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Ces ouvrières chinoises engagées dans la prostitution
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Ces ouvrières chinoises engagées dans la prostitution
par Marc ATCHIANE
L?agression mortelle d?une Chinoise à Port-Louis, jeudi, remet dans le feu de l?actualité le sort de ces ressortissantes qui travaillent dans le pays. Une brève incursion dans l?univers de celles qui seraient des ouvrières d?usine et qui offrent leurs charmes pour arrondir leurs fins de mois...
Un réseau de prostitution bien organisé fonctionne dans un semblant de liberté totale, notamment à Port-Louis. Dans la région du Caudan, au Port-Louis Waterfront, à côté de la Poste centrale, à l?entrée du port de pêche de Fanfaron, au casino, de jeunes femmes à la peau claire, élégamment vêtues et bien maquillées, ne passent pas inaperçues. Il s?agit de Chinoises, dont certaines seraient des ouvrières d?usine. Pourtant, rien dans leur comportement ne trahit, de prime abord, leur deuxième métier, le plus vieux du monde. Elles ont appris à se tenir et, à l?évidence, ne se droguent pas. Attitude qui leur permet d?accéder à certains endroits, comme au casino, sans se faire expulser.
Des marins venant du port de pêche de Fanfaron représentent une clientèle fidèle, abondante et toujours prête à payer le prix. Des chauffeurs de taxis assurent les déplacements nécessaires à ce commerce. Certains «hôtels» de la région port-louisienne seraient l?autre pièce maîtresse du réseau.
La passe à deux mille roupies
Notre enquête révèle que ces Chinoises préfèrent une clientèle de race jaune, comme elles. Les Mauriciens ne les intéresseraient pas. «C?est plus un problème de communication qu?autre chose», nous dit un de nos contacts. «Zot prefer gaygn zafer avek bann zom ki koz mem langaz ki zot.» La question du prix y serait aussi pour quelque chose : les marins acceptent plus facilement de payer le tarif réclamé.
Ce choix de clientèle déborde sur un autre élément utile au réseau. Exclure la clientèle locale évite les tracasseries qui pourraient résulter d?une accusation de racolage. La police ne peut en effet agir en l?absence de preuves flagrantes qui peuvent être soutenues devant un tribunal. «Tout se passe entre eux, comment voulez-vous que la police puisse agir ?» nous dit un policier.
De plus, les agents de police du port doivent presque quotidiennement intervenir dans les nombreuses bagarres entre marins asiatiques dans cette région de Port-Louis. Leurs interventions dans ces rixes, souvent liées à la prostitution elle-même, les empêchent de sévir ailleurs. Dans ces cas également, l?inculpation des fauteurs de troubles est difficile, les preuves n?étant pas aisées à réunir.
La présence des Chinoises mécontente les prostituées mauriciennes qui les accusent d?envahir tout leur territoire. Mais il a été constaté que les Chinoises n?exercent pratiquement pas dans le Nord, où les Mauriciennes et des Malgaches sont très actives. Mais, ailleurs dans le pays, on a noté une certaine activité discrète de filles chinoises.
Un Mauricien nous a rapporté un de ces cas : «Je me trouvais dans le parking de super U à Belle-Rose, lorsque j?ai vu s?approcher deux filles chinoises. L?une d?elles m?a dit ?Zoli arson?. Je lui ai demandé combien, d?un signe de la main. Elle a répondu, souriante : ?Demil oupi?.»
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