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Ces séquelles qui perturbent le quotidien?
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Ces séquelles qui perturbent le quotidien?
par Jane L. O?NEILL
Le virus du chikungunya régresse mais les séquelles sont là pour plusieurs mois encore. Le rythme de vie des malades freine brusquement avec les inconvénients liés aux fortes douleurs articulaires et aux enflures. Si pour les plus âgés, les séquelles laissent des traces importantes, fragilisant le patient, les plus jeunes peuvent se remettre au bout de six mois. Dans quelques rares cas, les douleurs sporadiques durent plus d?une année.
C?est ainsi que la sexagénaire, Thérèse Gautray, d?habitude très dynamique, se voit aujourd?hui clouée au lit. «Deux semaines après cette maladie, je souffre toujours le martyre. Mes enflures aux chevilles me paralysent. Finies les emplettes, les balades et les tournées au marché. Comme mes enfants sont à l?étranger, je suis seule et depuis que je suis atteinte par le chikungunya, je suis devenue très dépendante des autres. Cela m?embête beaucoup», dit-elle. Elle en veut énormément à ce moustique qui l?a piquée alors qu?elle visitait sa cousine atteinte du chikungunya à Ste-Croix. Une semaine après, sa vie a basculé et elle pense que «la reprise sera laborieuse à son âge». Elle évite de sortir d?autant que ce sera pénible pour elle de prendre les escaliers pour rentrer.
«Mo senti moi fatigue»
Mandy n?a pas eu plus de chance. Cette employée de ménage à la Croix-Rouge a dû traîner une grosse enflure, pendant plus d?un mois et demi après la maladie. Sauf que contrairement à Thérèse, il n?y a pas que les chevilles qui la perturbent. «Mo gagne move duler, la nui le jour dan mo epol, dan mo poigne. Mo pa kapav ouver enn bouson, pass di beur dan mo dipin, fer mo travay bien. Se enn move kosmar», affirme-t-elle. C?est en marchant très difficilement qu?elle se dirige vers l?arrêt d?autobus pour rentrer chez elle après le travail. Elle patiente pour avoir le bus en se plai-gnant de douleurs. Mais comme elle doit bien gagner sa vie, elle finit par se résigner: «Dépi mo gagne chikungunya, mo senti fatige bien plu souvan.»
D?ailleurs, le Dr Sandy Busunt, une Mauricienne qui travaille comme médecin généraliste à St-André, à l?île de la Réunion, cite, parmi tant d?autres facteurs la fatigue comme une des séquelles de la maladie du chikungunya.
«Quelques jours après la maladie, le patient peut éprouver une grande fatigue. Celle-ci peut persister pendant au moins trois semaines», dit-elle. Elle évoque d?autres inconvénients liés au chikungunya, comme une pigmentation de la peau qui provoque des taches noires sur le nez et le visage. Dr Busunt précise que les femmes sont les plus prédisposées à cette pigmentation. Elle se veut rassurante car, selon elle, ces taches disparaissent au bout de deux semaines et souvent sans traitement.
Son confrère mauricien, Dr Farhad Peerally, confirme les mêmes séquelles chez les patients mauriciens. Ce dernier ajoute également que la polyarthrite (rhumatisme atteignant plusieurs articulations) reste une des conséquences importantes pour les sujets atteints du chikungunya. (Voir hors-texte). Dr Peerally évoque d?autres séquelles tels une amertume à la bouche, un état dépressif pour des sujets prédisposés, et des courbatures importantes dans tout le corps.
Aucune séquelle chez les enfants
Cependant, les plus petits sont heureusement épargnés. C?est ainsi que le pédiatre, Dr Oogarah Krishnaduth, indique que les enfants n?ont eu aucune séquelle. Ils ont récupéré très vite. Plus ils sont jeunes, plus ils sont résistants. «Mes confrères et moi avons fait la même observation. Le chikungunya ne laisse pas de traces chez les enfants.» Si Gaëlle, 10 ans et résidant à Port-Louis, ne marchait pas pendant sa maladie, aujourd?hui elle est une des plus actives dans la cour de récréation. «Je n?ai aucun problème. C?est comme avant.» Son aîné, Michaël, 17 ans, ne peut se vanter du même exploit. «Trois mois après la maladie, jouer au foot est une réelle difficulté pour moi.» Ses genoux lui font terriblement mal.
