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?C?est l?état qui bénéficiera de plus de 50 % des mesures d?accompagnement?
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?C?est l?état qui bénéficiera de plus de 50 % des mesures d?accompagnement?
● <B>Dans quelle mesure la politique énergétique est une des principales sources de désaccord entre la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) et le gouvernement ? </B>
Il faut d?abord comprendre que l?énergie a un rôle vital dans la réforme de l?industrie sucrière. Face à la baisse de 36 % sur les recettes de vente de sucre à partir de 2009, nous devons réinventer notre industrie. La réforme vise avant tout à transformer l?industrie sucrière en un cluster canne à sucre et à développer des flexi-factories qui produiraient, en sus du sucre roux, du sucre raffiné, de l?éthanol et de l?électricité. Sans production d?énergie additionnelle, les raffineries et les distilleries ne pourront opérer et le concept même de la flexi-factory ne pourra être mis en ?uvre.
● <B>La génération d?énergie électrique est donc cruciale pour le plan de réforme. </B>
Oui. Cela avait été clairement agréé et énoncé dans la Multi Annual Adaptation Strategy entérinée par le gouvernement et soumise à l?Union européenne. Par contre, l?Outline of Energy Policy, récemment publiée, ne permet plus d?exploiter au maximum l?utilisation de la bagasse pour la génération d?électricité. Ne pas soutenir l?activité ?énergie? de la réforme de l?industrie, ce serait en quelque sorte signer la fin de la réforme et réduire le secteur tout entier à demeurer un producteur de sucre roux à faible valeur ajoutée. Cette option n?est pas commercialement viable à moyen terme.
Ne pas soutenir l?activité ?énergie? de la réforme de l?industrie, ce serait en quelque sorte signer la fin de la réforme.
● <B>Quelle orientation donner à la politique énergétique vu vos divergences avec le gouvernement sur le document soumis à l?Union européenne (UE)? </B>
Pour que la réforme se fasse, l?industrie sucrière et le pays n?ont pas le choix. Nous devons absolument arriver à une situation où l?utilisation de la bagasse pour la production d?électricité est optimisée, contrairement à l?Outline of Energy Policy dans laquelle la participation de notre secteur est limitée à des petites centrales bagasse/charbon de 15 à 22 mégawatts (MW). Cela voudrait dire un plus grand investissement par MW, et donc une électricité plus chère et moins compétitive par rapport aux plus grosses centrales. On ne peut pas restreindre les capacités de production, ce qui forcément ne permet pas d?optimiser les investissements, et en même temps demander d?être aussi compétitifs que d?autres producteurs qui eux n?ont pas cette contrainte.
● <B> A quel consensus va-t-on arriver sur la question des 1 500 à 2 000 arpents que le gouvernement souhaite obtenir pour des projets d?intégration sociale et sur l?insistance du gouvernement pour la démocratisation de l?économie ? </B>
Soyons clairs sur la question. La question de terres n?a rien à voir avec la réforme de l?industrie et il n?y a aucune logique de relier l?une à l?autre. Tous les arguments mis en avant, jusqu?ici, ne tiennent pas la route.
● <B> Mais il est dit que le ?Corporate sector? sera le plus grand bénéficiaire des mesures d?accompagnement ? </B>
Cela n?est pas exact. Rappelons d?abord que ce sont les producteurs qui sont les plus affectés par la baisse du prix du sucre, et c?est pour leur permettre de se restructurer que les mesures d?accompagnement ont été mises en place. Seulement 30 % des mesures d?accompagnement venant de l?UE ?transiteront? vers les ?corporate producers? et seront entièrement destinées à faire face à 75 % des plans sociaux de la réforme. Les employés en seront donc les principaux bénéficiaires. Par contre, c?est bien l?État qui compte se réserver la part de ces mesures d?accompagnement, soit plus de 50 %.
● <B> Il est aussi dit que c?est le ?Corporate sector? qui a le plus bénéficié du lobbying politique effectué depuis la mise en place du protocole sucre et qu?il est donc normal qu?il retourne l?ascenseur à l?État. </B>
Dans le passé, le prix politique du sucre a maintes fois été évoqué pour justifier de nombreuses impositions au secteur sucrier, telles que la taxe de sortie, les lois du travail, le partage du sucre et tant d?autres. Il est surprenant que ce soit ce même argument qui revienne encore sur le tapis à un moment où ce même prix va baisser de 36 % pour justifier une nouvelle ponction vis-à-vis du secteur. N?oublions pas aussi que le secteur privé a, en partenariat avec le gouvernement, largement contribué à l?obtention et au maintien de ce prix à travers ses institutions, bureaux et représentants à l?étranger.
Par ailleurs, n?est-ce pas le rôle de tout gouvernement de faciliter l?essor de tout secteur industriel ? Selon cette même logique, faudra-t-il que le secteur touristique paye aussi bientôt pour la promotion faite à l?étranger par le gouvernement, et que les secteurs financier et offshore payent pour l?énergie et le temps dépensé à la promotion et à la défense de leurs activités par plusieurs gouvernements ?
● <B> La MSPA est-elle donc insensible aux besoins du gouvernement en terres pour assurer le développement social du pays ? </B>
L?industrie sucrière a toujours été à l?avant-plan du développement social du pays et elle a toujours, dans le cadre d?un dialogue raisonnable avec l?État, répondu présente aux besoins sociaux du pays. Notre position n?a pas changé là-dessus mais cela n?a rien à voir avec la réforme sucrière. Nous avons été et nous sommes toujours ouverts au dialogue sur la question dans le but de trouver des win-win solutions dans un partenariat responsable à l?intérieur de paramètres définis et d?une stratégie globale.
<B> Si la réforme ne se réalise pas, quelles seront les conséquences pour Maurice ? </B>
C?est simple : il est fort probable que l?industrie sucrière ne survivra pas avec les conséquences que cela aura, non seulement sur les usiniers/planteurs, mais aussi sur les petits planteurs, les employés et tous les autres partenaires de ce secteur. Ce sera tout un pan de notre économie qui sera ébranlé.
D?autre part, il ne faut pas oublier le rôle multifonctionnel de la canne à sucre dans le paysage mauricien : la rentrée de devises, la protection de l?environnement, le développement rural, etc. Les répercussions dépasseront le cadre de l?industrie sucrière et pourraient toucher aussi d?autres secteurs économiques.
● <B> Où en est-on avec les projets de centralisation ? </B>
Les projets de centralisation ont pris du retard alors que notre secteur fait une course contre la montre. St.-Félix, bien que n?opérant pas depuis 2005, est techniquement opérationnel puisque les employés sont toujours payés. Riche-en-Eau, Mon-Trésor Mon-Désert et Mon-Loisir ont soumis leurs demandes mais leur fermeture dépend, en grande partie, des résultats des négociations en cours. Il est urgent que les projets de centralisation se concrétisent car nous avons une échéance en 2009. Plus le temps passe, plus nos compétiteurs s?organisent, plus la réforme est en péril.
● <B> Quelles sont vos attentes du budget 2007-2008 ? </B>
Notre priorité est d?assurer la viabilité commerciale de notre secteur dans les nouvelles conditions économiques, caractérisées par l?abolition des quotas et un marché plus libre. Nous souhaitons donc que le budget contienne des mesures permettant la concrétisation de la réforme dans les délais voulus.
Propos recueillis par <B> Alain BARBÉ</B>
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