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CNT et port : décisions cruciales
Ces employés de la CNT avaient cru avoir remporté une victoire après leur journée de grève. Mais il n’en est rien. Ils se réunissent lundi 1er juillet à 20 heures pour voter la marche à suivre. Dans le port, les employés décideront aujourd'hui de la poursuite des négociations avec la direction.
Ils annonceront leur décision lundi matin 1er juillet. Ces employés du port disent attendre le compte rendu de la réunion qui a lieu entre les syndicalistes de la Cargo Handling Corporation (CHC) et la direction. Ils prendront alors une décision quant à la poursuite des négociations.
Mais, d’ores et déjà, «des progrès ont été notés aujourd’hui vendredi 28 juin», disent les représentants de la Port-Louis Maritime Employees Association. Ainsi, explique Alain Edouard, président de ce syndicat, «si la direction reconnaît les engagements pris vendredi, nous entameront la dernière phase des négociations la semaine prochaine, en vue d’un accord qui devra être signé, impérativement, le 8 juillet».
Ces employés de la CHC n’avaient pas hésité à entamer un go-slow dans le port durant plus de trois jours pour faire entendre leur revendication. C’est surtout le rapport Appana sur les salaires qui a attisé leur mécontentement. Mais, au cours, d’une réunion d’urgence le board de la CHC avait alors rejeté ce rapport et les employés avaient mis fin à leur go-slow.
Parmi les autres revendications des syndicalistes du secteur portuaire : la restructuration du système de grading, visant à revaloriser le statut des travailleurs manuels de la CHC. Sur cette question également, les négociations ont connu des avancées, concède la Port-Louis Maritime Employees Association.
Dès cette semaine, ces discussions avec la direction, si elles vont de l’avant, porteront cette fois sur l’augmentation salariale«qui doit être de 25 % au moins», rappelle la PLMEA. Les autres revendications ont trait à l’harmonisation du paiement de la pension de retraite et aux conditions d’emploi en général.
La situation est loin d’être si favorable pour les employés de la Compagnie nationale de transport (CNT). Surtout après qu’ils avaient cru avoir remporté une première victoire lorsque la National Transport Authority était revenue sur sa décision de permettre à des opérateurs privés de desservir certaines lignes jusqu’ici opérées exclusivement par la CNT. C’était d’ailleurs l’entrée en vigueur de cette décision qui avait déclenché la grève des employés de la CNT mercredi 26 juin.
Mais voilà que, vendredi 28 juin, le conseil des ministres avait annulé cette marche arrière et maintenu que des opérateurs privés pourront aussi desservir cinq lignes. Les employés ont convoqué une assemblée générale pour lundi à 20 heures. Réunion au cours de laquelle ils devraient décider s’ils vont, ou non, reprendre leur mouvement de grève.
Pour Alain Kistnen, Alain Kistnen, secrétaire général de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW), le renversement de l’accord de jeudi est «une décision barbare». Pourquoi se bat-il pour le maintien du monopole sur ces lignes ? «Le ministre Bachoo a beau dire que c’est une mesure temporaire, nous savons que, par le passé, de telles actions ne l’ont jamais été. La Moka-Flacq Transport a d’ailleurs fait faillite de cette même façon», explique-t-il. Pour les grévistes de mercredi, enlever des lignes à la CNT serait un pas en avant vers la faillite de la compagnie. Cette question est donc étroitement liée à leurs craintes pour leurs emplois.
Le gouvernement se veut rassurant sur ce point. « Il n’y aura aucun changement pour les travailleurs, aucune modification de leurs conditions de travail. La mesure n’est prévue que pour un maximum de huit mois, le temps que d’autres autobus soient achetés par la CNT», soutient Mohamed. En effet, l’achat d’une centaine de bus du Japon a ainsi été prévu. Leur livraison pourrait avoir lieu dans cinq ou six mois. Une explication qui ne convainc guère Alain Kistnen. Et encore mois l’argument sécurité des passagers mis en avant lors d’une conférence de presse pour expliquer la décision du conseil des ministres. «Si la NTA a donné un certificat de fitnessà des bus, c’est qu’on peut les utiliser», relève-t-il.
Les employés de la CNT oseront-ils l’affrontement ? Rien n’est moins sûr. Surtout que le ministre du Travail les a déjà prévenus : «Soyons clairs : s’ils persistent à faire la grève illégalement, ils seront licenciés», lâche, d’un ton ferme, Shakeel Mohamed. Ce dernier croit savoir que le «non» est désormais majoritaire. Du reste, il affirme avoir obtenu le «soutien total» du Premier ministre pour prôner la fermeté.
Alain Kistnen se veut, lui, prudent : «Nous ne donnerons pas de mot d’ordre, nous laisserons les travailleurs décider. Mais nous guiderons leurs choix en leur disant les conséquences de leurs actes.» Mardi soir, le vote pour la grève était marqué par une forte dissension au sein des employés de la CNT. La nouvelle menace de licenciement risque-t-elle de les faire basculer ? Alain Kistnen rappelle qu’ils «ont voté en connaissance de cause mardi, ce qui montre qu’ils n’avaient pas peur des conséquences d’une grève illégale».
Ce que rappelle également l’avocat Kishore Pertab, membre du MMM. Lui, pense que le ministre Mohamed bluffe. «L’approche qu’adopte Shakeel Mohamed est trop légaliste. Les risques de la loi n’ont pas empêché aux employés de la CNT d’entamer cette grève mercredi. Le rapport de force était de leur côté. Si le gouvernement avait licencié ne serait-ce qu’un seul employé de la CNT, il aurait signé son arrêt de mort ».
La réunion des employés de la CNT de demain sera donc cruciale : les employés peuvent décider de rentrer dans les rangs. Ou alors de défier le gouvernement de provoquer la plus grave crise industrielle depuis les années 70.
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