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Comment manger moins cher

11 août 2007, 20:00

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À chaque fois que les consommateurs pensent avoir bénéficié d?un répit, les augmentations de prix leur retombent dessus. Et la hausse des tarifs d?électricité d?ici le mois prochain n?arrangera certainement pas leur situation.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il existe des moyens susceptibles d?atténuer un tant soit peu les effets inévitables des augmentations en chaîne? du moins pour ce qui est du budget consacré à la nourriture.

Si faire des économies à ce niveau est une démarche louable, elle ne doit toutefois pas se faire au détriment de la santé. L?élément de base à prendre en considération, c?est de s?assurer que les produits achetés à un prix compétitif contiennent suffisamment de calories pour le corps humain. « Un repas doit contenir l?équivalent de 300 à 350 calories, ce que l?on peut obtenir en consommant des produits vendus à un prix abordable. C?est clair que le recours aux additifs et aux épices spéciales pour améliorer le goût des mets contribue à faire gonfler le budget nourriture. Il faut planifier, discipliner et organiser sa consommation », explique Faheemah Korumtollee, diététicienne (voir hors texte).

Cependant, les possibilités de réduire le budget consacré à l?achat de produits alimentaires reposent, en grande partie, sur le degré de dépendance du consommateur sur les fournisseurs, locaux ou étrangers. Ceux qui dépendent totalement de ces derniers ont une marge de man?uvre limitée.

Ils doivent surtout compter sur les campagnes de promotion, les possibilités d?avoir recours aux produits de substitution, et éventuellement, modifier leurs habitudes alimentaires.

<B>S?imposer une discipline</B>

Les bénéfices des campagnes de promotion reposent, quant à eux, sur plusieurs facteurs. Ce sont, entre autres, le coût de déplacement d?une grande surface à une autre pour profiter des promos, ou la capacité du consommateur à s?imposer une discipline pour n?acheter que les produits qui bénéficient d?une ristourne.

« Il ne peut y avoir de promotion sur un produit quelconque que si l?opérateur a réussi à négocier un escompte suffisant auprès du fournisseur. Prenons l?exemple du lait en poudre importé. Du fait que le gouvernement ait im-posé le mark-up à 14 %, la marge de man?uvre des importateurs est pratiquement réduite à néant. Après les 3 % destinés aux revendeurs, l?importateur ne dispose que d?une marge de 11 % pour couvrir ses frais et calculer ses profits », explique Jimmy Siew, manager d?Ébène Way.

Dans certains cas, l?escompte peut atteindre plus de 50 %. Cette situation intervient surtout pour un fournisseur déterminé à disposer coûte que coûte d?un stock de produits dont la date d?expiration arrive à échéance.

Pour d?autres opérateurs, la formule est différente. Chez Winner?s, par exemple, on organise tous les ans, en juillet, des promotions pour célébrer l?anniversaire de l?enseigne.

« Nous avons eu recours à des produits qui portent notre marque commerciale. Sur cette liste, il y a une boisson gazeuse, le Winner?s Cola, du thé, de l?eau de Javel, du riz, des grains secs. Dans certains cas, la différence de prix peut atteindre 15 à 20 % », indique Bernard Ah Ching, directeur commercial de Winner?s.

Autre élément non négligeable pour le consommateur, la concurrence que se livrent les grandes surfaces. Pour en tirer profit, il faut développer l?habitude de comparer les brochures. C?est ainsi que le consommateur sera en mesure de repérer le magasin qui offre le plus de produits en promotion.

<B>Cultiver ses propres légumes</B>

Notre consommateur peut alors décider de faire tous ses achats dans une seule grande surface ou dans plusieurs, s?il dispose d?un moyen de transport. Mais là encore, c?est relatif. S?il choisit d?aller ici et là, le coût de ses déplacements pourrait anéantir les bénéfices envisagés.

