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Ces petites faveurs
Les Verts fraternels exigeaient une compensation. Ils l?ont obtenue, en quelque sorte. Deux de leurs membres viennent de recevoir la part du gâteau que leur mouvement réclamait en échange du soutien accordé au Parti travailliste aux élections. Ils figurent sur la dernière liste des nominés politiques.
En attendant de faire avancer d?autres causes, leur leader, Sylvio Michel, est un homme heureux. ?Nous ne sommes plus en froid contre le gouvernement?, s?exclame-t-il dans une déclaration à ?l?express-dimanche? hier.
La nomination de Jean Claude Armance à la présidence de la MHC et celle de Diana Bablee à la tête du National Heritage Trust Fund ont donc réchauffé le c?ur de Sylvio Michel. Avant cela, il n?y avait qu?une promesse d?offrir un poste d?ambassadeur à Alain Laridon. En guise de reconnaissance, le leader des Verts fraternels sera certainement moins incendiaire que d?habitude à l?occasion de son rassemblement annuel du 1er février.
Il avait laissé comprendre, lors d?une conférence de presse donnée en novembre dernier, qu?il pourrait changer de loyauté si le pâturage n?était pas suffisamment vert pour ses membres. Tout en niant l?existence d?un lobby pour des postes dans des organismes parapublics, il devait demander au Premier ministre, de ?fer atansyon? . Il s?était montré menaçant et avait affirmé que les Verts fraternels ont une force de mobilisation considérable.
Plusieurs sujets pouvaient fâcher les Verts fraternels, outre le fait qu?aucun des leurs n?avait récolté les bénéfices généralement octroyés à la galaxie des gens proches du pouvoir. Une commission pour faire la lumière sur l?esclavage et l?engagisme, le Kreol à l?Assemblée nationale, une compensation aux descendants d?esclaves et la ?protection? de la montagne Le Morne étaient des thèmes qui semblaient préoccuper Sylvio Michel. Ces dossiers n?ont guère avancé, mais Sylvio Michel est tout de même satisfait.
Sur l?une de ces questions, le gouvernement a même pris à contre-pied les Verts fraternels. Alors que ceux-ci s?opposent à tout projet de développement touristique au Morne, un projet d?Integrated Resort Scheme (IRS) de la Société Morne Brabant (SMB) a eu le feu vert officiel. Même si le directeur de la SMB, Bertrand Giraud, prend soin de préciser que son projet a été approuvé par l?Unesco, Sylvio Michel s?était toujours montré intraitable sur ce dossier, du moins jusqu?à vendredi dernier.
Commentant la décision du gouvernement de classer seulement une partie du Morne comme patrimoine national, Sylvio Michel parlait de ?volte-face?, il y a dix jours. Il comptait dévoiler, le 1er février, son ?plan d?action? et les détails d?une ?mobilisation? contre le projet IRS. On ne sait pas encore s?il est devenu plus souple sur la question depuis.
Parfois, même les plus zélés des combattants sont apprivoisés après l?obtention de quelques avantages. Ce qui amène l?opinion publique à penser que beaucoup de personnes s?engagent en politique pas par conviction mais par intérêt. Stéphanie Anquetil, le Villa Manager du Paradis Hotel & Golf Club devenue directrice de Le Morne Heritage Trust Fund, admet l?existence de cette perception : ?Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, je ne fais pas de la politique en attendant de recevoir des choses en retour.?
A propos de ces gens qui entrent en politique puis courent après des prébendes, on peut reprendre cette citation célèbre : ?Servons la cause et servons-nous.?
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