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CMT insupportable à Pointe-aux-Sables

17 décembre 2005, 20:00

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Le voisinage d?une unité de la Compagnie mauricienne de textile (CMT) s?avère très lourd à supporter pour Toolsee Ramkhelawon. Ce planteur de Pointe-aux-Sables ne sait plus à quel saint se vouer pour protéger ses cultures de canne à sucre de la pollution.

De guerre lasse, il demande à l?usine de l?indemniser pour les pertes subies. À hier, aucun porte-parole de la CMT n?était disponible pour commenter ce cas.

Les cultures de Toolsee Ramkhelawon flanquent l?usine textile des côtés nord et est. Celles qui se trouvent à l?Est et donc derrière l?usine, sont rabougries. Les feuilles sont jaunes, recouvertes d?une fine couche de poussière. On aurait pu les croire victimes de la sécheresse. Mais l?apparente bonne santé des plantes se trouvant un peu plus loin témoigne du contraire. Les champs sont d?ailleurs encerclés de canaux d?irrigation.

L?usine de CMT est en extension. L?ossature en acier d?une vaste bâtisse se dresse à l?arrière. C?est le chantier grouillant de véhicules et de poids lourds qui est la source de la poussière dans laquelle baigne tout le voisinage. Une route en terre battue sépare l?usine des champs. En bordure de cette route, des rangées de cannes sont écrasées. C?est que celle-ci est utilisée par des poids lourds pour accéder au chantier.

Ces véhicules emprunteraient aussi d?autres sentiers en plein champs de cannes en guise de raccourcis lors de l?approvisionnent du chantier en matériaux de construction. Pour faciliter leur passage, ils se seraient même permis de déverser du béton dans les canaux d?irrigation qui traversent les sentiers. Du reste, les champs de cannes sont utilisés pour se garer et pour faire marche arrière.

<B>Le chantier n?est pas la seule source d?ennui</B>

Toolsee Ramkhelawon, le fier exploitant de la soixantaine d?arpents sous canne qui jouxte l?usine de CMT, raconte son calvaire. « Monn pey Rs 3 000 pou met ros dan bor simin. Zot inn enlev li pou zot kapav kontinie pase. Ziska zordi mo pe enkor atann pou zouenn bann responsab CMT pour ki zot vinn gete ki pe pase. Zot dir moi al get kontrakter. Kontrakter pa le zouenn moi. Kan mo sey koz ar bann travayer la, zot diskit ar moi. Kapav gagn lager », se lamente-t-il.

Le chantier n?est pas la seule source d?ennui pour Toolsee Ramkhelawon. Il allègue qu?avant que les travaux d?extension ne démarrent, l?arrière de l?usine abritait un incinérateur de déchets. Il avance qu?en mai, des braises émanant de l?incinérateur ont mis le feu à son champ. Environ quatre arpents ont été perdus pour la présente récolte, dit-il.

« Monn al fer konplint lapolis Petite-Rivière. Mai zot dir moi zot pa kapav fer narien et ki mo bizin fer enn case civil dan lakour. Mo enn planter. Ou kroir mo ena letan pou al perdi dan lakour ? », s?indigne-t-il. Alors quelle solution entrevoit-il à ses problèmes ? Clôturer la partie des champs concernés? « Mo pa kapav met fencing. Kouma bann kamion fertilizan la pou pase ? », rejette le planteur. Mais outre des mesures pour atténuer la pollution et protéger les cultures, les solutions ne sont pas évidentes.

« Moi mo dir zot dedomaz moi », dit le planteur. Il soutient que ses champs ont, en temps normal, un rendement de plus de 37 tonnes de cannes par arpent. Les chiffres peuvent être vérifiés auprès du Cane Planters and Millers Arbitration and Control Board. « Depi 1958 nou plant kann ici. Zame nou finn gagn enn problem koumsa. Zot pe fer dominer », se plaint encore Toolsee Ramkhelawon. Affaire à suivre.

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