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Comment la Banque centrale influence l’état de nos bourses

21 février 2007, 00:00

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La nomination du nouveau gouverneur de la Banque de Maurice est au cœur d’une controverse politique. La Banque centrale est une institution économique vitale pour le pays notamment dans la gestion de la monnaie nationale. Ses activités influencent nos bourses et notre pouvoir d’achat dans le quotidien. L’approche, les intentions et les décisions du patron de l’institution ont un impact décisif sur les prix, l’emploi, la croissance, l’investissement, le crédit, l’épargne, la consommation et l’exportation, entre autres.

La valeur de la monnaie est l’élément central dans la fonction d’une Banque centrale. Celle-ci dispose de plusieurs leviers pour mettre à exécution la politique monétaire dont elle est responsable.

La Banque de Maurice est, selon la loi, indépendante de l’administration politique dans ses actions et ses stratégies. Son objectif dans le long terme est de maintenir la stabilité des prix en agissant comme arbitre (et aussi comme intervenant) dans la circulation des liquidités au sein de l’économie. En d’autres mots, l’institution peut influencer l’offre et la demande de l’argent surle marché.

“La Banque centrale a plusieurs outils à sa disposition pour influencer le flux de la monnaie dans l’économie. Au fil des années, ces outils ont évolué en fonction des conditions du marché. La Banque de Maurice est aujourd’hui beaucoup plus préventive dans ses efforts pour maintenir la stabilité des prix. Elle essaye d’anticiper le tau d’inflation sur une période de trois mois et d’agir en conséquence”, explique un analyste financier.

L’autorité monétaire exécute sa stratégie en jouant sur les taux d’intérêt à l’épargne et à l’emprunt ou en influençant la valeur de la roupie face aux principales devises étrangères.

La Banque centrale peut orienter les taux d’intérêt sur le marché en relevant ou en diminuant le taux directeur, soit le Repo Rate. Ce taux agit comme un signal aux banques et aux autres agences financières qui, en conséquence, modifient leur taux de rendement sur l’épargne et le loyer de l’argent.

<B>Les premiers signaux attendus</B>

Une meilleure rémunération des dépôts encourage l’épargne et aide à ralentir la croissance de la consommation. Les pressions inflationnistes sont donc atténuées. Avec la hausse du loyer de l’argent, les entreprises et les ménages empruntent moins pour consommer et pour investir.

Trop de liquidités en circulation crée de l’inflation. En relevant le taux d’intérêt, la Banque centrale essaye de réduire la quantité d’argent dans le circuit. “Il faut qu’elle s’assure qu’elle ne remet pas en cause la croissance économique en essayant de contrôler l’inflation. Il y a un équilibre à maintenir entre l’objectif de la stabilité des prix et la nécessité de promouvoir l’activité économique”, dit un observateur.

Si la Banque de Maurice estime que l’inflation n’est pas une menace à terme, elle peut pratiquer une politique de détente monétaire avec à la clé une baisse du coût du capital. Les entreprises peuvent emprunter plus pour financer des projets, et les consommateurs ont plus de facilités de crédit pour s’acheter des biens et des services. L’assouplissement monétaire stimule l’activité en relançant l’investissement et la consommation.

En sus du jeu des intérêts, la Banque centrale peut aussi intervenir en émettant des bons de trésor pour éponger les excès de liquidités et racheter ces instruments lorsque le marché est à court d’argent.

La Banque de Maurice intervient également sur le marché de devises pour influencer le taux de change de la monnaie locale. Une roupie forte résiste à l’inflation importée, tandis qu’une monnaie faible fait grimper les prix (en roupies) des biens et des services que nous achetons de l’étranger.

La Banque centrale peut alimenter le marché de change en dollars en cas de forte demande de devises. Une telle action enlève la pression sur la monnaie locale. An cas contraire, si la roupie s’apprécie trop rapidement contre les devises de nos principaux partenaires commerciaux, la Banque centrale peut vendre des roupies contre des dollars. “La capacité d’intervention de la Banque de Maurice dépend beaucoup du niveau de ses réserves internationales”, soutient un économiste.

L’objectif de la stabilité des prix est primordial dans une économie de marché. Les opérateurs et les ménages peuvent mieux planifier leurs investissements et dépenses dans un environnement serein où l’évolution du niveau général des prix est prévisible.

Quelle recette monétaire nous servira Rundheersing Bheenick ? Le marché attend ses premiers signaux pour se faire une idée sur sa politique. “Nous attendons ses premières déclarations à ce stade nous ne savons rien sur les politiques qu’il compte adopter. Va-t-il prendre des mesures pour stabiliser la roupie ? Va-t-il laisser la monnaie se déprécier ? On ne sait pas non dans quelle direction va évoluer les taux d’intérêt”, commente un banquier.

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