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Comment les entrepreneurs font face à l?inflation

26 janvier 2008, 00:00

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Comment les entrepreneurs font face à l?inflation

Nawaz Jewon, 36 ans, gère depuis deux ans une entreprise de fabrication de glace alimentaire, Vonacorona, située à côté de la municipalité de Rose-Hill. Issu d?une famille initiée à ce métier depuis 90 ans, il est de la troisième génération de vendeurs depuis que son grand-père, Hassan Jewon, a choisi d?offrir des sorbets dans les rues de Rose-Hill. Le jeune Nawaz a appris le métier en voyant faire son père, Mastan Jewon, qui, à ce jour, offre encore ses glaces dans l?enceinte de la municipalité des villes s?urs.

Deux ans plus tôt, quand il décidait de quitter le secteur du tourisme pour embrasser la profession familiale, le propriétaire de Vonacorona était pétri de légitimes ambitions. Aujour­d?hui, Nawaz Jewon manque un peu de conviction, et pour cause : «C?est devenu très difficile d?être fabricant de glaces alimentaires à Maurice ces temps-ci. Les prix de nos matières premières, à savoir le lait en poudre, l?énergie et même le cornet, ont pris l?ascenseur. Mais je vends toujours le cornet de glace à dix roupies, comme avant, de peur de ne pas pouvoir écouler mes produits», explique Nawaz Jewon.

«Le lait qui se vendait entre Rs 2 000 et Rs 2 500 le sac de 25 kilogrammes, quand je suis entré dans ce business il y a de cela deux ans, est passé cette année à Rs 5 000, soit le double, dit-il. Ma facture d?électricité était de l?ordre de Rs 1 000 le mois à ce moment là. Aujourd?hui, je paye Rs 2 500. Il y a deux ans, ma marge était de l?ordre de 50 % de mon chiffre d?affaires. Aujourd?hui, elle n?est que de 25 %. Il faut déduire de cela les charges salariales et tout le reste. A la fin, il ne nous reste plus rien.»

Pour Anil G., de Quatre-Bornes, pâtissier, les affaires ne marchent pas très bien. Mais il estime que malgré la hausse du prix du blé, les choses auraient pu aller mieux que dans la réalité. « Je pense que janvier est un mois difficile pour tout le monde. J?impute en partie la baisse de nos chiffres d?affaires aux conséquences des dépenses excessives faites par les ménages pour les fêtes de fin d?année. Il faut y ajouter les préparatifs de la rentrée scolaire, et la baisse du pouvoir d?achat des ménages due à la hausse généralisée des prix. Bien sûr, la répercussion de la hausse du prix des ingrédients qui entrent dans la préparation d?un gâteau, la farine de blé surtout, a certainement exercé un effet de ralentissement sur les affaires en général », explique Anil G. qui a demandé à garder l?anonymat.

«iMagination et creativite»</B>

La hausse du cours de l?or sur le marché mondial a affecté, dans une certaine mesure, les affaires de Ravi Jetshan, issu d?une famille de bijoutiers depuis plusieurs générations. Le fringant responsable de la bijouterie Ravior de Quatre-Bornes a, de façon très ingénieuse, transformé ce qui aurait pu être un handicap majeur en un atout.

Son secret : «Depuis mon jeune âge, c?est-à-dire dès le moment où je me suis mis à m?intéresser au métier de la bijouterie au sein du cocon familial, j?ai réalisé que rien ne pourra empêcher le cours de l?or de s?apprécier», explique Ravi Jetshan. «J?ai alors commencé à mettre tout mon sens de la créativité en oeuvre pour remplacer, tant que faire se peut, le métal précieux par d?autres éléments comme le bois d?ébène, les oursins, les galets, le titane, l?argent etc. Bien entendu, le client est libre d?acheter un bijou entièrement en or dans nos magasins. Cependant, il y en a qui sont captivés par notre imagination et par la créativité dont notre équipe fait montre et choisissent ainsi nos uniques chefs-d??uvre.»

Il souhaite que «l?Etat reconnaisse et protège les ?uvres intellectuelles des artisans que nous sommes afin que nous puissions jouir longtemps des fruits de nos labeurs».

Quant à Nawaz Jewon, son souhait est que «l?Etat n?oublie surtout pas de diminuer le prix du lait dès que son cours baissera sur le marché international. De la même façon, qu?il baisse le prix de l?énergie électrique dès que le cours mondial du pétrole redeviendra normal. Ainsi, nos jeunes entreprises auront la possibilité de se développer.»

Anil G. formule, lui aussi, ses doléances dans le même sens : «La réhabilitation du pouvoir d?achat des ménages est une des solutions au problème des entreprises, surtout des toutes jeunes. L?Etat devrait garder constamment cela à l?esprit.»

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