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C?est le sauve qui peut !

3 mai 2007, 00:00

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Amina Gooljar, habitante de Rivière- des-Galets, n?arrive pas à fermer les yeux quand l?hiver approche et quand la météo annonce le mauvais temps. Et pour cause, la vie de ses enfants et de ses petits-enfants est souvent bouleversée lorsqu?il y a un raz-de-marée et lorsque la mer est houleuse.

?Les vagues traversent les gabions censés nous protéger et envahissent notre maison. Nos meubles sont abîmés. Nos enfants ont peur. C?est la panique générale?, raconte Amina.

Jean-Marie, le voisin d?Amina, n?est pas non plus épargné. Ce père de deux enfants en bas âge doit aller chercher refuge chez ses beaux-parents quand la mer se déchaîne.

?Enn kout la mer monte. Ou pas kone ki pou fer??, témoigne-t-il.

Las de solliciter les autorités pour trouver une solution, Jean-Marie a fini par puiser dans ses économies pour construire, à ses frais, un mur pour parer à toute éventualité. ?Même si cela m?a coûté un peu d?argent.?

Le raz-de-marée, les caprices de la mer ne sont pas sans conséquences pour ces familles. L?eau de mer, qui charrie sur son passage du goémon et d?autres déchets, stagne dans leur cour. ?On voit toutes sortes de petites bêtes, des mouches et puis, il y a l?odeur fétide qui s?en dégage. Les enfants ne peuvent pas jouer; ils doivent rester à l?intérieur.?

Comme dans d?autres parties du littoral, la plage de Rivière-des- Galets n?est pas épargnée par les déprédations d?irresponsables, qui ont la fâcheuse habitude de jeter leurs ordures un peu partout. Cette situation n?est pas pour arranger les choses pour ces familles qui vivent déjà un calvaire, surtout en période cyclonique. Dès que le vent commence à souffler violemment, les ordures, emmenées par les vagues, traversent les gabions et viennent s?entasser dans nos cours.

Selon Jean-Claude Mangue, travailleur social dans cette localité, l?érosion qui affecte cette région, constitue une grave menace pour notre écosystème. ?Anil Bachoo, ministre de l?Environnement qui est déjà venu pour un constat doit impérativement demander une expertise technique pour connaître les dégâts causés à notre environnement?, suggère-t-il.

Obscurité totale

Stellio Bhawanee, engagé lui aussi dans le social, est du même avis. ?Nous ne pouvons rien faire à notre niveau. Il faut que l?Etat, les organisations non- gouvernementales activent les choses pour empêcher la dégradation environnementale afin d?éviter une catastrophe naturelle dans cette zone?.

Habitué à être bercé par les vagues depuis sa plus tendre enfance, Jean-Claude Monro regrette que les appels lancés aux autorités pour trouver une solution, restent sans réponse. ?Nou pa souhaite person viv seki nou passe sak fois ki ena move tan?.

Outre ce problème d?érosion, les habitants sont encore plus inquiets lorsqu?ils parlent de l?insécurité qui règne dans cette localité, faute de points de lumière. ?Le soir, c?est l?obscurité totale. Les gens ont peur de sortir la nuit. Les lampadaires sont hors d?usage depuis un mois?, constate Stellio.

Rivière-des-Galets est une localité où habitent bon nombre de laboureurs. Comme leur métier exige qu?ils se réveillent de bonne heure, ces travailleurs se trouvent souvent face à une meute de chiens errants sur le trottoir. Les marchands de pains ne sont pas épargnés. Ils ont à gérer ce problème canin avant même de commencer leur tournée.

Poteegadoo Atmalallman, connu sous le sobriquet de Sadian, pense qu?il faut régler au plus vite cette absence de lumière et éliminer ce problème de chiens errants qui empoisonne leur existence le jour comme la nuit.

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