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Cher payé

19 juin 2008, 00:00

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Cher payé

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Elle engloutit cent millions de roupies par an mais n?obtient que deux condamnations en moyenne par an. Et encore, elle ne ramène que du menu fretin dans ses filets. Elle déteste la pêche aux gros. De ce fait, les requins filent toujours vers le large sans être inquiétés. Cette institution, c?est l?ICAC. Depuis sa création, trois Premiers ministres se sont succédé à la tête du pays, des commissaires sont partis, d?autres sont nommés, mais il y a une constante : son inefficacité.

Les échanges entre le Premier ministre et le leader de l?opposition sur l?ICAC, hier au Parlement, ont démontré qu?il y a un consensus autour de la nécessité de revoir la structure de la commission. Navin Ramgoolam a annoncé des amendements à la formule de nomination des commissaires et Paul Bérenger a admis que «we all went wrong». Des deux côtés de la chambre, il y avait une volonté d?avancer sur ce dossier. C?est un aveu de faiblesse des dirigeants actuels et anciens par rapport à l?ICAC. Tant mieux pour la démocratie, si majorité et opposition s?entendent sur un sujet aussi crucial que le combat contre la fraude et la corruption.

En ce moment même, le directeur de la commission, Anil Kumar Ujoodha, se trouve à Londres pour une affaire qui a largement contribué à miner la crédibilité de celle-ci. L?ICAC tente d?obtenir devant la «City of Westminster Magistrate Court» l?extradition du principal bénéficiaire présumé du détournement de fonds à la MCB, Teeren Appasamy. C?est une affaire dans laquelle l?ICAC a cafouillé grossièrement au départ et a persévéré dans l?inefficacité malgré le changement de direction intervenu après les législatives. Il lui reste une dernière chance : faire revenir Teeren Appasamy à Maurice. Les auditions à la Cour de Londres se sont terminées hier et le jugement sera attendu avec impatience.

Ensuite, il y a eu la manière dont l?affaire Gunness a été gérée. Elle a donné l?impression qu?il y a une instrumentalisation de la commission afin de régler des comptes politiques. L?affaire a versé dans le loufoque quand les commandos de Prem Raddhoa avaient pris d?assaut le domicile du parlementaire de l?opposition. Il a fallu l?intervention d?un juge de la Cour suprême pour que la police rappelle ses hommes. Cette enquête porte sur un contrat alloué à un fournisseur qui réclamait Rs 300 000 de plus que le soumissionnaire le plus bas.

En revanche, il n?y a pas eu d?empressement pour faire la lumière sur le versement suspect de Rs 150 millions effectué sur le compte d?un agent politique employé à la «Mauritius Telecom». De même, l?enquête sur les pots-de-vin allégués de Rs 50 millions, qui impliquerait le ministre Asraf Dulull, ne progresse pas.

Il y a un comité parlementaire qui est censé veiller sur la bonne marche de la commission mais on a appris hier qu?elle ne s?est pas réunie depuis mars. C?est le point mort total.

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