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?C?est faux de croire que les Mauriciens ne lisent pas?

4 septembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● <B>Vous participez actuellement au ?Book Fair? des éditions de l?océan Indien (EOI). Êtes-vous un habitué de ce type d?événement ? </B>

(Sourire) Je suis même à moitié Mauricien, c?est juste que ne je parle pas le créole. Je viens à Maurice deux à trois l?an depuis ces 25 dernières années. Cela fait huit ans maintenant que je participe à des foires du livre. D?habitude, elles se tiennent au centre Indira Gandhi à Phoenix, c?est la première fois que nous sommes présents dans un centre commercial.

● <B>Qui sont les membres de la Federation of Indian Publishers (FIB) ? </B>

La FIB regroupe plus d?un millier d?éditeurs de toute l?Inde. La grande Péninsule compte 25 états, chacun ayant sa propre langue et ses éditeurs. Parmi nos membres, il y a aussi une vingtaine d?associations d?éditeurs regroupés par état.

● <B>Quel est l?intérêt que représente pour vous le marché mauricien ? Est-ce une plate-forme vers le continent africain ? </B>

Quand nous sommes arrivés ici, nous pensions que le marché local était restreint et que Maurice serait un tremplin pour l?Afrique. Mais c?est une erreur de croire que le marché mauricien est petit. Les universités locales utilisent des livres indiens.

Le grand public peut s?offrir des ouvrages sur des sujets santé par exemple, parce qu?ils sont made in India et de ce fait, sont moins chers. When we sell at Indian prices, people here find it very cheap.

Pour ce qui est d?aller en Afrique, figurez-vous que récemment des Mauriciens se sont lancés dans l?exportation de nos publications vers l?Afrique du Sud. Par exemple, il y a une grosse population qui parle français au Cap. Le dictionnaire trilingue est adapté aux marchés mauricien et sud-africain. Nous envisageons par ailleurs d?aller vers le Ghana, le Kenya et l?Ouganda où s?est établie une diaspora indienne.

● <B>Pourquoi les livres imprimés en Inde sont-ils moins chers ? </B>

D?abord et avant tout grâce à la main-d??uvre bon marché.

● <B>Vous avez aussi publié des auteurs mauriciens?</B>

En effet. Ce sont des auteurs qui ne trouvent pas d?éditeurs parce qu?ils écrivent dans une langue orientale. Jusqu?à l?heure, ma société, Star Publications (PVT) Limited a publié une centaine de titres d?auteurs mauriciens, que ce soit en hindi, en anglais, en arabe et un ou deux ouvrages en français.

?Jusqu?à l?heure, ma société, Star Publications (PVT) Limited a publié une centaine de titres d?auteurs mauriciens, que ce soit en hindi, en anglais, en arabe et un ou deux ouvrages en français.?

● <B>Citez-nous des exemples ? </B>

De mémoire je pense à Uday Narayan Gangoo, directeur de l?Arya Samaj, à Munishwar Chintamani, ancien chef de département au Mahatma Gandhi Institute ou au recueil de poésie Ujale Ka Andhera de Raj Heeramun. Nous avons également publié des ouvrages pour le compte de l?Association of Hindi Writers, des livres scolaires pour le Hindi Prarachini Sabha, ainsi qu?un roman en anglais signé Balkaransingh Ramdenee.

Plus récemment, dans le cadre de notre collaboration avec les EOI, nous avons publié une série de dictionnaires trilingues illustrés pour enfants. Des dictionnaires en anglais ? français et une langue orientale (tamoul, télégou, marathi?) pour le marché mauricien.

● <B>Cela fera bientôt dix ans depuis que vous voyez défiler le lecteur mauricien. Ses goûts ont-ils évolué ? </B>

Quand je repense aux premières foires du livre où nous étions représentés, au centre Indira Gandhi à Phoenix, les gens cherchaient la nouveauté. Ils voulaient ce que l?on ne trouve pas dans les librairies traditionnelles. Au fil des ans, nous avons suivi la tendance en introduisant des outils multimédias. Vers les années1998 ? 99, le grand public ne connaissait pas les livres audios (talking books), notamment ceux qui permettent d?apprendre une langue à partir d?une autre langue.

Sans trop m?avancer, je peux aussi dire que nous avons introduit les auteurs indiens sur le marché. Avant cela, le public local lisait les classiques de Shakespeare. Nous avons emmené Vikram Seth par exemple. Nous avons aussi mis des ouvrages sur l?informatique à la portée des lecteurs. Pour ce qui est des enfants qui ne lisaient que les contes de fées traditionnels, ils ont pu découvrir des histoires indiennes ou même la mythologie à travers la bande dessinée.

● <B>Qu?est-ce que vous avez emmené cette année ? </B>

Il y avait environ 200 exemplaires d?ouvrages de Robin Sharma et de Deepak Chopra, guru du management qui vient bientôt à Maurice. Au quatrième jour de foire, il ne reste plus qu?un seul exemplaire.

● <B>Une récente analyse constate que le Mauricien ne lit même pas un livre en entier en une année?</B>

Je ne partage pas du tout ce point de vue. Au début de la foire ( NdlR : samedi, dimanche et lundi férié), j?ai vu des gens faire la queue pour faire le tour des stands.

● <B>Achètent-ils des manuels scolaires ou est-ce de la lecture plaisir ? </B>

Les deux. Les consommateurs sont conscients de ce qu?ils achètent. Je classe les acheteurs dans trois catégories. D?abord ceux qui viennent en sachant ce qu?ils veulent. Et puis ceux qui viennent avec des enfants, un proche et qui sont forcés d?acheter et puis il y a ceux qui passent par hasard, viennent jeter un coup et repartent avec un livre. Je crois que la majorité des visiteurs appartiennent à la première catégorie.

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