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Cipollini c’est fini !
Ce n’est pas la première fois qu’il annonce son départ mais, cette fois, on a bien compris que Mario Cipollini n’est pas d’humeur à plaisanter. Le vélo, c’est terminé pour lui et rien ne lui fera changer d’avis, pas même l’imminence du Giro d’Italia, sa course de prédilection, qui s’élance dans dix jours.
Du haut de ses 38 ans, Cipollini peut aujourd’hui contempler le peloton avec un sourire moqueur : depuis 1989, année de ses débuts chez les professionnels, l’Italien n’a eu de cesse d’étoffer son palmarès : 189 victoires au compteur, dont 12 sur les routes du Tour de France et 42 dans le seul Giro, un record qui ne sera pas battu de sitôt. Mais c’est en 2002 qu’il a goûté à l’Everest en devenant champion du monde sur route à Zolder, quelques semaines après avoir réussi l’impossible mission d’inscrire son nom au palmarès de Milan-San Remo, “la course qu’il faut gagner pour aspirer à devenir une légende du cyclisme italien”.
Cipollini s’en va. Et c’est le cyclisme, orphelin du plus talentueux, du plus charismatique, du plus spectaculaire sprinter de sa génération, qui est à plaindre. Car Super Mario, tel que le surnomme une presse italienne qui n’avait d’yeux que pour lui, ne laisse pas d’héritier au peloton.
Alessandro Petacchi, qui a régulièrement dominé son aîné ces derniers mois, est certes tout aussi puissant et véloce, mais il n’a ni le charisme, ni l’aura de Cippo, chef de file naturel, qui a, en outre, révolutionné les sprints massifs en introduisant le concept de la collectivité. Qui ne se souvient pas, en effet, du fameux train rouge de la Saeco où, tour à tour, les autres coureurs prenaient des relais excessivement appuyés sur les deux derniers kilomètres pour laisser finalement le soin à leur chef de file de conclure le sprint ?
À bien voir, l’Italien était peut-être le coureur le plus aimé de son époque, sprinters, rouleurs et grimpeurs confondus. Et ce n’est pas un hasard si l’annonce de sa retraite – confirmée hier par son équipe Liquigas par le biais d’un communiqué – a donné lieu à davantage de réactions que dans le cas de Lance Armstrong, dont l’intention de passer à autre chose a visiblement soulagé quelques âmes sensibles.
En plus d’une tronche de playboy qui lui a valu d’être la coqueluche de toutes les Italiennes et par extension un produit marketing viable, Super Mario, au contraire d’Armstrong, savait faire le spectacle.
Pourtant, il n’y a pas photo entre Armstrong et Cipollini ! Armstrong c’est six Tours de France à lui tout seul, rien que ça ! Mieux que Jacques Anquetil, mieux qu’Eddy Merckxs, mieux que Bernard Hinault, mieux que Miguel Indurain ! Cipollini ? Pas une fois il n’a rallié les Champs-Elysées. Car, si la vitesse était sa vocation, il n’aimait pas souffrir. “Je ne suis pas masochiste ! À quoi ça sert de s’accrocher en montagne ? Moi, j’ai besoin de l’adrénaline du sprint…”
Adieu Super Mario, tu vas drôlement nous manquer !
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