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?Coast Guards?
De mémoire de cinéphile, les garde-côtes américains n?ont auparavant jamais eu les honneurs d?un long-métrage hollywoodien. Pourtant, comme nous le montre Coast Guards, leurs sauveteurs subissent une formation longue et rigoureuse, comme dans d?autres illustres corps de métier, et ils volent dans de beaux hélicoptères très photogéniques, peints en blanc et orange. En plus, on leur apprend la courtoisie. Mû par son sens du devoir et n?écoutant que son courage, Kevin Costner a sauté d?un hélicoptère dans une houle déchaînée, quelque part au large de l?Alaska. Il nage jusqu?à un couple qui se débat dans les vagues auprès de leur bateau en train de sombrer et il leur dit :?Je suis nageur-sauveteur des garde-côtes et je viens vous sauver !? Ce qui, on suppose, ne doit pas manquer de rassurer ce couple en détresse ; autrement, ils auraient cru à une demande de contribution pour le fonds de solidarité des garde-côtes.
Cette toute première scène résume bien tout le film. Coast Guards, d?Andrew Davis, est un hommage très appuyé et long de 137 minutes aux nageurs-sauveteurs des garde-côtes américains. Visiblement, cette ?top-gunnerie? aquatique est adressée à un public de 20-25 ans (comme un clip de recrutement ?) qui n?aurait pas connu dans les années 1980, les films comme An Officer & a Gentleman ou Top Gun. Coast Guards reprend sans complexes, tous les clichés qu?ils alignaient. Ainsi, on voit Kevin Costner (Ben Randall), cinquante ans bien sonnés et légèrement bedonnant, mais néanmoins sauveteur émérite, qui a perdu ses coéquipiers dans un crash et s?est fait plaquer par son épouse. Muté comme instructeur, il est confronté à Ashton Kutcher (Jake Fisher) quelque peu arrogant et qui tient à démontrer qu?il est le meilleur en tout. Lui aussi en a gros sur le c?ur et les deux finiront par établir des rapports père-fils qu?on voyait venir depuis le début. Pour qu?on en arrive-là, des séances d?entraînement en piscine à n?en plus finir laissant le spectateur au bord de l?hypothermie ; des affrontements entre instructeur et élève, le premier tentant d?inculquer au second l?humilité et le sens du sacrifice ; des punitions collectives, l?esquisse d?une histoire d?amour entre Fisher-Kutcher et une institutrice et l?incontournable bagarre de saloon contre des représentants d?un autre corps de métier, suivie de la bière entre potes. Tout cela prend les deux tiers du temps du film, sans que le récit n?avance d?un iota.
?La routine pour Kevin Costner, qui fait son travail de héros bourru comme d'autres vendent des poireaux?, commente un confrère. Un autre parle de ?masochisme?, l?acteur se choisissant des rôles qui tirent vers ses propres films dans lesquels en tant que réalisateur, il met en scène son propre dépérissement. On pourra trouver que le vrai travail est fourni par Ashton Kutcher ou encore, être d?avis que tout cela ne mérite aucune discussion approfondie. Coast Guards est un de ces films au scénario tellement anodin qu?il serait vite oublié si ce n?était que la réalisation elle, est réussie. Andrew Davis fut, il y a une dizaine d?années, le réalisateur du Fugitif et il sait toujours faire parler ses images. Ses scènes d?action, de groupes en mouvement, d?intérieurs ou de conversations sont toujours efficaces sans effets de style, focalisant l?attention du spectateur au bon endroit. Il nous offre en bonus de magnifiques images d?Alaska et de très impressionnantes images de tempêtes en pleine mer. Il reste à déterminer si ce savoir-faire parvient à sauver le film du naufrage corps et biens.
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