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Cinq sur cinq
Cinq secondes chrono. Pour nous précipiter dans l?instant, l?éphémère, le temps qui passe. Mais avant d?aller chercher au loin, pourquoi ne pas prendre la peine de se regarder ?
Comme pour les doigts de la main. Le corps humain s?amuse avec les multiples de cinq. Cinq doigts, cinq orteils. Cinq intentions. On pourrait les multiplier à l?infini.
Un photographe, à qui l?on imposerait le chiffre cinq, ne peut manquer de jouer avec mains et pieds. De les faire danser, s?entortiller. Se charger d?élasticité comme pour une pichenette. De les montrer lourds de concentration sur un manche de guitare. Des mains, des pieds qui peuvent en un geste exprimer tant de choses : main tendue pour la paix, poing fermé pour la guerre.
C?est là l?un des sujets explorés avec appétit par les participants au Salon d?août. Cette manifestation, qui s?ouvre aujourd?hui, restera visible au Barkly Wharf, au Caudan Waterfront jusqu?au 25 août.
Une quinzaine d?exposants ont pour mission, d?étirer notre imagination. en noir et blanc. Parmi eux, Marcel Poinen, clairement attiré par les pieds. Il a raison. L?apparence d?un pied est une véritable clé pour pénétrer dans l?intime de quelqu?un. Qu?il sorte d?un cabinet de pédicure, qu?il ait les talons fendillés, ou des ongles peints d?un rouge agressif, en jetant un coup d??il aux pieds de quelqu?un, on peut presque le catégoriser. En tout cas être renseigné sur son hygiène et ses goûts.
Mais remettons nos pas dans les traces de pieds de Marcel Poinen. Lui, les fait danser. Coupe volontairement haut. Pour ne garder que le bas du corps. Avant d?attacher le regard sur une jambe à l?écart. Isolée, exilée. Toutes les histoires sont possibles dans ce studio de danse. On peut supputer à l?infini sur les liens entre les danseurs que le photographe met en scène.
Les membres du CAP ne nous laissent pas non plus oublier que nous sommes îlois. C?est en bord de mer qu?ils vont attendre le bon moment, saisir l?instant. Celui ou, pas un, pas deux, pas trois mais cinq oiseaux seront posés en même temps. Où cinq enfants passeront en courant. Où cinq pirogues vogueront au gré des flots. Où cinq bateaux seront alignés en rang serrés dans le port. Où un oiseau semblera balancer entre cinq nids.
Incursion dans l?univers du fugace. Auquel les photographes de la construction opposent leur déclic réfléchie. Cinq manches de tasse dos à dos. Cinq danseuses gracieuses. Cinq verres, à voir moitié vide ou moitié rempli.
Durant leurs sorties, les photographes ont aussi arpenter la ville. Ils n?ont raté le marché central. Pas sa façade carte postale, avec l?horloge et la couronne coloniale. Mais côté barreaux. Là où règne souvent une odeur pestilentielle, à cause des restes provenant des étals de viandes et poissons. En plus Thierry Léon, a travaillé sa photo en lui donnant effet incurvé, ce qui accentue le sentiment d?étouffement. D?asphyxie. Pour aller mieux, ne pas manquer de respirer du côté des plus traditionnels gros plans sur une fleur et sa rosée.
CAP SUR LE CAP
Trente ans l?année prochaine. Le Cercle des artistes photographes ( CAP) a été crée le 1er avril 1979. Pas réservé qu?aux professionnels, il cultive l?ouverture et accueille tous ceux qui désirent s?initier à l?art difficile de capturer l?instant. Le CAP compte actuellement une trentaine de membres qui se réunissent une fois tous les quinze jours, les lundi de 16h 30 à 18 h au sir Abdool Razack Mohamed SSS, à la rue La Poudrière à Port-Louis. Ils profitent de cours théorique et pratiques, de sorties-photos, de concours etc?
Le salon d?août lui existe depuis 1993 et accueille outre les membres, d?autres talents, à la fois locaux et étrangers. Le CAP est affilié à la Fédération Internationale de l?Art Photographique.
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