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Collège Royal de Curepipe: un peu plus d’autonomie demandée

13 janvier 2014, 06:50

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Collège Royal de Curepipe: un peu plus d’autonomie demandée

 

Il fête ses 100 ans aujourd’hui, lundi 13 janvier. Mais, le collège Royal de Curepipe demeure imprégné de bureaucratie. En effet, contrairement aux établissements privés, les collèges d’Etat sont dirigés par des recteurs qui «n’ont pas de grande marge de manœuvre». D’ailleurs, nombreux sont ceux qui trouvent que le mal dont souffrent ces institutions est le manque d’autonomie.
 
«L’institution reste imprégnée de bureaucratie.» C’est l’aveu de la rectrice du collège Royal de Curepipe au sujet de cet établissement qui fête aujourd’hui les 100 ans d’existence de ses locaux. «Les choses auraient pu mieux marcher», ajoute Chitra Awootar qui, se montrant conciliante, précise toutefois : «Nous progressons malgré tout.» Si la rectrice ne va pas plus loin, d’autres trouvent que le plus grand mal dont souffrent les collèges d’élite de l’État est le manque d’autonomie.
 
«Dans un collège d’État, tout ce qui se fait est soumis à l’aval du ministère. C’est ainsi», nous explique un professionnel de l’enseignement qui a passé plusieurs années au sein des collèges gérés par l’État. En effet, contrairement aux collèges privés qui sont régis par des conseils d’administration et des représentants de parents d’élèves, les collèges du gouvernement sont dirigés par des recteurs qui «n’ont pas de grande marge de manoeuvre». Dans les années 90, une proposition avait été faite visant à rendre les collèges d’État plus autonomes en proposant qu’ils soient gérés par des conseils d’administration. Projet qui avait été abandonné par la suite. 
 
Plus que d’autonomie, Steeve Obeegadoo, quant à lui, parle davantage de la «décentralisation des pouvoirs». «À Maurice, que ce soit dans l’éducation ou dans d’autres secteurs, la tendance est vers la concentration de pouvoir. C’est un vieux mal qui affecte encore nos institutions», affirme l’ancien ministre de l’Éducation et le responsable du dossier éducation au sein du Mouvement militant mauricien. Le député prend l’exemple des écoles privées où un enseignant est libre de postuler dans un collège et s’y épanouir. «Là, les enseignants dépendent tous des transferts effectués encore une fois par le ministère. L’ingérence du gouvernement étouffe les initiatives», ajoute-t-il.
 
Dans le milieu syndical, c’est un avis mitigé qui est exprimé à ce sujet. Naraindranath Gopee, de la Fédération des collèges publics, estime qu’il serait injuste de dire que l’État n’a fait aucun effort. «Il y a une volonté du ministère de déléguer les responsabilités mais, concède-t-il, ce n’est pas suffisant. Par exemple, sur la question de discipline dans les écoles, c’est le ministère qui détient le dernier mot.» Le recteur a bien une certaine autorité, dit le syndicaliste, mais «pas une indépendance totale comme il serait souhaité». «Il faut laisser les recteurs libres de gérer leur collège. Chaque collège est différent et de nombreux dossiers n’avancent pas à cause de la bureaucratie.»
 
Chitra Awootar, pour sa part, assure que le collège Royal de Curepipe «reçoit exactement les mêmes facilités que les autres collèges d’État». La rectrice de cette institution du savoir fait un bilan très positif du travail accompli par le collège et l’attribue à l’effort des collégiens et des enseignants. «Le prestige du collège s’est bâti uniquement sur l’effort. Les enfants qui nous son confiés sont très brillants et ont le désir de faire perdurer la réputation de collège d’élite. Il y a une compétition saine entre les élèves.»

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