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Chelsea a du caractère

18 août 2003, 20:00

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Coup d?essai, coup de maître. L?histoire est en marche du côté de Stamford Bridge après les premiers pas réussis du Chelsea version russe en Premier league, après que le club londonien a réalisé la campagne de recrutement la plus onéreuse de toute l?histoire du football anglais (£ 70 millions).

En s?imposant 2-1 face à Liverpool, dimanche à Anfield (deuxième victoire depuis la Seconde Guerre mondiale, après le succès de 1992), Chelsea marque les esprits même si le chemin qui mène vers la gloire est encore très long.

Aux côtés du souriant milliardaire russe Roman Abramovich, le manager Claudio Ranieri sait enfin de quoi son équipe est capable. ?Disputer son premier match de la saison à Anfield, ce n?est jamais facile mais cette victoire est très, très importante car elle nous donne beaucoup de confiance?, déclare le technicien italien.

?Avant l?ouverture du score par Veron, Liverpool a développé un football fantastique durant les 25 premières minutes, chacun jouant à une touche de balle, alors que nous avons commis plusieurs erreurs parce que, pour mes joueurs, tout est nouveau?, explique encore Claudio Ranieri.

?Après le premier but, je pense que Chelsea a cru en la victoire et a montré du très bon football. Après le penalty d?Owen, on a aussi fait preuve de beaucoup de caractère.? Alors, les Blues sont-ils déjà affûtés pour venir piétiner les plates-bandes des monstres que sont Manchester United et Arsenal ?

Il ne faut pas mettre la charrue devant les boeufs et ce premier pas en avant demande confirmation, à en croire l?Italien qui a la chance de diriger Chelsea. ?C?est un super début de saison mais j?ai dit à mes joueurs qu?on doit continuer à travailler dur car nous ne sommes pas encore une véritable équipe. Mais ça va, petit à petit on avance,? poursuit Ranieri, avant d?ajouter sa phrase fétiche : ?quand de nombreux joueurs arrivent, ça prend du temps.?

Quelles sont les forces de ce Chelsea 2003-2004, qui est certainement le groupe le plus médiatisé qui ait posé ses valises à Stamford Bridge ? ?Un caractère fort exprimé par les nouveaux et les anciens joueurs, qui ont joué coeur et âme?, voilà l?argument qui pousse le groupe londonien à se donner à fond, prétend Claudio Ranieri.

Il faut dire qu?il y a une pléthore de talents chez les Blues. C?est justement une facilité que le manager des Blues exploite à bon escient, s?amusant même à brouiller les pistes comme ce dimanche où il a volontairement inversé les postes de Jesper Gronkjaer et de Damien Duff, tout en plaçant Veron juste derrière Gudjohnsen en attaque. Gérard Houllier a dû apprécier la petite surprise?

?Je voulais ?casser? leur milieu de terrain alors j?ai appelé Gronkjaer et Duff pour leur rappeler que c?était moi qui décidais et que je pouvais tout changer ! Mon équipe s?en est bien sortie??

Un but de Veron (25e), consécutif à une glissade de Stephane Henchoz, et un exploit individuel in extremis de Jimmy Floyd Hasselbaink (88e) ont suffi à Chelsea pour gagner à Anfield.

Mais si Liverpool n?a marqué que sur un penalty en deux temps de Michael Owen (79e), les Reds se sont créé des occasions nettes et ont parfois fait douter Chelsea. Ils auraient pu arracher un match nul avec un soupçon de réalisme supplémentaire.

Chelsea sait bien faire tourner le ballon mais a encore quelques lacunes dues à l?inexpérience et au manque de vécu de l?équipe. La première chose serait de trouver un leader.

Pourquoi pas Juan Sebastian Veron ? ?Veron a été formidable dimanche. Il a montré ce qu?il savait faire? , commente Claudio Ranieri. Voilà enfin le milieu de terrain argentin dans son véritable élément.

L?osmose de Chelsea a bien failli être bouleversée par le cas Hasselbaink, à cause des rumeurs faisant état que le buteur néerlandais n?avait plus la confiance de son coach. Mais Jimmy Floyd a fait taire ses détracteurs en marquant un but qui vaut de l?or en entrant comme simple remplaçant face à Liverpool. Du coup, Ranieri affirme qu?il a toujours fait confiance à Hasselbaink et que les journalistes ont inventé cette histoire?

Le gigantesque chantier qu?est Chelsea n?a pas fini de faire la une des journaux et de susciter des commentaires épars mais l?ossature de l?équipe et les rêves qui se dessinent sont séduisants.

Vivement le prochain épisode du feuilleton Chelski, samedi prochain contre Leicester City, à Stamford Bridge.

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