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Ces pierres qui roulent?
La quinzaine de familles qui habitent sur le flanc de la montagne de Baie-du-Cap ne savaient pas qu?elles allaient vivre un véritable calvaire en acceptant de venir dans cet endroit. Si ce n?est pas le ciel, pour ainsi dire, qui menace de tomber sur leur tête, c?est le sol qui se dérobe sous leurs pieds.
Sylvie Lamoureux a eu la peur de sa vie au début du mois de mars alors que la tempête tropicale Diwa arrosait l?île. Un gros rocher a dévalé la montagne pour arrêter sa course contre une salle de bains qu?il a réduit en un amas de tôle. Le vacarme était tellement assourdissant que Sylvie Lamoureux a cru d?abord que c?était le tonnerre ou qu?un accident de la route s?était produit. Elle n?ose imaginer ce qui se serait passé si quelqu?un se trouvait dans la salle de bains.
?Si ce rocher avait roulé directement vers ma maison, qui est en tôle et en bois, les dommages auraient été plus conséquents, avec peut-être des blessés?, dit-elle. La dame montre l?endroit d?où le rocher est tombé. Il y en a d?autres, pratiquement dans le vide. Ils risquent de tomber tôt ou tard.
Il faut monter
Le danger est aussi sous leurs pieds. Il n?y a pas de chemin dans ce quartier de Baie-du-Cap. La pente est abrupte. Il n?y a que des sentiers ne faisant même pas un mètre de large pour arriver sur le côté de la montagne où résident ces familles. C?est un véritable parcours du combattant pour rendre visite chez ces familles. Elles ont creusé des marches, soutenues par des planchettes, dans le sol. Il est beaucoup plus facile de monter chez eux que de descendre. La terre est boueuse et glissante. Les personnes pas habituées risquent de faire une glissade forcée.
?Asoir nou tat-tate pou desan. Kan lapli tombe, li glisan, bizin pass kot voizin?, explique Marie-Josée Azie. Cette femme a deux enfants, âgés respectivement de 3 et 9 ans. Elle craint qu?ils fassent une chute en jouant dans la cour. De plus, l?érosion prend de jour en jour le dessus sur le sol. Une partie de sa cuisine tient pratiquement dans le vide.
Les problèmes de la route concernent toute les familles du coin. C?est un véritable casse-tête chinois pour acheminer les matériaux de construction ou des meubles chez elles. Il faut mobiliser tous les habitants pour faire une chaîne humaine. C?est pour cette raison que bon nombre d?entre eux sont découragés et ne s?engagent pas dans une construction.
Pourtant, ces habitants ne sont pas de squatters. Une bonne partie parmi eux ont eu leur letter of intent du ministère du Logement en juillet 1996 alors que d?autres l?ont eue depuis cinq ans. Des sites visits sur le terrain se sont succédé car le dossier n?avance pas comme il le faudrait. Ils comptent sur le nouveau gouvernement pour activer les choses.
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