégie qu?il n?est pas facile de comprendre. Tandis que la nomination de Rashid Beebejaun, un ancien du MMM, au poste de leader adjoint du PTr a rapporté les dividendes électoraux espérés à l?opposition et que Abu Kasenally et Cader Sayed Hossen se positionnent comme membres de l?état-major travailliste, ce parti prend le risque d?un télescopage de clans en admettant également Siddick Chady en son sein.
Il reste le cas Tengur. Si celui-ci obtient un ticket travailliste il pourrait apporter dans l?escarcelle des rouges une frange de l?électorat rural jusque-là acquis au MMM. Mais, en contrepartie, Navin Ramgoolam prendra le risque de vexer son partenaire Xavier Duval et de voir écorchée l?image de parti national que le PTr a voulu se donner sous son leadership.
Une explication possible de cette stratégie en apparence confuse de l?opposition se trouve dans le principe de risque zéro dont Navin Ramgolam serait un adepte. Tout compte fait, il ne serait pas vraiment partisan du slogan que quelques publicitaires français avaient concocté pour lui en septembre 2000 selon lequel les élections doivent être claires même si elles ne sont pas faciles.
Toutes ces man?uvres ne doivent pas nous amener à perdre de vue le fait que dans la politique il est aussi question de choix programmatiques. La tâche sera ardue pour le leader de l?Alliance sociale de satisfaire à la fois les aspirations personnelles de chacun et de maintenir la cohérence de sa plate-forme sur le plan des idées.
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