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Chauds débats sur l?heure d?été à l?Assemblée nationale
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Chauds débats sur l?heure d?été à l?Assemblée nationale
«Le député Shakeel Mohamed est dans une phase de super adrénaline. Il a dû avoir un orgasme politique.». Ces propos un rien persifleurs sont de Abu Kasenally, ministre des Services publics. Et le sujet qui sème autant de divergence entre les membres d?un même parti, n?est rien moins que la religion? L?Assemblée nationale s?est transformée hier soir en? plate-forme religieuse lors des débats sur le Time Bill, qui a été voté dans la soirée.
Les commentaires sur une mesure qui vise à faire avancer la pendule d?une heure ont été complètement éclipsés par des discussions surchauffées sur la religion musulmane. A tel point que la députée Nita Deerpalsing s?est demandé à voix haute si «l?on était bien dans un pays séculier ?»
Certaines associations religieuses estiment que le changement d?heure pénalisera les Musulmans à l?heure de la prière. Il s?agit surtout de la permission qu?obtiennent les musulmans de leurs employés, en particulier les vendredis, pour se rendre à la mosquée.
Mais cet aspect des choses n?a pas été évoqué. Les députés Shakeel Mohamed (Parti travailliste) et Sam Lauthan (MMM) ont choisi plutôt de voir dans le Time Bill, une atteinte aux «droits acquis» des Musulmans. A noter que ces deux parlementaires de même que Showkutally Soodhun du MSM se sont hier définis comme des «représentants de la communauté musulmane». Ce à quoi le ministre des Services publics, Abu Kasenally, qui a d?ailleurs présenté le projet, a rétorqué : «Moi aussi je suis un musulman pratiquant», affirmant qu?«au contraire des autres, [il] était raisonnable». Il a aussi insisté sur le fait que «c?est tout à fait faisable si tout le monde y met un peu de bonne volonté».
<B>«Garantie du gouvernement»</B>
Mais les propos échangés hier soir au Parlement non pas toujours été aussi raisonnables. D?un côté (celui des modérés), il y avait le ministre Abu Kasenally, qui pilote le projet d?heure d?été, Paul Bérenger, Arvin Boolell, Joe Lesjongard et dans une moindre mesure Showkutally Soodhun du MSM. De l?autre côté, les députés Shakeel Mohamed du parti Travailliste et Sam Lauthan du MMM.
Shakeel Mohamed a fait une virulente sortie contre le gouvernement en disant «qu?aucun pays n?avait le droit» de mettre en péril les droits acquis de la communauté musulmane et que «nous n?allons pas tolérer cela». Abu Kasenally devait répliquer à l?heure du summing up, qu?il ne «faut pas oublier que nous vivons dans une société multiraciale et que si nous avons des droits, nous avons aussi des responsabilités. Il faut être responsables si nous voulons que les autres respectent nos droits».
Abu Kasenally a été chaudement applaudi contrairement à Shakeel Mohamed, dont le discours a lui été accueilli par un silence qui en disait long sur la réaction des uns et des autres, tous bords politiques confondus. Pour Shakeel Mohamed, une assurance «verbale» du gouvernement selon laquelle les musulmans auront toujours le droit à une permission spéciale pour faire le namaz, n?est pas suffisante. Il dira que «la communauté musulmane a dit qu?elle ne voulait pas de l?heure d?été» mais «nous serons prêts à l?accepter si vous nous donnez la garantie que cela ne va pas compromettre nos droits acquis, que nous aurons toujours la permission de quitter le bureau pour aller à la mosquée.» Et de terminer sur un ton sans réplique : «Nous, les musulmans ne sommes pas des mendiants et nous n?allons pas tolérer cela».
Le ministre Kasenally devait par ailleurs souligner que la question n?était pas de pénaliser les musulmans car «les samedis et les dimanches (alors que les gens ne travaillent pas), les mosquées sont vides». Commentaire qui a déplu à Sam Lauthan qui rétorque que « la question n?est pas là.» Abu Kasenally estime que l?enjeu (économie d?énergie face à la crise du pétrole) était suffisamment important pour justifier cette mesure. Pour lui, rien n?empêche que les musulmans ne puissent continuer à bénéficier des mêmes privilèges. «J?ai l?assurance du Premier ministre et du cabinet là-dessus», précise-t-il.
Le leader de l?opposition était sur la même longueur d?ondes que Kasenally même si lui, prend bien soin d?éviter toute référence à la religion.
A noter que le projet d?heure d?été qui est censé faire économiser l?énergie (quand l?heure avance, les gens utilisent davantage la lumière du jour et donc moins d?électricité) sera mis à l?essai pendant un an. Les autorités pensent que le projet peut faire économiser aux pays 15 megawatts. En 1982 quand le projet a été introduit pour la première fois, 7 megawatts d?électricité avaient été économisées. Mais il a vite été abandonné à cause de pressions «bassement racistes» selon les mots de Paul Bérenger.
Le Time Bill a été voté hier.
PRISE DE BEC
<B>Insultes et accusations</B>
■ Asraf Dulull qui accuse Sam Lauthan; Lauthan qui insulte Dulull... Les invectives volaient très bas lors des débats sur le «Time Bill». Et Abu Kasenally dont le discours est interrompu alors qu?il fait son «summing up», demande au speaker d?ordonner à Lauthan de retirer ses propos. Lauthan refuse d?obtempérer et une prise de bec collective éclate entre députés de la majorité et de l?opposition alors que le speaker suspend la séance pour trente minutes. C?était hier soir à l?Assemblée nationale Le speaker, devant l?intransigeance de Sam Lauthan décide d?aller écouter les enregistrements pour savoir qui a dit quoi exactement. La séance est donc levée mais Dulull et Lauthan s?insultent toujours. Bérenger, debout, observe la scène et se met lui aussi à insulter Nita Deerpalsing et lui demande de «shut up.» «To mo bourzoi twa, pou to donn mwa lord ?» s?énerve cette dernière. Et dans le brouhaha qui s?ensuit, chacun se met à insulter l?autre. Finalement le speaker reviendra après une demi-heure pour s?avouer vaincu; les insultes et accusations étaient faites d?un «sitting position» et donc les micros n?étaient pas ouverts et il n?est pas plus renseigné qu?il y a trente minutes. Dulull acceptera de retirer ses accusations mais Lauthan a déjà quitté l?hémicycle. Le Premier ministre, lui, écoutait de son bureau.
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