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Comme dans une boîte de sardines

15 novembre 2007, 00:00

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«C?est inhumain. il est inadmissible qu?on laisse des enfants dans un bâtiment aussi exigu pendant toute l?année scolaire, en été surtout quand la chaleur devient insupportable », déclare Steeve Appolon, travailleur social très actif sur le littoral sud-est. Il fait allusion au sub-hall d?Anse-Jonchée qui est utilisé à la fois comme école maternelle pour les enfants et centre de loisirs par les habitants de ce patelin attaché au village de Bois-des-Amourettes.

Cet espace étroit, constate-t-il, ne favorise guère l?épanouissement des 22 enfants qui y viennent chaque jour.

«Comment voulez-vous que ces enfants aient de bons résultats dans un espace ou l?enseignante arrive difficilement à faire quelques pas pour communiquer avec eux», s?indigne le travailleur social.

Alexandra Nobin, qui enseigne dans cette école, depuis de nombreuses années, ne mâche pas ses mots. «L?absence d?outils pédagogiques gêne considérablement le fonctionnement de notre école».

«Nous devons nous débrouiller avec les moyens de bord. Mais pour combien temps encore» ?, s?interroge Michelle Théophile, porte-parole de l?Association des Dames d?Anse-Jonchée dont le fils ira dans cette école à la prochaine rentrée.

Elle est encore plus révoltée lorsqu?elle s?approche du réfrigérateur fermé à clé, qui était utilisé autrefois pour conserver les yaourts qu?offrait gratuitement aux enfants de cette école le Trust fund for the integration of vulnerable groups (TFIVG,) : «Sa proze donne yaourt la ti enn moyen pour améliore alimentation ban zenfans», rapelle Michelle.

Mario Legrand, président du TFIVG répond : «Nous sommes toujours disposés à donner gratuitement des yaourts et un repas à ces enfants mais pour que cela se passe dans les meilleures conditions, nous exigeons que les organisations non-gouvernementales et l?administration de l?école et les parents prennent des dispositions pour bien gérer la distribution.

On joue dans la boue

Michelle Théophile est triste de voir souffrir les enfants pendant la saison pluvieuse. «L?eau qui pénètre à travers le toit fissuré inonde la salle de classe. L?eau boueuse descend directement de la route principale pour envahir la cour de l?école. Les enfants pataugent dans la boue lorsqu?il pleut.»

L?état piteux des toilettes et le danger auquel sont exposés les enfants lorsqu?ils s?amusent sur le toboggan provoquent également l?agacement de Rajeshree Daworaz, mère de Kevin, 4 ans. «Nous ne comprenons toujours pas les raisons pour lesquelles les élus de cette circonscription restent indifférents au sort des habitants et plus particulièrement à celui des enfants. Eski zot pe attan ki toit lekol tomb lors la tête nou zenfan pou qui zot vinn sympatiz avec nou après» ? demande-t-elle .

Selon Steeve, le cadre dans lequel évoluent les enfants, n?aide pas à combler les inégalités sociales et à faire obstacle à l?échec scolaire. «Comment voulez-vous que les inégalités ne s?accroissent pas dans le domaine de l?éducation» ? s?interroge-t-il.

D?où son appel au Pre-Primary School Trust Fund, au conseil des districts de Grand-Port-Savanne, qui à la responsabilité de la gestion du bâtiment et plus particulièrement à Indira Seebun, le ministre de la Femme, des Droits de la femme et du bien-être de l?enfant, pour qu?elle s?intéresse également au fonctionnement des écoles maternelles et pas seulement aux garderies. «Il est vrai que son ministère avait réagi après la mort de Cleanaelle Bégué, âgée à peine d?un an (voir plus loin) mais il serait bon de surveiller de près aussi l?état des écoles maternelles», suggère-t-il.

Prem Boodna, vice président du conseil des districts de Grand-Port-Savanne a confié aux conseillers du village de Bois-des-Amourettes la tâche de faire un état des lieux du bâtiment et de soumettre un rapport au conseil d?administration du conseil. «Nous allons donner priorité à ce dossier», dit-il.

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