Pour soulager les douleurs, les médecins ont recours aux anti-inflammatoires. Dr Imran Abdool, naturopathe, vante les vertus des tisanes pour soulager la polyarthrite. (Voir hors-texte). Une généraliste pratiquant dans le nord du pays penche aussi sur des moyens naturels pour soulager ces douleurs. Farhad Peerally encourage, lui, au bout de trois semaines de douleurs, de dimi- nuer la prise de médicaments.
Si l?hiver apporte un répit dans la propagation de la maladie, les douleurs sont cependant moins tolérables pendant cette saison. En attendant de voir la lumière au bout du tunnel, les patients doivent vraiment prendre leur douleur en patience?
Deux tisanes pour venir à bout de la polyarthrite
Deux tisanes peuvent venir à bout de la polyarthrite associée au virus du chikungunya. Imran Abdool, naturopathe qualifié en Grande-Bretagne et directeur d?Elixir Herbals, compagnie importatrice des extraits de plantes utilisés pour fabriquer des remèdes appropriés, les a testées. Et elles ont des effets bénéfiques.
La séquelle principale du chikungunya est la polyarthrite. Ses symptômes sont des douleurs régulières au niveau des articulations. La phase la plus douloureuse est observée après que les membres ont été au repos durant une longue période, soit le matin au réveil ou après une sieste. Ces douleurs résultent du choc entre les os à l?issue de la destruction du cartilage qui prémunit habituellement contre d?une telle friction.
Les praticiens ne sont pas d?accord sur sa cause. Beaucoup pensent que le système immunitaire qui sévit contre des microbes logés dans les articulations les détruit, tout en endommageant les cartilages situés entre les os. Le diagnostic de la polyarthrite se confirme par des bilans sanguins. Sa forme la plus virulente est une déformation osseuse, pouvant être réversible si elle est traitée par des tisanes dans les trois à quatre mois suivant ladite déformation. Si la déformation date de plusieurs années, les élixirs ne feront qu?éliminer les douleurs qui y sont associées.
Imran Abdool a traité plus d?une vingtaine de personnes ayant eu le chikungunya et dont les douleurs articulaires persistaient plusieurs semaines ou mois après l?infection. Il l?a fait avec deux élixirs. Ces deux élixirs doivent être pris au quotidien. «Les premiers effets bénéfiques de ce traitement naturel se font ressentir cinq à sept jours après le début de la prise, à condition qu?il n?y ait pas eu d?utilisation de cortisone», prévient Imran Abdool. En cas d?utilisation antérieure de cortisone, il faut attendre une quinzaine de jours pour obtenir une amélioration. «La majorité des cas que j?ai traités ont été rétablis un mois après le début du traitement.
Il n?y a pas eu d?amélioration totale que dans deux cas car ces patients se fatiguaient trop durant le traitement», affirme ce naturopathe.
Il est bon de noter qu?il y a des aliments qui doivent être évités en cas de polyarthrite. Ils sont notamment le piment, le haricot vert, l?aubergine, le cresson, la banane, le yaourt, les conserves. Les viandes rouges et les poissons à chair rouge comme le thon rouge et le saumon, les poissons et viandes congelés, les fruits de mer, le «monosodium glutamate», la margarine sont aussi à proscrire. Par contre, certains aliments calment les douleurs de la polyarthrite. Ils sont l?ail cru à consommer à raison d?une gousse deux à trois fois par jour, le poisson frais à être mangé deux à trois fois la semaine, l?huile d?olive sous forme d?une cuiller à bouche au quotidien et des bâtons «mouroum» deux à trois fois par semaine.
L?absentéisme plus aigu dans le tourisme
Si la Mauritius Employers Federation (MEF) n?a pas chiffré avec exactitude les absences liées au chikungunya, elle estime que c?est le secteur touristique qui a le plus souffert de cette maladie. Pradeep Dusun, «employers advisor», à la MEF affirme :
«Comme les hôtels sont très «labour-intensive», les absences dues à cette maladie, ont beaucoup affecté le secteur. Dans un des hôtels, il y a eu pendant une certaine période au moins 30% du personnel atteint du chikungunya, résultant en un taux d?absentéisme correspondant. Dans les autres cas, le taux d?absentéisme a tourné autour de 8 % à 10 %.» Dans les secteurs, tels que le textile et les bureaux des compagnies privées de la capitale, il n?y pas eu d?absences prolongées.
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