« J?habite à Belle-Vue Maurel. Le supermarché le plus proche se trouve à Rivière-du- Rempart. Pour m?y rendre, il me faut compter Rs 28 pour l?aller-retour en autobus. Cela pourrait revenir au même, sinon plus cher que si j?avais fait mes emplettes chez le boutiquier du coin. Et par manque de vigilance, le consommateur peut acheter un volume important de produits mis en promotion en raison de l?imminence de leur date d?expiration », soutient A. R., qui travaille à son compte.

Ceux qui ont un lopin de terre ont de la chance, car ils peuvent cultiver leurs propres légumes, nourrir des animaux de basse-cour, produire du biogaz s?ils ont des poulets ou de b?ufs. Il leur est également possible d?utiliser l?eau d?une nappe phréatique s?ils ont la chance d?en avoir une, se faire construire un local pour préparer les repas sur un feu de bois ou de charbon, consommer des poissons et des crustacés pêchés dans les rivières et surtout rechercher des habitudes alimentaires qui ont disparu de nos coutumes.

C?est le cas pour la famille H. de Saint- Pierre : « Nous avons un lopin de terre et nous entretenons un potager. Les légumes qui nous manquent, nous les achetons chez les voisins, et nous consommons du lait frais. La fabrication de café maison est implantée dans la famille. L?engouement pour le gaz ménager a fait oublier l?existence d?autres types d?énergie. Pourquoi ne pas avoir conçu une lampe à pétrole qui respecte des normes de sécurité strictes ? Le bois sec n?est pas suffisamment utilisé. Pas pour nous, en tout cas. Nous faisons cuire nos repas avec du bois sec que nous recueillons de notre champ de canne à sucre. Le fait de fréquenter la boutique du coin nous permet d?acheter la quantité, le volume et la fraction que nous souhaitons. Ce qui n?est pas possible dans une grande surface. »

Puisqu?une grande partie de notre budget est consacrée à la nourriture, il est impensable que sa gestion soit traitée avec désinvolture. Les augmentations qui affectent les prix des produits alimentaires ne sont pas une fatalité. Si elles ne sont pas inévitables, il est possible d?en atténuer les répercussions. Alors, mangez malin !

<B>Les astuces du chef</B>

Nos grands-parents étaient des génies pour faire des économies. Les recettes d?antan comprenaient des ingrédients que l?on n?utilise plus de nos jours.

Dans leur quête de mets traditionnels bien de chez nous, les chefs mauriciens Nizam Peeroo, Jacqueline Dalais et Mike Payenmootoo ont retrouvé quelques astuces tombées dans les oubliettes. Nizam Peeroo, qui travaille au Labourdonnais, estime que le Mauricien doit retourner aux sources, même s?il est loin le temps où chacun avait son potager. Pourtant, en cultivant des plantes aromatiques ou des légumes qui ne demandent pas beaucoup d?entretien comme des embrevades (sorte de petits pois plats), on peut facilement alléger la facture pour les légumes. Prendre de temps en temps un bouillon de brèdes mouroum, si on veut bien se donner la peine de les trier, ne fait de mal à personne. En plus, cela a le charme d?antan. Cuisiner autrement, en utilisant le feu de bois peut également être une alternative économique. « Le gaz ménager et l?huile coûteront toujours cher. Mais il y a des moyens d?économiser.

Nos amis les Réunionnais ont dans leur cour une petite cuisine où ils utilisent le feu de bois pour préparer les repas.

On trouve aussi chez eux des poulets élevés à l?air libre.

On pourrait s?en inspirer et élever ainsi nos propres volailles dans l?arrière-cour », assure le chef.

Récupérer les aliments généralement boudés comme le riz ration ou paddy rice est une bonne idée. « Si le riz est bien préparé, il se laisse manger », affirme Nizam Peeroo. Et puis, la prochaine fois que vous irez faire vos courses, regardez bien dans votre chariot. N?y a-t-il rien de superflu, comme ce paquet de céréales ? « Le matin, au lieu de céréales, vous pouvez manger des faratas ou du pain de la veille, grillé, avec une bonne compote de bananes au beurre. »

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