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Ciel Textile élargit ses horizons
Le groupe Ciel Textile s?engage dans une phase d?internationalisation tous azimuts de ses activités. Objectif : se positionner comme une entreprise globale afin d?être présente là où se trouvent les grands acheteurs internationaux et diversifier sa base de production.
Le groupe veut aussi séduire la clientèle en démontrant qu?il peut exporter son savoir-faire. Ciel Textile veut sans doute concrétiser le concept de remplacer le Made in Mauritius par le Made by Mauritius.
Les diverses entreprises du groupe entament actuellement des initiatives d?expansion en Inde et en Chine principalement. En parallèle, se poursuit la consolidation des activités à Madagascar
Aquarelle, le chemisier du groupe Ciel Textile, ouvrira une première usine en Inde le 10 mai prochain. Il s?agit d?un partenariat commercial avec un homme d?affaires indien qui apportera bâtiments et équipements tandis qu?Aquarelle fournira son savoir-faire en termes de gestion et de marketing. Les responsables de l?usine située à Bangalore seront deux managers indiens qui ont déjà travaillé pendant dix ans chez Aquarelle à Maurice.
L?usine produira dans un premier temps quelque 20 000 chemises ?casual? par mois. La production passera à 40 000 pièces mensuellement dans six mois environ.
Dans un deuxième temps, soit en septembre de cette année, Aquarelle, ouvrira une deuxième usine toujours à Bangalore. Et cette fois, Aquarelle y sera actionnaire à 50 %. Elle aura pour partenaire un filateur italien déjà implanté en Inde. La nouvelle usine se spécialisera dans des chemises haut de gamme.
Elle aura une capacité de production de 20 000 à 25 000 chemises mensuellement. Une expansion assez rapide est également prévue. D?ici trois ans, elle devrait pouvoir produire 1,8 million de chemises annuellement.
Mais ce n?est pas la perspective d?une main-d??uvre à meilleur marché qui motive Aquarelle dans son implantation en Inde. La main-d??uvre à Madagascar est d?ailleurs moins chère qu?en Inde. ?Notre objectif premier est de nous positionner dans un des deux principaux pôles mondiaux du textile-habillement que sont l?Inde et la Chine. Les principaux acheteurs tels que Gap par exemple ont déserté Maurice pour s?implanter en Inde. Nous voulons être plus près de ces acheteurs?, explique Eric Dorchies, directeur général d?Aquarelle.
?Notre objectif n?est pas d?aller vite?
Certains clients ne veulent plus que leurs commandes soient exécutées à Maurice. D?où la nécessité de s?implanter en Inde.
L?aventure indienne est également motivée par la possibilité d?avoir accès à une plus vaste gamme de matières premières qui augmentera la capacité d?offre de l?entreprise. Il s?agit aussi pour Aquarelle d?apprendre les réalités du terrain en Inde tout en ayant une approche graduelle et prudente. ?Notre objectif n?est pas d?aller vite?, confirme Eric Dorchies.
Ce dernier est déjà conscient des difficultés pratiques en Inde. Les matières premières sont fabriquées dans le nord de l?Inde et les délais de livraison sont longs.
Mais si l?essai s?avère concluant, l?Inde deviendra aussi une soupape de sûreté par rapport à Madagascar où le groupe Ciel Textile a essuyé des pertes conséquentes en raison des troubles politiques et sociaux de 2001.
Dans la grande île, Aquarelle envisage d?ailleurs d?ouvrir une deuxième usine à Antsirabé en septembre. Elle possède déjà une usine qui produit 1,4 million de pièces annuellement.
Malgré ces développements en Inde et Madagascar, Maurice demeure la principale base de production d?Aquarelle avec quelque 3,6 millions de chemises par an. Les produits haut de gamme nécessitant un rapide délai de livraison continueront à être confectionnés à Maurice.
Aquarelle bénéficie de l?intégration verticale avec le fabricant de tissu Consolidated Fabrics Ltd (CFL) du groupe Ciel Textile. Elle peut aussi s?approvisionner de l?autre tisseur, Socota, explique Eric Dorchies.
Floréal Knitwear, le fabricant de pulls de Ciel Textile, n?est pas en reste du processus d?internationalisation du groupe. Il a déjà commencé à développer un partenariat avec une usine en Chine.
Floréal Knitwear a donné des commandes en petite quantité pour le moment ? entre 5 000 et 20 000 pièces par commandes ? à cette unité de production en Chine. Les premières livraisons sont attendues pour septembre. L?entreprise mauricienne assurera aussi la gestion au niveau de la qualité et du marketing de l?usine chinoise.
?Nous voulons nous rapprocher des bases de matières premières afin d?élargir notre gamme de produits?, explique Nicolas Maigrot, directeur de Floréal Knitwear. Les commandes passées en Chine permettent aussi d?accroître la capacité de production de Floréal Knitwear. L?idée n?est donc pas une fois de plus de bénéficier de la main-d??uvre à meilleur marché.
?Il y a un manque de matières premières dans la région surtout pour le pull. Il n?y a que deux producteurs de fil, Ferney Spinning Mills et International Spinning Mills. C?est insuffisant pour une stratégie viable dans le knitwear. Trois quarts des fils utilisés dans le pull ne sont pas fabriqués à Maurice?, poursuit Nicolas Maigrot.
Recrutement d?un directeur indien
Ce premier pas prudent en terre chinoise ne devrait pas déboucher sur une quelconque implantation en propre dans ce pays, laisse entendre Nicolas Maigrot. Car un tel projet n?est pas à l?agenda.
Floréal Knitwear compte consolider ses opérations dans la région, soit à Maurice et à Madagascar. L?entreprise compte trois usines dans la grande île où elle produit deux millions de pulls par an et autant à Maurice.
Tropic Knits, le fabricant de t-shirts de Ciel Textile, compte également s?implanter en Inde l?année prochaine. Mais rien ne presse, indique son directeur François Eynaud. Le t-shirt est effectivement la filière textile qui marche le mieux à Maurice car avec un temps de production réduit, elle demeure compétitive.
Tropic Knits est en cours de recrutement d?un directeur indien pour une future usine en Inde. Elle devrait démarrer ses opérations au début de l?année prochaine.
En attendant, l?entreprise se concentre sur une consolidation de ses opérations à Madagascar. Tropic Knits compte doubler sa capacité de production dans la grande île qui devrait passer de 10 000 pièces par jour à 20 000 pièces par jour d?ici décembre. Pour y arriver, l?entreprise compte recruter 150 travailleurs de plus.
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