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Chiffre d?affaires : La Réunion en force !

22 mai 2008, 00:00

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Le groupe Vindémia (enseignes Score) occupe la tête du classement annuel des 100 premières entreprises de l?océan Indien. C?est ce qui ressort de la sixième édition du «Spécial 100», que vient de publier le magazine l?Eco austral, qui a recoupé les chiffres d?affaires 2006 des principales entreprises de Madagascar, Maurice, Mayotte et Réunion. Au total, ces entreprises brassent quelque 12 milliards d?euros de chiffre d?affaires et emploient près de 130 000 salariés de la zone.

Dans ce palmarès, établi donc selon les chiffres d?affaires des entreprises ? et non pas en termes de rentabilité ? il n?est pas surprenant que les quatre premières places reviennent à des groupes réunionnais (qui comptabilisent par ailleurs 49 entreprises dans les cent premières).

Outre le fait que l?île s?ur dispose d?un niveau de consommation largement supérieur aux autres économies de la zone, l?effet de change de l?euro vis-à-vis des monnaies locales y est pour beaucoup. A titre d?indication, l? euro, s?échangeait à 26 roupies il y a sept ans, contre quarante et quelque aujourd?hui?

Brassant un chiffre d?affaires de 823 millions d?euros, Vindémia est par ailleurs aussi présent dans le business de la grande distribution à Maurice, Madagascar, Mayotte et ...au Vietnam. Cédé par Bourbon à Casino en juin 2007, le groupe affiche une belle santé avec 51 millions d?euros de bénéfices. «C?est à La Réunion et au Vietnam que le groupe a gagné de l?argent, davantage qu?à Maurice où l?équilibre s?annonce difficile à atteindre», note l?Eco austral.

S?il aurait été plus pertinent de classer les entreprises régionales selon leur rentabilité, force est de constater qu?elles sont encore nombreuses, dont plusieurs à Madagascar, à refuser de divulguer les chiffres. Sur ce plan, Maurice émerge du lot. Les entreprises cotées à la Bourse de Port-Louis sont dans l?obligation de rendre public leur bilan financier.

Cette culture de transparence fait défaut parmi certains groupes réunionnais. Ainsi, même si elle a un chiffre d?affaires de loin inférieur à Vindémia, la Société réunionnaise de radiotéléphonie serait la société qui aurait fait le plus de profits à l?île soeur. Mais elle refuse de communiquer ses gains. Investir dans un réseau de téléphonie coûte très cher au départ, mais après avoir couvert les dépenses, le reste n?est que bénéfices.

Alain Foulan, directeur de la rédaction de l?Eco austral, regrette que certains groupes préfèrent toujours s?acquitter d?une amende plutôt que de communiquer ne serait-ce que leur chiffre d?affaires à leurs concurrents. Ce triste réflexe se doit de disparaître.

«Je suis convaincu que les îles de l?océan Indien auront de plus en plus besoin de coopérer. Les îles devront se regrouper pour fonder des unités industrielles. La Réunion pourrait développer l?énergie solaire à Maurice, par exemple», fait ressortir Alain Foulan sur le site Clicanoo.

Il a raison d?insister car sans la coopération régionale, la région ne pourra jamais atteindre un autre palier de développement. La fameuse masse critique, les marchés communs, les zones de libre-échange ne doivent pas rester qu?au stade des discours ! Si certaines entreprises mauriciennes ont compris le besoin de s?allier, d?autres ont encore un long chemin régional à parcourir.

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