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Comme au théâtre...
Le Cercle de Rose-Hill, illuminé de tous ses feux, ajoute à la féerie de la nuit. Strass et paillettes montent les marches, à l?exemple de Cannes. C?est samedi soir, 20 heures. La date du 8 mai 2004 restera dans les mémoires... A l?intérieur, le murmure survolté d?une assistance mélomane recouvre les notes d?un piano qui s?échauffe pour l?événement : pour la première fois en des décennies, mettant les sourdines aux habituels décibels d?une variété de World Music, le Cercle accueille un concert lyrique. Cadeau de fin de présidence de Jocelyn Forget aux membres.
Au programme, des extraits d?opérette et d?opéra. Les exécutants sont Véronique Zuel-Bungaroo, la prestigieuse, (soprano), la toute jeune Nathalie Desveaux (soprano), la non moins appréciée Elizabeth Forget (mezzo-Soprano), et Bernard Desvaux de Marigny, (ténor), rompu au métier, assumera d?autres registres. Si la belle époque mauricienne du lyrique, où notre superbe théâtre à l?italienne rayonnait dans la capitale est révolue, qu?on se rassure, ils sont nombreux ceux qui sont avides de revivre ces moments d?enfance et d?adolescence, enrichies d?Offenbach, de Verdi, de Bizet, de Lopez, de Lehar, et tant d?autres. Il est aussi réconfortant de compter dans la salle des amoureux du lyrique d?une ère plus proche du siècle. Tout comme le jeune Kenneth Babajee au piano d?accompagnement, à la légèreté remarquée, aux côtés du tant apprécié Cyril Joseph.
Les exécutants, costumés selon les époques, créent une surprise fort agréable. Généreux, ils interprètent les airs choisis à la demande préalable des membres. Ainsi aurons-nous droit aux extraits de Méditerranée, La Fille de Mme Angot, Le Pays du Sourire, de La Mascotte, de La Veuve Joyeuse, de Princesse Czardas, d?Andalousie?Autant pour l?opérette. Et du côté de l?opéra, Carmen et La Traviata. Brindisi, (Buvons, buvons) sera repris lors d?un standing ovation. Un grand moment nostalgique qui assure l?avenir.
Nous avons saisi au vol la fascinante Véronique Zuel-Bungaroo. Pour la totalité de son Etre. Et lui avons posé deux questions, la première : quelle est la difficulté, dans un tel concert, de passer de l?Opérette à l?Opéra, et l?inverse? ?L?opéra, dira-t-elle, est d?un autre calibre, demande plus de puissance vocale, une autre interprétation. La technique du chant est beaucoup plus demandée, plus recherchée, et plus travaillée.?
La seconde question concerne son investissement total tangible, pour le plus grand bonheur de tous. Sa façon de vivre à la fois son rôle, comme celui de l?autre, qui interprète le sien, pendant qu?elle attend. Comme une énergie bienveillante, en heureuse expectative, prête à tout moment à voler au secours d?un oubli, ou toute autre faiblesse de l?autre. Elle répond : ?Je deviens la personne que j?interprète, avec ma personnalité propre. Quand je m?identifie à ce personnage, je ne peux me dissocier de ma personnalité. Je suis le déroulement de la mise en scène, où nous étions tous concernés. On a travaillé en équipe. Chacun se sent concerné.? Véronique Zuel-Bungaroo a à son actif une dizaine de rôles principaux : Micaëla dans Carmen, Suzana dans Les Noces de Figaro ou Gilda dans Rigoletto?
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