Publicité
On commande des Mary Rose à G. de Chazal (Comajora)
Par
Partager cet article
On commande des Mary Rose à G. de Chazal (Comajora)
En 2007, il fait parler de lui. En bien, forcément ! Comment faire autrement, après avoir parcouru son monumental Histoire maritime des Mascareignes où la qualité et la richesse du contenu se disputent à sa valeur iconographique ? Comment faire autrement quand Gaëtan de Chazal nous permet, pour quelques centaines de roupies (l?équivalent de quelques kilos de lait en poudre ou d?une bouteille de whisky, même pas labellisé, de quoi nous inciter à consommer du pur thé ou encore notre eau CWA non coupée de jus de malt bien fermenté), d?avoir à loisir, sur une étagère de notre bibliothèque Mauriciana, l?essentiel d?un véritable musée/encyclopédie de maquettes de voilier et de navire.
A se demander comment tous les armateurs locaux, présents et anciens, n?unissent pas leurs efforts pour commander à la Comajora, capitaine Gaëtan de Chazal, une collection, à échelle identique, de tous les voiliers et navires, ayant arboré, glorieusement ou dramatiquement, le quadricolore mauricien ou encore nos armoiries Stella Clavisque. Allons ! Messieurs, vous nous devez bien, comme à la mer nourricière, ce plaisir inestimable de pouvoir, à tout moment, quelque part au Caudan ou ailleurs, admirer tous les voiliers et navires, ayant battu drapeau mauricien, fièrement alignés les uns à côté des autres.
Les Messageries Maritimes, les Clan et Castle Lines, la Nouvelle Compagnie Havraise et Péninsulaire, la KPM, pourraient même être intéressées à s?associer à ce projet, en nous faisant parvenir, aux mêmes conditions, les maquettes de l?Eridan, du Ville de Port Louis, du Boissevain à demi incendié en rade de Port-Louis et de leurs compagnons de traversée faisant rituellement escale au Port-Louis. Allons ! Messieurs qui peut ne pas être tenté par un musée de la marine marchande mauricienne, si indispensable si l?on veut expliquer à un petit-enfant ce qu?était l?île Maurice du Sir Jules, du Carabao, du Secunder, du Silverlord, de La Françoise, du Mauritius ayant compté trente ans et plus de bons et loyaux services, de La Perle, de La Cigale.
Fin septembre 1982, Gaëtan de Chazal fait parler de lui. En bien, forcément! Son unité, Comajora Ltée, reçoit une importante commande de maquettes du Mary Rose, un bâtiment considéré comme l?ancêtre de la marine royale anglaise, plus connue, il est vrai, comme la Royal Navy ou encore Rule Britannia ! La Mary Rose connaît pourtant un flop assez retentissant pour mettre fin à sa carrière militaire avant même qu?elle ne la commence, un peu à la manière du cheval fou (honni soit qui pense, ici, à Dogberry !) qui désarçonne son cavalier avant le départ de la course, fait trois tours de notre Champ de Mars à fond de train et qu?on doit rapporter au paddock sur une civière, à la grande déconvenue des parieurs, ayant misé leurs sous sur une telle malchance.
Véritable intermédiaire, dit-on, entre le drakkar antique et même nordique et les voiliers post-colombiens, le Mary Rose est construit, non pas à Pise, mais à Portsmouth en 1536. Il chavire neuf ans plus tard, au même endroit, au cours (avant même, devrait-on dire) d?une bataille navale, opposant, une fois de plus et lors d?une énième... Manche, Français et Anglais, avant même d?avoir tiré son premier coup de canon.
L?orgueil d?Henri VIII en prend un sacré coup. La commission d?enquête, nommée royalement pour élucider les causes d?une telle honte nationale, révéla qu?au lieu du maximum de 415 hommes, que pouvait supporter la brave Mary Rose, il y avait à bord, au moment de la bascule et du chavirement, plus de 700 poilus, armés de pied en cap et même jusqu?aux dents de tout l?équipement requis pour monter à un tel assaut. La thèse voulant qu?un stentor cria ? Smith !? ce qui aurait eu pour effet de provoquer une ruée vers babord, faisant funestement pencher la Mary Rose, demeure infondée à ce jour, en dépit des laborieuses recherches de Woody Allen et de Buster Keaton à ce sujet. Celle, faisant état de la présence à bord et même à bas bord du roi Henry VIII, tombe également à l?eau. De la plage, il suivait, les yeux horrifiés, la culbute de sa Mary Rose et le nage qui peut qui s?ensuit.
Il n?y a que les Anglais au monde à pouvoir s?enticher de la sorte de l?héroïne d?une galipette aussi mémorable pour ne pas dire phénoménale. Etonnante et même pérenne est la popularité de la Mary Rose en Angleterre. Il y existe toujours une Mary Rose Foundation (capitaine, Prince Charles de Galles) qui songe même à renflouer ce qu?il reste de cette nef emblématique. Par mesure de prudence, elle commande parallèlement à Gaëtan de Chazal et à sa Comajora une centaine de répliques de la Mary Rose.
Publicité
Publicité
Les plus récents