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Comme si c?était hier...

3 février 2005, 00:00

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?Mo encor rappel sa letan kot nou pe sarye lekor dan bato pou al enterre simitier Mahebourg parski pa ti ena transpor.? Assis tout près de son épouse, Fernande, Maxime Apollon, âgé de 86 ans, raconte son passé. Comme si c?était hier. Très engagé dans le social depuis son jeune âge, ses quatre-vingt-quatre petits-enfants et vingt-six arrière petits-enfants ont organisé pour dimanche, une balade en mer à Bambous-Virieux, pour lui rendre hommage.

?Je suis au courant des démarches qui sont en cours pour cette fête. Je suis très touché?, dit-il, sous le regard de son petit fils, Steeve Apollon.

Les proches qui surveillent de près la santé du couple, comparent Maxime, ce père de treize enfants, dont huit garçons et cinq filles, à un livre d?histoire qui livre ses secrets à chaque fois qu?on le feuillette.

?Je suis fasciné par sa capacité à se souvenir du passé?, explique Steeve.

Et le vieil homme ne tarde pas à le prouver. Il enchaîne, pour raconter les bons moments passés en compagnie de ses trois frères, en haute mer ou dans le lagon de Mahébourg où ils ont réussi une prise de 400 kilos de gueules pavées et de carangues en une seule journée. ?Nous étions heureux d?avoir réussi ce gros coup?, dit-il.

Toujours attiré par la mer, Maxime n?est pas insensible aux dégâts occasionnés par l?homme à l?univers marin. Il constate avec tristesse que Bambous-Virieux ?n?est plus cette zone envahie par les crabes et où poussaient des bambous dans le barachois de la localité. Je ressens beaucoup de peine à chaque fois que je regarde l?horizon. On ne fait plus attention. Aujourd?hui, on y jette des pesticides et des tonnes d?ordures sans se soucier du danger que cela représentera pour les générations futures?.

Dévoré par la passion de la pêche depuis l?âge de 17 ans, l?octogénaire raconte qu?il avait un choix difficile à faire à un certain moment de sa vie. Faire carrière dans la force policière, devenir enseignant ou prendre quotidiennement la mer pour affronter les vagues comme pêcheur. ?Mo finn prefer metier pecheur. Sa lepok-la la polis ti pe touss Rs 90 par mois ek enseignant presk mem salaire?, se souvient-il.

Son épouse, Fernande, qu?il a connue à l?âge de dix-huit ans à partir d?une photo, n?a pas vécu que des moments d?intenses émotions auprès de Maxime. ?Malgré le nombre d?enfants que nous avions à notre charge, nous faisions toujours un effort supplémentaire pour venir en aide aux autres?. Mais le souvenir qui a le plus marqué la vie du couple, c?est bien le passage d?un cyclone, en 1945, qui avait détruit une cinquantaine des maisons parmi les soixante qui existaient. ?Pas ti ena ni race ni communauté , ni couleur. Nou tous ti ene sel fami. Nou ti pe mangé ensemble et mette même linge?, dit-elle avec émotion.

Selon Fernande, comme il n?y avait pas d?eau potable, des familles étaient contraintes de marcher de longues distances pour aller s?approvisionner à une source située dans un endroit connu comme Malaîd, tout près du terrain de football de la localité. ?Nous étions solidaires dans cette dure épreuve?, ajoute Maxime.

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