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Chikungunya : l?opposition conteste les chiffres de la Santé

26 avril 2006, 00:00

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La barre des 10 000 personnes présentant des symptômes de la maladie du chikungunya a été dépassée. De ce chiffre, 8 669 sont des cas confirmés. Ces statistiques se rapportent à la période du 23 décembre au 24 avril 2006. C?est ce qu?a expliqué le ministre de la Santé, Satish Faugoo, hier au Parlement précisant que ces chiffres incluent ceux des médecins privés. Mais comme l?on pouvait s?y attendre, sa réponse à la Private Notice Question (PNQ) soulève des protestations dans l?hémicycle?

Le leader de l?opposition, Nando Bodha, n?est pas d?accord. Il insiste sur le fait qu?il y a 400 médecins privés et qu?il n?est pas possible qu?il n?y ait eu ?que 100 cas sur 100 jours?. Un aspect sur lequel il reviendra, dans un brouhaha indescriptible. Le ministre, lui, argue qu?il ne peut évoquer que les cas rapportés par les médecins privés. Une réplique qui ne donne pas satisfaction à Nando Bodha, qui souhaite savoir si le ministère a un contrôle sur les cas dans le privé. Satish Faugoo lui fait comprendre que non.

Mais auparavant, dans sa réponse, il aura précisé que le Public Health (Infectious or Communicable Diseases) Act a été amendé pour inclure le chikungunya sur la liste des maladies qui doivent obligatoirement être notifiées à la Santé. Un communiqué de presse en a du reste informé les médecins du privé et une lettre leur a été envoyée. Sans compter les réunions avec l?association des cliniques privées.

En verve, Nando Bodha, lance alors : ?Une chose est sure. Il y a plus de cas, en réalité !? Le ministre sort de ses gonds : ?Its the most anti-patriotic statement, most damning statement.? Des voix s?élèvent dans les rangs de la majorité gouvernementale, en soutien aux propos du ministre.

Un ?Opposition Disaster Committee?

Nando Bodha demande alors si le pays a la capacité de faire face à un tel problème. Il rappelle alors qu?en février, le Dr Pierre Formenty, de l?Organisation mondiale de la Santé, avait soutenu qu?il y avait déjà une épidémie. À cela, Satish Faugoo, soutient qu?en février, la maladie était à son point culminant.

Il précise qu?à l?époque, il y avait 400 cas par jour alors que l?on n?enregistre actuellement qu?une soixantaine de cas quotidiennement. Et devant la préoccupation de Nando Bodha sur la capacité d?analyse du laboratoire, le ministre Faugoo indique que le laboratoire peut effectuer 300 à 400 cas par jour.

Autre sujet de polémique : le protocole émis aux médecins dans le cadre du traitement du chikungunya. Nando Bodha dit qu?il n?y a que deux semaines que le protocole a été élaboré alors que le ministre soutient que cela a été fait dès le début de la maladie : ?Le leader de l?opposition confond une lettre circulaire et un protocole. Il y a deux semaines de cela, nous avons envoyé une lettre pour dire aux médecins de ne pas abuser de la cortisone.?

Le ministre a aussi expliqué qu?il n?y a jusqu?ici pas eu de décès lié directement au chikungunya mais qu?il existe une co-morbidité. À Nando Bodha qui veut savoir si cette maladie rend la personne plus vulnérable, Satish Faugoo lance, sarcastique : ?I would be surprised if it is not so.?

Puis à la proposition de Nando Bodha, pour un National Disaster Committee, Satish Faugoo fait rire l?hémicycle, en soutenant qu?il faudrait peut-être créer ?un Opposition Disaster Committee?.

En ce qui concerne le traitement médical, le ministre répond qu?il n?y a jusqu?ici rien de spécifique. Ceux qui recourent aux services de santé publique reçoivent des analgésiques et des anti-inflammatoires pour soulager les symptômes. En cas de douleurs prolongées, les médecins prescrivent des stéroïdes ou encore des tablettes de chloroquine (souvent prescrits pour la malaria).

Un des volets de la PNQ portait sur les dépenses pour le contrôle de cette maladie. Une somme de Rs 42 millions a été dépensée. Elle a servi à l?achat de 490 fumigateurs au coût de Rs 14,3 millions, de 542 spraying machines au coût de Rs 1,4 million, de 1170 combinaisons de protection au coût de Rs 2,7 millions, et de 38 400 litres d?insecticides pour le larvicide et pour la fumigation au coût de Rs 14,2 millions.

Le programme de sensibilisation, qui comprenait des dépliants et les campagnes de presse, a coûté Rs 7,1 millions. Il y a eu jusqu?ici plus de 400 causeries sur le chikungunya à travers l?île.

Le ministre a aussi rappelé qu?il n?y a pas eu d?actions pour un suivi après les derniers cas de la maladie au début de 2005. À noter que l?ex-ministre de la Santé, Ashock Jugnauth de même que le MMM, n?ont pas eu de questions supplémentaires sur la PNQ de Nando Bodha.

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