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Ces rêves pas si réalisables

6 avril 2008, 00:00

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Éoliennes, bagasse, station hydroélectrique, mise sur le marché d?ampoules économiques, ou encore création d?un Eco-Parc. Parmi ces propo-sitions, il y a quelques nouveaux projets, certes, mais il s?agit surtout d?une « remise à jour » pour bon nombre d?entre eux. Les-dits projets existent, en effet de-puis les années 80, et ils au-raient déjà pu être opérationnels. « Il y a des choses qui au-raient dû et qui auraient pu se faire depuis longtemps. Certaines études datent des années 80. À l?université de Maurice, il y a eu une conférence nationale et on avait déjà constaté, à l?époque, que le potentiel des énergies renouvelables à Maurice était immense et on savait aussi comment l?utiliser », indique Khalil Elahee, chercheur en gestion d?énergie à l?université de Maurice.

Si certaines de ces ressources sont toutefois exploitées, elles le sont à petite échelle. Tel est le cas de la bagasse. « La bagasse représente 16 % de notre énergie électrique, et l?hydroélectrique représente 4 % », souligne Abu Kasenally, le minis-tre des Services publics. « Nous avons pour projet d?améliorer ces dispositifs et de les rendre plus rentables. Nous voulons installer un parc éolien, inciter les Mauriciens à investir dans les chauffe-eau solaires, mais aussi rentabiliser l?utilisation de la bagasse », ajoute-t-il.

Ressources présentes, volonté inexistante</B>

En effet, l?objectif est de continuer à utiliser la même quantité de bagasse, mais d?en extraire une plus grande capacité d?énergie. Actuellement, on en tire 440 GHw (correspondant à 16 % de la fourniture énergétique) et on veut atteindre les 610 GHw. Cependant, il est difficile de définir à l?avance quelle en sera la capacité énergétique, puisque le critère principal, la demande, est fluctuant. Pour ce faire, les industries sucri-ères devront augmenter la pression des chaudières. Une proposition faite par le gouvernement et actuellement étudiée par ces industries. Quoi qu?il en soit, le projet est en attente.

Autre initiative : la création d?un parc éolien. « Nous allons faire un appel d?offres dans les semaines à venir pour introduire l?énergie éolienne à Maurice », souligne Shavan Dabeedin, ingénieur principal au CEB. Loin d?être une première, l?investissement dans les éoliennes comme source d?énergie a été proposé et en partie construit à Grand-Bassin, dans les années 80. Mais le projet a fait chou blanc, car les structures, encore trop fragiles, n?ont pas résisté aux cyclones.

Toutefois, faire des appels d?offres n?est qu?une infime partie de ce que l?on peut véritablement réaliser. « Concernant les éoliennes, tout est prêt depuis longtemps. Nous avons les terrains et le vent. Le gouvernement et le CEB font certes des appels d?offres, mais ce n?est pas suffisant. Maurice possède les structures nécessaires, il faudrait voir plus grand en termes de capacité. Tout cela aurait pu être réalisé depuis longtemps », indique Khalil Elahee.

En d?autres termes, les ressources sont présentes, mais la volonté et les actions? inexistantes.

Encourager les Mauriciens à investir dans des chauffe-eau solaires est aussi une autre proposition du gouvernement. « Il faut savoir que 15 % des foyers mauriciens possèdent un chauffe-eau solaire. Mais les dysfonctionnements techniques de ces dispositifs sont un obstacle à leur développement dans les foyers. Le gouvernement souhaite mettre en place un projet qui encouragerait les Mauriciens à in-vestir dans ces appareils », mentionne Abu Kasenally.

Ainsi, les problè-mes techniques sont un obstacle au recours à ces dispositifs.

« Pour les particuliers, il est vrai que l?installation de panneaux solaires est possible. Mais le système n?est pas encore au point à Maurice. Par ailleurs, le coût des panneaux solaires est élevé, et ils ne sont pas adaptés aux conditions climatiques du pays. Ils peuvent s?envoler lors de cyclones », indique Henry Loo, architecte.

L?intérêt economique</B>

Outre les mauvaises conditions techniques, le manque d?information est un autre obstacle. « Les distributeurs devraient accentuer sur le marketing. Deux fois par an, des Salons de la Maison sont organisés à Maurice, et lors de ces Salons, les distributeurs, déjà peu nombreux, ne mettent pas assez en avant les nouveautés technologiques », ajoute-t-il.

Bien que proposés dès les années 80, la plupart de ces projets ont été ge-lés. En effet, à l?époque du pétrole à bas prix, les autorités ont abandonné l?ensemble de ces programmes.

Plus qu?un souci de protection en-vironnemental, c?est aujourd?hui l?économie qui suscite l?intérêt envers ces nouvelles ressources énergétiques. Face à la montée du prix du baril de pétrole qui a atteint les 110 dollars à la mi-mars, les « ex-projets » refont surface, après un long sommeil.

Et il faut dire que l?ensemble de ces programmes pourrait être exploité dès demain.

À l?image des fermes intégrées qui recyclent l?ensemble de leurs résidus et déchets. « Les fermes intégrées ont quatre procédés : l?élevage, l?aquaculture, l?agro-culture et l?agro-industrie. On recycle le tout, et on produit sa propre énergie. Je connais un éleveur de volailles qui ne paie plus de facture de gaz depuis trois ans », explique le professeur Georges L. Chan.

Mais ce qui manque au développement de ces fermes intégrées, ce sont les terrains et des subventions.

Par ailleurs, changer le compor-tement des Mauriciens concernant la consommation des ressources énergétiques, et plus particulièrement leur dépendance aux ressources épuisables, est indispensable au bon dérou-lement du concept de « développement durable ».

« Récemment, le prix de l?électricité a augmenté, il est donc nécessaire de réduire notre dépense en énergie. Pourtant, aucune campagne de sensibilisation n?est réalisée à ce propos. Il faut savoir que chaque année, notre dépense en énergie augmente de 5 %. À l?étranger elle varie de 3 à 4 % et les spécialistes recommandent une augmentation de 2 %. Donc la situation de Maurice est préoccupante », souligne Khalil Elahee.

« La meilleure énergie renouvelable c?est d?économiser l?énergie », conclut-il.

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