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Cessons de tourner autour du pot

31 mai 2007, 00:00

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<B>Par Neeta PERSAND</B>

Cessons de tourner autour du pot, cessons de trouver à chaque fois des boucs émissaires, cessons de dire “pas moi sa li sa”, cessons de faire croire que le sort du badminton ne peut s’améliorer qu’avec l’apport d’un entraîneur étranger. Osons, plutôt, accepter l’évidence que cette discipline, qui faisait autrefois honneur au pays, se trouve aujourd’hui au fond du gouffre et qu’il est grand temps de trouver des solutions.

La performance médiocre des nôtres aux Internationaux de Maurice et plus précisément aux Championnats d’Afrique, devrait interpeller les dirigeants de l’Association mauricienne de badminton et les pousser à réfléchir sur les moyens qui pourraient aider à relancer cette discipline.

Les Seychelles, qui subissaient, autrefois, la loi des raquettes mauriciennes, sont devenus champions d’Afrique.

Les Dallons ne sont pas passés par la petite porte. Ils ont eu le mérite de battre en finale par équipes l’Afrique du Sud. Chose que Maurice n’est jamais parvenue à faire de toute son histoire. Elle a peut-être été championne d’Afrique. Mais en l’absence du Nigeria et de l’Afrique du Sud.

Pire, la Zambie, qui était à la traîne derrière Maurice, se positionne, aujourd’hui, comme un adversaire potentiel, même pour les meilleures nations du badminton africain. Le Zambien Eli Mambwe, qui évolue au centre de haut niveau de Saarbrucken depuis juin de l’année dernière, est, d’ailleurs, vice-champion d’Afrique.

C’est pour vous dire que ces pays n’ont pas chômé. Alors que les dirigeants mauriciens se tiraient dans les pattes pour défendre leurs intérêts personnels, négligeant les principaux acteurs de la discipline – les joueurs –, les autres pays de la région, eux, travaillaient dur pour rattraper l’avance prise par les joueurs mauriciens. Cette situation nous fait penser à l’histoire de la cigale et de la fourmi !

Aujourd’hui, la sélection se résume à une poignée de joueurs dont certains ont atteint l’âge de la retraite. Faute de concurrents, ils ont toujours leur place parmi l’élite.

Le badminton mauricien est arrivé à la croisée des chemins. Il n’y a pas de solution miracle pour relancer la machine. Il faudrait remettre les compteurs à zéro. C’est-à-dire commencer par la détection des talents.

N’en déplaise au président de l’Association mauricienne de badminton (AMB), Ravin Sandrasagren, nous n’avons pas besoin d’un DTN pour cela. Nous avons suffisamment d’entraîneurs qualifiés pour accomplir ce travail. D’ailleurs, Maurice a accueilli, en l’espace de dix mois, deux stages de haut niveau. Le premier sous l’égide de la Solidarité olympique et l’autre organisé par la Confédération africaine de badminton (CAB). Donnons donc l’occasion à ceux qui ont bénéficié de ces deux stages de mettre en pratique ce qu’ils ont appris.

N’ayons surtout pas peur de tout remettre en cause et de recommencer à zéro. Les résultats suivront si les étapes sont respectées. Ce n’est qu’après avoir constitué un réservoir de jeunes talents qu’on pourrait, éventuellement, songer à recruter un entraîneur étranger.

D’ailleurs, c’était le cas en 1989 quand le Malaisien Venu Gopal fut recruté pour diriger les entraînements nationaux. Le potentiel existait déjà avec des joueurs tels que Martine de Souza, Eddy Clarisse, Abeenesh Dussain, Jean-Michel Duvergé, Gilles Allet ou encore Stéphane Beeharry. La tâche du Malaisien était, donc, beaucoup plus facile car il avait une équipe qu’il pouvait façonner à sa manière. Les résultats ont suivi.

Osons donc mettre nos différends de côté, pour permettre à cette discipline de respirer à nouveau et, surtout, de retrouver ses lettres de noblesses. Sans la volonté des dirigeants de l’AMB, rien ne sera possible. Espérons que ces messieurs, qui ont été élus pour servir le badminton, le comprendront un jour…

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