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Chirac : “Marcher d’un même pas avec le peuple malgache”
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Chirac : “Marcher d’un même pas avec le peuple malgache”
Bain de foule et promesses de jours meilleurs : pour sa première visite à Madagascar, Jacques Chirac s’est présenté en défenseur du dialogue politique et de la reprise économique dans un pays marqué par la pauvreté et les troubles politiques ces deux dernières années.
Le président français, qui s’est entretenu avec son homologue malgache Marc Ravalomanana, a appelé à “coopérer et à intensifier” le partenariat entre la France et l’île de l’Océan indien, annonçant en outre l’annulation prochaine de la dette bilatérale malgache vis-à-vis de la France.
Jacques Chirac a débuté sa visite-éclair par un bain de foule dans le quartier d’Anosibe, l’un des plus pauvres de la capitale Antananarivo, juchée à 1 400 mètres d’altitude au milieu des rizières.
Accueilli par plusieurs dizaines de milliers de Malgaches au sourire timide, le chef de l’Etat a longuement serré des mains et embrassé des enfants en haillons. A Madagascar, la moitié des habitants a moins de vingt ans et plus d’une personne sur deux vit avec moins d’un dollar par jour.
Accompagné de Marc Ravalomanana et du maire d’Antananarivo, Patrick Raniaramanana, Jacques Chirac a dévoilé une stèle marquant la fin des travaux de rénovation et d’assainissement du quartier, où vivent 80 000 habitants, sans hygiène ni eau potable.
L’agence française pour le développement a débloqué 6.9 millions d’euros pour ce projet, qui a notamment permis de refaire la route sur trois kilomètres et de rénover le marché d’Anosibe, le plus grand de la capitale.
“C’était un quartier défavorisé, délaissé. Aujourd’hui, les gens sont fiers de leur quartier et c’est cela l’essentiel”, a déclaré le maire d’Antananarivo. “En tant qu’ancien maire d’une grande capitale, je sais à quel point un équipement peut changer la vie”, lui a répondu Jacques Chirac, saluant “un effort d’urbanisation intelligent et durable”. “La visite de Jacques Chirac est un grand honneur pour le peuple malgache car pour nous, la France est notre mère”, a expliqué à Reuters Patrick Anariamahenina, dans la foule des badauds, rappelant que Madagascar a été une colonie française jusqu’en 1960.
Jacques Chirac s’est ensuite rendu au palais présidentiel pour un entretien avec Marc Ravalomanana, chef d’entreprise et ancien maire d’Antananarivo, arrivé au pouvoir dans des conditions chaotiques.
“Avocat permanent”
Au terme de plusieurs mois de combats politiques acharnés contre l’ancien président, Didier Ratsiraka, Ravalomanana est arrivé à la présidence malgache en juillet 2002 après le départ en exil vers la France de son adversaire.
Pour Jacques Chirac, les frictions nées à cette période entre Paris et Antananarivo appartiennent au passé.
“Quand il y a des événements politiques, il y a toujours des malaises (...) Côté français, nous avons toujours eu le désir de marcher d’un même pas avec le peuple malgache, sans ambiguïté”, a déclaré Jacques Chirac lors d’une conférence de presse au palais présidentiel qui fut la “Résidence de France” au temps de la colonisation.
En ce qui concerne Didier Ratsiraka, Jacques Chirac a rappelé que l’ancien président était tenu de respecter “la tradition et la loi française, qui supposent la plus parfaire discrétion”.
Le président français a souhaité l’intensification des rapports commerciaux entre la France, premier bailleur de fonds de Madagascar, et l’île, notamment dans le tourisme. Il a salué les réformes “courageuses, intelligentes et nécessaires” engagées par le président malgache, qui a dû faire face, ces dernières semaines, à des manifestations contre la hausse des prix.
Face aux difficultés économiques chroniques dans un pays pourtant riche en matières premières et au climat propice à l’agriculture, il a salué l’engagement des autorités “dans un programme de redressement en donnant la priorité à la lutte contre la pauvreté”.
Jacques Chirac a par ailleurs promis de se faire “l’avocat permanent” de Madagascar auprès de l’Europe et des institutions internationales. “Au mois d’octobre, les dettes (malgaches) seront très sensiblement diminuées et notamment les dettes envers la France qui seront totalement effacées”, a-t-il annoncé. Selon l’Elysée, en 2003, la dette bilatérale malgache s’élève actuellement à 70 millions d’euros.
“Tout porte Madagascar et la France à coopérer, à intensifier et à étendre leur partenariat pour plus de solidarité, plus de croissance et au bout du compte, plus de stabilité et de paix dans cet ensemble si fascinant et si particulier que forment les pays de l’Océan indien”, a dit le chef de l’Etat lors d’un toast prononcé avant le déjeuner. “Les relations entre la France et Madagascar sont au beau fixe”, lui a répondu son homologue malgache.
Jacques Chirac devrait revenir à Antananarivo début 2005 pour le sommet de la Commission de l’Océan indien (COI). La France, au titre de La Réunion, et Madagascar se retrouvent au sein de la COI aux côtés des Comores, Seychelles et de Maurice.
Le président français s’est envolé après le déjeuner pour la Réunion, à 800 kilomètres à l’Est de Madagascar, où il doit passer une dizaine de jours de vacances.
Il sera de retour en France pour accueillir le pape Jean-Paul II, à Lourdes, le 14 août et présider le lendemain à Toulon, les cérémonies marquant le 60e anniversaire du Débarquement en Provence.
Marc Ravalomanana participera aux commémorations du 15 août, des soldats malgaches ayant participé au débarquement avec d’autres forces d’Outre-Mer.
<B>Elizabeth Pineau</B>
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