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Ces pays riches qui font échec aux petits Etats
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Ces pays riches qui font échec aux petits Etats
Près d?une cinquantaine de chefs d?Etat, de gouvernement, et de délégation se sont succédé à la tribune hier. Ces derniers ont passé en revue le programme d?action de la Barbade en faveur des Small Islands Developing States (Sids). Les petits Etats insulaires ont exprimé leur frustration devant l?échec de ce programme et ont fait le procès des partenaires de développement qui n?ont pas respecté leurs engagements.
Le programme d?action de la Barbade, établi en 1994, avait pour objectif de permettre aux petits Etats insulaires d?atteindre le développement durable. Dix ans plus tard, le constat est plutôt amer : ?Il y a encore un long chemin à faire avant d?atteindre ce but?, déclare Li Zhaoxing, ministre des Affaires étrangères de Chine. Un sentiment que partage la grande majorité des délégations. Même si, diplomatiquement, certains chefs de gouvernement, à l?instar du Premier ministre des îles Cook, Jim Marurai, préfèrent parler de bilan ?mitigé?. Paul Bérenger emploie le même vocabulaire mais ajoute que pour la majorité des Sids, les résultats ont été ?insatisfaisants?.
● A qui la faute ?
Pour les intervenants, la responsabilité de l?échec dans la mise en application du programme de la Barbade est largement attribuable aux pays développés ? ou plus poliment ? à la communauté internationale qui n?a pas tenu ses engagements. ?Le contrat entre les Sids et la communauté internationale n?a pas été entièrement respecté?, déclare Jacob Zuma, vice-président de l?Afrique du Sud. Li Zhaoxing fait ressortir que, contre toute logique, l?aide au développement accordée aux Sids a chuté continuellement, passant de $ 2,3 milliards en 1994 à $ 1,7 milliard en 2002. Le Premier ministre de Tonga, le prince Ulukalala Lavaka Ata, est, lui, plus nuancé dans ses propos. Les ?responsabilités sont partagées?, dit-il.
Jean-Louis Schiltz, ministre du Développement et de la Coopération, s?exprimant au nom de l?Union européenne (UE), soutient de son côté que l?Europe a fait sa part pour venir en aide aux Sids. Car ces derniers reçoivent une part importante du budget d?aide au développement, fait-il ressortir. L?UE est aussi le premier contributeur à la Banque mondiale et autres institutions internationales qui leur apportent financement et assistance technique. A travers l?accord de Cotonou, l?UE apporte aussi sa contribution au groupe Afrique, Caraïbe, Pacifique (ACP) qui comprend de nombreux petits Etats insulaires, ajoute Jean-Louis Schiltz.
● Commerce
L?intégration des Sids au commerce et à l?économie mondiale était aussi une des principales préoccupations des divers intervenants. Paul Bérenger rappelle que les Sids ont traditionnellement été les fournisseurs en biens et commodités des puissances coloniales sous des accords commerciaux préférentiels qu?il conviendrait mieux d?appeler des supply arrangements. Aujourd?hui, les Sids doivent faire face à une compétition sans pitié. Ils réclament un régime spécial pour compenser leurs désavantages naturels et structurels. ?Les Sids ne sont pas en train de demander des faveurs. Ils demandent que la réalité de leur situation, de leurs surcoûts, et de leurs vulnérabilités soit prise en compte. Personne n?est en train de plaider pour la continuité de la dépendance mais au contraire pour un laissez-passer vers l?indépendance économique?, résume Marian Hobbs, ministre de l?Environnement de la Nouvelle-Zélande. Et Jean-Louis Schiltz rappelle que l?UE accorde déjà un accès préférentiel aux ACP et aux pays les moins avancés.
● The way forward ?
Pour la majorité des intervenants, afin d?accélérer la mise en application du programme de la Barbade, il faut maintenant un réel engagement de la part des pays développés. Le ministre David Antoine, de la Grenade, ?exhorte la communauté internationale à n?épargner aucun effort pour s?assurer que les ressources nécessaires soient mises à la disposition des Sids?. La Banque mondiale fait de son côté valoir qu?elle fait déjà beaucoup et qu?elle ne compte pas créer de nouveaux programmes d?aide pour les Sids. Ces pays ont obtenu $ 2,2 milliards au cours de ces dix dernières années, déclare Ian Golding, vice-président de la Banque mondiale.
● Système d?alerte
Le raz-de-marée du 26 décembre a été évidemment un thème incontournable lors des débats. Pour le Premier ministre, Paul Bérenger, comme pour le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, cette catastrophe à quelques jours de la Réunion sur les petits Etats insulaires en développement rappelle au monde entier à quel point ces îles sont effectivement vulnérables. Les critères économiques tels que le revenu par tête d?habitant ne veulent rien dire car ils ne mesurent pas la vulnérabilité de ces îles, déclare James Michel, président des Seychelles. Il fait ressortir que le tsunami a causé deux morts dans l?archipel et $ 30 millions de dégâts matériels. Ce qui est énorme pour une si petite économie. Tous les intervenants ont plaidé pour la mise en place d?un système d?alarme rapide qui peut sauver de nombreuses vies humaines et permettre un déploiement plus rapide des secours.
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