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Chaude rentrée

15 janvier 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les Mauriciens n?auront pas eu le temps de se remettre de la période des festivités. Black-out général, hantise créée par le tsunami, conférence des petits Etats insulaires en développement, tension dans certaines cités? La rentrée 2005 est effectivement très chaude. Elle préfigure une année qui, à tous les plans, est déterminante pour le pays.

Outre les élections législatives, les rendez-vous sont multiples. Les défis aussi. Un contexte qui enthousiasme les marchands de bonheur. Ici, on annonce des catastrophes. Là, on vend les illusions comme certains vendent des produits pour maigrir. Mais, au fond, subsiste un sentiment de peur. Peur que les alarmistes ne finissent par avoir raison. L?ordre public est menacé. Les trafiquants de drogue, soutenus par un réseau de complices, sont capables de tenir le pays en otage. Des politiques sont assez calculateurs et inconscients pour être tentés d?en tirer un capital quelconque. Des pseudo-chefs et autres pyromanes profitent de cette instabilité relative pour développer, en jouant sur une sensation d?insécurité, un discours qui barricade les gens dans leur fantasme ethnique. Certains ambitieux ont effectivement tout à gagner en provoquant un repli sur soi de chaque groupe ethnique ou, pis encore, en dressant les uns contre les autres. Chez les politiques, on joue toujours sur cette corde raide en pensant que les citoyens ne franchiront pas la ligne menant au drame. C?est un jeu dangereux car on ne peut savoir où se situe la frontière entre les calculs politico-électoraux et les risques de dérives.

Des dérives, il y en a eu autour de la Réuinon des petits Etats insulaires. D?une catégorie de citoyens qui s?est, une nouvelle fois, signalée par son sarcasme à une classe politique qui a fait soit dans la démesure ou dans la petitesse d?esprit. Notre insularité ne nous condamne pas pour autant à pratiquer la myopie intellectuelle. Vain est, en ce sens, tout ce débat autour du coût de cette conférence. Il y a des choses qu?on ne changera jamais. Il y a des pratiques qui ne cesseront pas. Enfin si nos débats publics doivent se résumer au prix des berlines, il y a de quoi s?inquiéter. Certes, en temps de crise et à un moment où on appelle au sacrifice et à la rigueur, il est, de plus, grossier de dépenser des sommes faramineuses sur de belles mécaniques. Mais croire que les choses auraient été différentes avec d?autres acteurs, c?est faire preuve de la plus grande candeur.

C?est justement prendre les gens pour de grands naïfs que d?essayer de leur faire croire que c?est une situation de manque de drogue qui a été la cause de tension dans certaines localités. Les toxicomanes, les travailleurs sociaux sur le terrain et même les agents de l?ordre ont insisté sur le fait qu?il n?y avait aucune pénurie de drogue dans le pays. C?est peut-être la seule chose qui ne manque pas dans ce pays ! L?Etat se doit, une bonne fois pour toutes, d?assumer sa responsabilité dans cette affaire. L?équation simpliste qui consiste à laisser la répression à la police et la prévention et la réhabilitation aux ONG n?a pas fonctionné jusqu?ici. Il nous faut une nouvelle traque contre la mafia de la drogue. Une volonté politique qui ne s?embarrassera pas de possibles prix électoraux à payer. Aussi longtemps qu?on procédera à un traitement panadol, on sera confronté à la colère et à l?in- compréhension de la population. C?est ce qui amène certains à être tentés de prendre la loi entre leurs mains.

Pour que cette rentrée chaude ne se décline pas en une tension permanente, il faudrait envoyer d?importants signaux. Dès maintenant, avant qu?il ne soit trop tard?

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