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Chan Supermarket ferme boutique

25 octobre 2008, 00:00

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Le supermarché plus connu des Port-Louisiens comme Chez Chan, ferme ses portes à la fin du mois. La direction explique son choix en invoquant la rude concurrence qui règne dans le secteur. Le propriétaire explique qu?il en avait déjà informé sa dizaine d?employés pour qu?ils trouver un autre emploi.

Chan Supermarket, sis à la rue Mère-Barthélémy, existe depuis quelque 80 ans. «Cela n?a pas été facile de fermer nos portes après tant d?années, ajoute Roger Chan, d?une voix teintée de tristesse, mais les grandes surfaces ont de plus en plus fragilisé notre situation financière sans compter qu?il n?y a pas de relève. Ensuite, je suis tellement fatigué et il est temps de prendre ma retraite.»

Il sait, dit-il, que les Portlouisiens vont accueillir la fermeture du supermarché avec un «pincement au c?ur». «Beaucoup de nos clients, qui viennent à la messe du dimanche, ont l?habitude de s?approvisionner chez nous mais je n?ai pas d?autre choix?»

C?est une partie du folklore de Port-Louis, et particulièrement pour les citadins du Ward IV, qui va disparaître. Xavier Barbe, le coiffeur du coin, se souvient : «En 1953, ce n?était qu?une petite boutique en bois qui est devenu, au fur et à mesure, un supermarché de quatre étages.» «J?ai l?intention de le louer mais pour le moment je ne sais pas avec qui», confie Roger Chan.

La Shop Owners Association (SOA), qui regroupe les propriétaires des boutiques et des supermarchés de l?île, se dit très concernée par la fermeture de Chan Supermarket. «Ce n?est pas le premier supermarché qui ferme à cause de la concurrence. Ces trois derniers années, environ 10 % de nos 4 000 membres ont dû abandonner le métier pour diverses raisons, explique le président, Santosh Ramnauth.

De nombreux boutiquiers sont revenus au fameux «karne rasyon» pour attirer leur clientèle. «Mais plusieurs ont fait savoir que puisque 50 % de leurs clients ont cette carte, ils manquent de liquidités pour s?approvisionner convenablement auprès de leurs fournisseurs.»

Il y en a qui confient leurs boutiques à leurs épouses afin d?aller travailler ailleurs pour pouvoir joindre les deux bouts. D?autres transforment la moitié de leur boutique en magasin de vêtements ou en quincaillerie.

Selon Santosh Ramanuth, l?heure d?été risque de fragiliser davantage leur situation. «Nous savons que dans les régions rurales, les gens aiment faire des emplettes tard dans l?après-midi après une journée de travail. Or, les boutiquiers vont faire des pertes énormes s?ils doivent fermer à 19 heures.»

La SOA demande donc l?autorisation pour que les boutiques puissent opérer jusqu?à 20 heures. Au cas contraire, affirme Santosh Ramnauth, tous les clients des boutiquiers vont se ruer vers les hypermarchés du coin. «Cela risque d?affecter encore plus les boutiquiers dont au moins 25 % se trouvent déjà dans une situation très précaire.»

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